Films en vrac 1 #

J’ai généralement la flemme de publier un billet à chaque film vu/ livre lu. Je vais donc faire un petit pot pourri de mes derniers détours au cinéma et de mes derniers coups de coeur. Laurence Anyways de Xavier Dolan (j’ai appris qu’il avait 22 ans ce gars-là. C’est dingue!!); Les femmes du bus 678 de Mohammed Diab; et Rebelle de euh Pixar xD

Laurence Anyways : Une claque visuelle

Laurence et Fred

Laurence (c’est un homme) a une vie pour le moins réussie : écrivain à succès, professeur, en couple avec une jeune femme charmante, Fred, avec qui il est visiblement sur la même longueur d’onde. Pourtant, soudain, il déclare qu’il se sent femme, emprisonnée dans un corps d’homme. Malgré ses airs virils, il se travestit en cachette et lorgne sur les produits de beauté de sa compagne. Incapable de le cacher plus longtemps, il lui avoue la vérité. Il veut subir une opération pour changer de sexe. Séisme. Choquée, Fred ne comprend pas, tempête, veut le quitter, puis revient. C’est décidé : par amour, elle le soutiendra dans sa quête. Laurence va alors assumer sa personnalité et se travestir publiquement, même pour donner ses cours au lycée. Je n’en dis pas plus sur le synopsis.

C’est l’histoire d’amour la plus compliquée que j’ai jamais vu. Deux êtres marginaux, tourmentées qui aspirent à trouver leur normalité. Si Laurence trouve à peu près son équilibre en devenant femme. Fred, bien qu’elle conserve son sexe d’origine, a plus de mal.

Je suis souvent peu encline aux films d’amour, celui-là m’a scotchée. Fred dégage une personnalité formidable. Ses coups d’éclats sont justes foudroyants.

Ce qui me marque le plus dans ce film reste la beauté des images. Rien que pour ça, les 2h40 de visionnage au cinéma valent le coup. A croire que chaque plan est une photo d’artiste, prodigieusement animée. La lumière, les couleurs ressortent avec force. Il y a du grain et de la vie sur la peau. Chaque portrait pourrait être exposé dans une galerie. Tout est chiadée au détail près. On sent que le moindre reflet sur une mèche de cheveux ne tient pas du hasard, c’est un régal. Et tout passe par le regard. Le regard des élèves qui se retournent sur leur prof travesti (il fait son coming out) est bluffant. Je suis sûre que chacun d’eux a refait la prise des dizaines de fois, pour un seul regard, tellement leurs différentes expressions sont parfaites.

Bref visuellement c’est superbe. La beauté est au centre tout. Même ce qui est laid (exemple les petites vieilles trop fardées et affublées avec beaucoup de mauvais goût) est tellement bien présenté qu’on y trouve une vraie beauté. Et c’est là aussi le paradoxe qui m’a plu. Chaque plan est beau à regarder, les personnages dégagent vraiment quelque chose. Or le fond du film est bien de dépasser les apparences. Aime-t-on une personne pour ce qu’elle est quand un changement physique (ici assez important : le sexe) conduit à la dégringolade des sentiments?

Les femmes du bus 678 : La claque tout court

Je n’ai même pas les mots. Avec Detachment (je devrais peut-être faire un billet sur celui-là d’ailleurs), « Les femmes du bus 678 » est le film qui m’a le plus marqué depuis le début de cette année. Le récit d’une lutte poignante, pour le respect.

C’est l’histoire (inspirée de faits réels) de trois femmes qui subissent le harcèlement sexuel (courant en Egypte). Elles ne vivent pourtant pas exactement la même réalité, étant de conditions sociales très différentes, mais ressentent le même dégout envers cette situation. La première, Faysa, ne supporte pas les hommes qui la collent mine de rien dans le bus. C’est la plus démunie : mère, voilée, et dans de grandes difficultés financières. Elle décide de poignarder dans leur partie sensible les hommes qui l’approchent d’un peu trop près. Rapidement, elle devient un peu la « serial killer » (mais sans tuer) du bus. Si bien qu’une enquête de police la met en danger.

Seba, très aisée, est violemment agressée au cours d’une sortie avec son époux. Auparavant, elle n’avait jamais été confrontée à ce genre d’attaques, se contentant de repousser les avances avec fermeté. Femme de caractère, elle lance des cours de self-défense.

Enfin, Nelly, la plus jeune, subit aussi une attaque violente, alors qu’elle rentre chez elle après une soirée avec son copain : garçon gentil, drôle et fidèle. Indignée, elle se lance à la poursuite de son agresseur et le traîne jusqu’au poste de police. Elle est la première femme égyptienne à intenter un procès pour harcèlement sexuelle.

Bref, le thème m’intéresse à la base, mais il est traité très finement. Le fait que ces trois femmes qui vont s’unir dans leur combat viennent de milieux différents entraîne des débats très intéressants entre elles (un notamment où elles se renvoient la balle. Je simplifie mais l’idée c’est : « tu es responsable car tu es trop coquette, tes cheveux détachés et tes vêtements trop provoquant » « non, c’est de ta faute avec tes idées rétrogrades ».)

Et surtout, le film montre bien les différentes implications. C’est un cercle vicieux : certaines femmes se laissent faire (parfois avec enthousiasme) donc le harcèlement se prolonge. Certains hommes sont frustrés et s’y mettent.

L’enquête policière ajoute une dose de tension et de suspense. L’homme qui mène les investigations est d’ailleurs un personnage très intéressant. Les trois héroïnes sont vraiment poignantes. Ce n’est pas une guerre entre les hommes et les femmes. Au contraire, la gente masculine n’est pas caricaturée. C’est finement mené, c’est une lutte pour le respect. Ha oui, détail : le réalisateur/scénariste est un homme.

A voir. Absolument!

Lien à lire : article de rue 89 : il y a des témoignages du réalisateur et des extraits.

Rebelle : Une héroïne qui pète le feu

Je ne m’étendrais pas sur celui-là. Beaucoup de gens vont le voir. Ils font bien : c’est un vrai bol d’air! (surtout après les femmes du bus 678… qui est meilleur à mon avis mais pfouuu … poignant!)

Rebelle est très drôle. Rien de triste, que du suspense et du rire. Et qu’est ce que j’ai pu me poiler! Ses trois frangins sont des génies de facétie. Elle est tout aussi attachante (et puis j’adore les héroïnes dans son style). Peut-être que le scénario manque de quelque chose, je ne sais pas quoi. Non, en fait c’est très bien. Un petit coin de paradis dans des paysages écossais à crever la bouche ouverte!

Par contre, je ne sais pas comment elle coiffe ses cheveux le matin, mais ça doit être hard-core. C’est une cousine de Raiponce et elles se passent des astuces pour démêler, c’est pas possible autrement!

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