Full Metal Alchemist de Hiromu Arakawa

 

dessin d'Hiromu Arakawa, extrait de l'artbook

Edward et Alphonse Elric ont respectivement 10 et 9 ans quand ils tentent de réssuciter leur mère en utilisant l’alchimie. Mais l’opération échoue. Le premier perd sa jambe et le second, son corps tout entier. Edward, paniquant en voyant son frère se désagréger sous ses yeux, parvient à sauver son âme en la fixant à une vieille armure. Cette enveloppe de métal sera désormais le corps de son frère. Quant à lui, il perd un bras qu’il sacrifie dans la transmutation. Chacun se sentant coupable du sort de l’autre, ils décident de récupérer leurs corps. Pour cela, ils n’ont qu’un mince espoir: la légendaire Pierre Philosophale. Edward devient alchimiste d’Etat et ils se lancent dans cette quête. A l’abord, l’histoire ne semble donc pas dépasser la trame basique du « shonen » (manga pour « garçon ») où un héro de préférence masculin combat pour ses objectifs.

Pourtant ce manga populaire montre très vite des atouts originaux. Ni médiéval ni vraiment futuriste, l’univers de Full Metal Alchemist fonctionne avec ses enjeux politiques et son Histoire que l’on découvre au fur et à mesure. Il est divisé en pays et en territoires aux cultures et populations différentes. Parmi eux, Amestris se taille la part du lion puisque l’histoire s’y déroule. Mais on aborde aussi les cas de ses pays frontaliers. Les informations sont intelligemment distillées suivant les exigences de l’intrigue.

Tragédies et humour décapant

Au premier abord, Full Metal Alchemist n’apparaît pas comme un manga des plus joyeux : deux orphelins mutilés et très vite, des morts qui s’accumulent parmi les personnages les plus attachants. Hiromu Arakawa n’hésite pas à se débarasser de certains personnages lorsqu’elle le juge nécessaire. Et pourtant FMA a souvent réussi à me faire m’esclaffer beaucoup plus que certains mangas prévus pour être comiques. L’humour jamais loin, permet de dédramatiser considérablement les aspects noirs de la série. Elle oscille sans cesse entre les deux aspects, tantôt sombre, tantôt légère.

Un des intérêts principaux de la série est qu’elle aborde via une forme divertissante de nombreux thèmes. La dichotomie entre science et religion est présente tout au long de la trame. Au fil de la lecture en rencontre les abus d’une science excessivement matérialiste qui envisage les vies humaines comme de la matière première et un fanatisme religieux meurtrier. On s’aperçoit petit à petit du caractère autoritaire du pouvoir en place. Il réalise secrètement des expériences abominables : génocide, création de chimères (mélanges d’hommes et d’animaux), mise au point de specimens dits « homonculus » qui se veulent une évolution de l’espèce humaine, etc. Enjeux politiques et personels s’imbriquent. Les dilemmes les plus visibles de FMA concernent quels choix faire entre individualisme et recherche du bien commun. Pour sauver mon frère, puis-je sacrifier des êtres humains? Cette question est abordée dans l’anime. A mes yeux le manga va plus loin en la posant plutôt sous la forme de « Pour sauver mon frère, ai-je le droit de fermer les yeux sur les actions d’un Etat cruel? » Que doit faire le héro lorsqu’il se retrouve confronté à ces pratiques? Faut-il abandonner ses engagements lorsqu’ils mettent en péril la vie d’autrui? Comment bâtir un monde meilleur?

Là encore de nombreuses stratégies sont proposées. Se tenir à l’écart pour ne pas se rendre coupable de ces exactions? Se rebeller et tuer pour se faire entendre? Participer et se salir les mains pour monter en grade et obtenir le pouvoir de tout changer? Faire semblant de se retirer du jeu puis revenir en force quand le lecteur s’y attend le moins? Les personnages suivent des voies bien différentes et quand ils suivent la même ce peut-être pour défendre des visions du monde variées. Le tout est mis en œuvre par une mise en scène travaillée. Suspense, tension et révélations bouleversantes se succèdent tout au long des planches.

Du côté des graphismes, le trait d’Hiromu Arakawa n’a, à mon sens, rien d’exaltant. Il donne une impression de rigidité surtout que l’auteur fait souvent peu de cas des ombres. Le style n’est donc pas d’une beauté transcendante mais il est simple et efficace. Pas de fioritures dans ce dessin rigoureux et je trouve qu’il s’accorde très bien au rude monde d’Amestris. De même j’adore quand Hiromu Arakawa se prend l’idée d’exacerber les réactions de ses personnages en les défigurant pour les scènes comiques.

Full metal alchemist est l’un des mangas populaires du moment. Connu en France grâce à sa version animée diffusée sur Canal +, il s’est très vite imposé comme l’un des mangas les plus vendus sur le marché français. Il n’a pas évité l’engouement marketing qui s’est très vite développé autour de lui. Les animes (dessin animé) sont souvent plus connus que l’œuvre originale. Le premier s’est terminé avant l’aboutissement de la version papier et l’histoire a donc pris une tournure différente par rapport au manga. Le suivant suit de beaucoup plus près le travail d’Hiromu Arakawa. Le film d’animation « Shamballa Alchemist », les romans et les multiples goodies ont aussi exploité le filon.

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