Billy Bat de Naoki Urosawa

Dessin, plagiat et chauve-souris!

Forcément, quand un manga est signé Naoki Urosawa, on s’y arrête au moins pour jeter un coup d’oeil. Le mangaka a déjà réalisé avec succès Monster, 20th Century boys et Pluto : des polars haletants tirant de plus en plus sur la science-fiction.

Le cinquantenaire récompensé entre autres par le festival d’Angoulême, et le prix du manga Shogakukan, n’a pas fini de nous surprendre avec son nouveau bébé, Billy Bat. Alors que l’on était accoutumé à des dessins réalistes d’êtres humains ultra-expressifs, on se retrouve ici en face de vignettes colorées dans le style des comics américains. Changement de registre d’autant plus perturbant que les protagonistes sont dorénavant des animaux, humanisés par le port de vêtements et une société semblable à la notre. On reste néanmoins dans le style policier cher à l’auteur puisque le héros est une chauve-souris détective. Mais l’intrigue semble plus simpliste que ce à quoi Naoki Urosawa nous avait habitués.

C’est ce que l’on croit en tout cas, car au bout d’un chapitre, les pages du comic cèdent la place à celles du manga. L’auteur nous entraîne alors dans une mise en abîme intelligente qui ne cessera pas de se complexifier.

Un volatile omniscient

On plonge dans la vie de Kevin Yamagata. Ce dessinateur de comic s’aperçoit soudain qu’il a plagié involontairement un autre artiste en lui empruntant le design de sa chauve-souris. De fil en aiguille on se rend compte que ce mystérieux dessin animalier est impliqué dans de nombreux évènements. Puis, on en vient à côtoyer des personnages de différentes époques : des ninjas et même Lee Harvey Oswald, l’assassin de J.F Kennedy.

Ce fouillis d’histoires dans l’histoire pourrait sembler bordélique mais Urosawa maintient fermement le cap. Il lie le tout avec son étrange figure de chauve-souris, omniprésente, qui dirige la gamme de personnages dans une troublante folie. Elle apparaît aux protagonistes pour leur parler et leur suggérer des actions à mener. Nul doute, on est à la limite du fantastique. Qui est-elle? Rapidement, la question se pose puis quelques personnages en viennent à soulever des interrogations plus étonnantes encore : « Laquelle as-tu vu? La blanche ou la noire? ». Certains vont jusqu’à la comparer à Dieu. Si bien que l’on se demande si Naoki Urosawa n’a pas lui aussi perdu la tête. Mais il intègre ces éléments fantasmagoriques avec tant d’habileté et dans un environnement humain si réaliste que l’on ne peut s’empêcher de lui faire confiance et de le suivre dans son drôle de délire. Après tout, il nous mène si bien de révélations en révélations (ce qui équivaut le plus souvent à de questions en nouvelles questions).

La série a commencé en 2008 dans le magazine de pré-publication Weekly Morning au Japon et n’est pas encore publié en France. Alors autant en profiter pour jeter un coup d’œil aux scans pas encore licenciés.

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