Never let me go

Science fiction pour les fleurs bleues

Le titre sonnait romantique. Quelle n’a pas été ma surprise en constatant que la projection du film de Mark Romanek était suivie d’un débat de science fiction! Ok, c’est de la SF mêlée d’eau de rose. Mais intéressante néanmoins.

L’égoïsme des hommes n’a pas de limites. Dans Never let me go, nous avons décidé d’élever des clones pour le don d’organe. Un peu comme on élève des vaches pour leur lait, ou leur viande. Les enfants créés par le clonage sont ensuite éduqués à l’écart des autres dans d’austères pensionnats qui font plus largement rétros que futuristes. C’est là que débutent les aventures de nos trois héros : deux filles et un garçon. Sans surprises, on tombe dans l’éculé triangle amoureux. Tommy, enfant maladroit, est persécuté par ses camarades au quotidien. Ruth, notamment, ne le laisse jamais en paix.  Seule Kathy lui témoigne de l’affection. Mais le couple attendu ne se formera pas comme prévu. Les trois protagonistes grandissent, leurs relations ébranlées par la souffrance de Kathy et l’attitude équivoque de Tommy.

La corde sensible

Les destins de ces enfants condamnés à mourir pour les autres est émouvant. On s’identifie facilement aux personnages qui attirent sans peine l’empathie. Les images sont belles et la musique les sert merveilleusement bien. Enfin, l’idée de départ me plait particulièrement, à cause d’une question. Pourquoi n’a-t-on pas déshumanisé les clones? Au lieu de les élever dans des labos jusqu’à ce qu’ils soient matures pour le don d’organe, leurs contemporains ont décidé de les envoyer à l’école, de les initier au dessin, à la science, de leur permettre de s’aimer et de travailler pour la communauté. Et pourtant on ne leur reconnaît pas les droits de l’homme. Pourquoi? Pour se déculpabiliser d’utiliser comme du bétail des êtres humains? S’amender en leur donnant un semblant d’existence? C’est encore plus cruel, plus subtil aussi. Personnellement je trouve cette idée plus intéressante que la perspective de simplement réduire à l’état de ressource des clones absolument pas vus comme des êtres humains. Ici, on leur reconnait certains attributs et droits humains. Puis on leur les confisque violemment pour le don d’organe. Cette option a le mérite peut-être de prendre en compte ce que peut moralement se permettre une société. Est-il envisageable de mettre en place un système où des clones sont totalement dépouillés d’un semblant de traitement humain? Le film hélas ne touche que de façon très élusive à ses questions. J’aurais aimé savoir pourquoi on envoyait des gens que l’on considérait comme du bétail à l’école. La réponse donnée est forte et brûlante mais elle donne lieu à une myriade d’autres interrogations insatisfaites.

Adieu le contexte

Soit, Never let me go est un film très sensible mais pour les explications, on repassera. Aucune indication de date, ni de lieu n’est donnée.  Le contexte de la création de cette institution pour le don d’organe est complètement évincé. Comme l’absence de rébellion chez les donneurs. Dommage, la réflexion n’était pas à l’agenda du cinéaste. Mais au final le flou convient bien à ce film centré avant tout sur les émotions et le sentiment.

Note: le film a été adapté du roman de Kazuo Ishiguro, que je n’ai pas lu d’ailleurs.

Et pour finir de la belle musique :

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À propos de zeb

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2 responses to “Never let me go

  • clairebelgato

    Un film magnifique qui interroge et sort des sentiers bâtus…et l’une des meilleures adaptations de livre ( Kazuo Ishiguro) que j’ai eu l’occasion de voir ! L’univers à la fois mélancolique et malsain de l’oeuvre est vraiment bien respecté !

    • zeb

      Il m’avait beaucoup émue. Par contre, je n’ai toujours pas lu le livre ! La conférence à la fin démontait un peu le film sur sa cohérence. (Notamment sur le fait que les personnages ne se révoltent pas. Mais même si ça m’avait interpellée aussi, je pense que quand on est élevé de cette manière, on intègre l’injustice comme une fatalité. Il y a bien des choses inhumaines contre lesquelles l’humain ne se révolte pas!) enfin bref, très bon film en effet ! 🙂

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