Déchets radioactifs, un centre de stockage bientôt en France?

Je me permets de réutiliser cette infographie de Futura Science.

J’avais mis un post sur ce blog il y a longtemps sur Into Eternity, un film qui présente un centre qui devrait être construit en Finlande pour stocker les déchets radioactifs. La France aussi veut s’y mettre(depuis 2006) comme l’explique cet article de Futura science.

De fait, les prévisions du nombre de déchets sont assez effarantes.

La France devrait compter 1,9 million de m3 de déchets en 2020 et 2,7 millions en 2030, soit plus du double de la quantité actuelle.

Et ce même si l’on sort du nucléaire! Hier, le 13 juillet, Libération a publié un article de Laure Noualhat qui évalue ainsi le nombre de déchets à gérer, en cas de fermeture des réacteurs.

« A noter que le démantèlement d’un réacteur générerait d’après l’Andra (agence nationale de gestion des déchets radioactifs), 18 000 m3 de déchets radioactifs et la démolition des bâtiments, 10 fois plus de déchets non radioactifs. Dans le cas de la sortie du nucléaire, après la fermeture du dernier réacteur, on aurait produit un total de 3,7 millions de m3.

La différence entre les deux options est donc assez minime, à ce détail près : « Dans le premier scénario, on construit de nouveaux réacteurs qui vont produire de nouveaux déchets, mais que nous n’avons pas pris en compte. Dans le second scénario, les déchets sont stockés une bonne fois pour toutes » (citation de Michèle Tallec, responsable du service inventaire de l’Andra.)

Un centre de stockage souterrain

Alors pour stocker tout ça, on prévoit un centre souterrain un peu du genre à la Into Eternity.

Les déchets de haute activité ou à longue durée de vie sont pour le moment entreposés dans des lieux adaptés en attendant la construction d’un site souterrain, présenté dans le projet Cigéo, où ils pourront terminer leur vie. Seul hic, son inauguration serait prévue en 2025. Il sera donc difficile de stocker des combustibles traités si une fermeture anticipée des centrales devait avoir lieu. (article Futura Science)

Selon l’Andra, le début de la construction est prévue en 2017, et le choix du site en 2013. Voici la page du site de l’Andra consacrée à ce projet.

Cigéo est conçu pour permettre de confiner durablement les substances que contiennent les déchets HA (haute activité) et MA-VL (moyenne activité et vie longue). Pour garantir ce confinement de la radioactivité, le principe du stockage repose sur une couche argileuse dont les propriétés remarquables (faible perméabilité, homogénéité et continuité) permettent de retarder et de limiter la dispersion de ces substances. Ces propriétés ont été mises en évidence grâce à des reconnaissances géologiques et aux études des scientifiques conduites notamment dans le Laboratoire souterrain (de Bure).

Une clause de réversibilité est prévue pour permettre aux générations futures d’avoir leur mot à dire sur cette décision.

La loi du 28 juin 2006 impose que le stockage puisse être réversible pendant au moins 100 ans. Concevoir un centre de stockage réversible permet de laisser aux générations futures le choix de modifier ou d’orienter le processus de stockage. Il s’agit en particulier de retirer les colis stockés et de les entreposer si un autre mode de gestion était envisagé. La loi précisera les conditions de cette réversibilité.

Une implantation dans la Meuse

Mais ce projet suscite déjà les contreverses. Tout d’abord  de certaines associations dans la Meuse, à Bure où le site pourrait bien être implanté. En effet, c’est là que dans les années 2000, un laboratoire qui travaille sur l’enfouissement des déchets, a été construit.

C’est un réseau de galeries souterraines localisé sous le territoire de la commune de Bure (Meuse) en France. Dans le cadre des recherches sur le stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde, ce laboratoire de recherche souterrain est exploité par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) afin d’évaluer les propriétés de confinement de la formation géologique située à 500 mètres de profondeur. (source Wikipédia)

Pour le moment présent, le calendrier du projet Cigéo est défini ainsi. Demande d’autorisation de création en 2012, choix du site et débat public en 2013.

Si l’Andra prétend que le site de Cigéo ne sera défini qu’en 2013, les blogueurs lorrains engagés dénoncent un choix couru d’avance.

Dans leur rapport, les parlementaires ne citent à aucun moment le nom de « Bure ». Une hypocrisie de plus, puisqu’il est précisé que le stockage ne pourra se faire que près d’un laboratoire. Or, il n’y qu’un laboratoire, c’est celui de Bure, où en 16 ans, plus d’un milliard d’euros a été investi. 

Ces non-dits sont à l’image de « la fausse transparence » qui entoure ce dossier sensible. Les citoyens sont mis à part. Les associations spécialisées n’ont jamais été auditionnés. Pourtant, en l’espace de deux ans, une pétition a réuni 40 000 signatures de personnes en Lorraine et en Champagne-Ardenne qui ne veulent pas de ce centre de stockage. Malheureusement, quelques élus locaux ont décidé qu’il en serait autrement.

Les blogueurs lorrains évoquent aussi des « acquisitions suspectes » de l’Andra, autour de laboratoire.

Enfouissement des déchets:

une bonne ou une mauvaise solution?

Le réseau Sortir du nucléaire non plus n’a pas confiance dans l’enfouissement des déchets, considéré comme trop incertain (risque d’ouverture par les générations futures) ni assez sécurisé (fuites?) : http://groupes.sortirdunucleaire.org/article/et-les-dechets-on-en-fait-quoi.

On ne sait pas confiner la radioactivité pendant des siècles. Au Centre de Stockage de la Manche, les fûts de déchets fuient déjà depuis des années. Enfouir les déchets à 500 mètres sous terre, comme cela est prévu à Bure (Meuse), ne résoudrait rien : impossible de garantir la stabilité du sous-sol pendant des milliers d’années, ni d’empêcher des infiltrations d’eau qui contamineraient les nappes phréatiques. Ainsi, des milliers de litres d’eau pénètrent quotidiennement dans l’ancienne mine d’Asse (Allemagne), où on s’est débarrassé de 126 000 fûts radioactifs !

Le réseau taille aussi en pièces la clause de réversibilité considérée comme une jolie pirouette sémantique qui semble laisser le choix aux générations futures, mais ne le laisse pas. Il va jusqu’à qualifier la réversibilité d’escroquerie.

Par ailleurs, aujourd’hui, Libé fait sa Une sur la sortie du nucléaire, mais comme je ne suis pas encore sortie de chez moi, je l’ai pas acheté pas lu!

Liens :

Carte des sites nucléaires en France (site internet : sortir du nucléaire)

Un article sur le Japon et la presse au sujet du nucléaire depuis Fukushima

Témoignages de blessés du nucléaire sur Owni

Manque de données sur le nucléaire (Owni)

Doutes sur la sécurité du nucléaire (Owni)

Publicités

À propos de zeb

https://sansfarine.wordpress.com Voir tous les articles par zeb

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :