Hommage à Kiki

Le charisme a un visage

Kiki de Montparnasse de Catel et Bocquet.

Je viens de finir de lire Kiki de Montparnasse de Catel et Bocquet. J’en profite pour en toucher un mot car le personnage est vraiment marquant. Cette femme a réellement existé. Elle est née en 1901 et elle a été modèle pour des peintres et des sculpteurs avant de devenir la compagne (et muse/modèle) du photographe Man Ray. Je ne la connaissais pas et j’ai beaucoup apprécié de la découvrir via cette BD.

Frivolité qui agace

Elle a pourtant des traits de caractère qui souvent me font tiquer. Elle est frivole, pas spécialement curieuse du monde : plutôt des hommes. Mais elle est diablement attachante. Après avoir lu la BD, j’ai regardé quelques photographies d’elle sur internet, prises par Man Ray, et des peintures où elle a été modèle.

Et force est de constater que Catel s’est vraiment bien approprié son visage et ses attitudes pour les retranscrire avec son propre style. Les images d’époque de Kiki sont d’autant plus émouvantes. A la regarder, on comprend que cette femme ait autant fasciné. Elle est belle certes, mais elle dégage aussi un évident charisme. Dans la BD, elle rit tout le temps (ou presque). Même à la fin, quand elle est grasse et abîmée, elle montre une éternelle bonne humeur. Dans les vidéos de Man Ray, (un exemple ci-dessous) son regard et son sourire est transperçant.

Sa désinvolture est renversante. Quand elle pose pour modèle, elle s’installe, lance à la cantonnade : « je me déshabille? ». Si l’artiste ne veut que son visage, elle trouve à la fin de la séance encore moyen de dire : « la prochaine fois, je me déshabille ». Ou encore : « je suis disponible pour travailler comme modèle quand tu veux. Même cette nuit ». Bref, elle y va pas avec le dos de la cuillère. Et même si je n’ai généralement pas trop de goût pour ces personnages qui ne vivent que pour le sexe opposé, bah Kiki, pour sa joie de vivre et sa spontanéité, elle me plait.

Elle voulait être une star de cinéma mais se casse avec grand fracas à la première expérience de tournage car le réalisateur ne lui plait pas. En fréquentant le lit des artistes, elle apprend leur monde et devient artiste elle-même. Elle a tout fait : le trottoir, les cabarets, les plus prestigieuses expositions.

Catel (au dessin) et Boquet (au scénario) retracent toute sa vie, de sa naissance à sa mort. A travers elle, on voit l’époque des surréalistes, le Paris des artistes et des années 20. Un régal.

Kiki n’est pas que l’amante des artistes qui l’ont admirée et prise pour muse. Elle est aussi peintre. Dans la BD c’est très marquant : elle n’a aucune prétention. Elle montre peu ses dessins et même quand elle est exposée, elle se moque ouvertement de ses « croutes »

La bonne nouvelle! C’est grâce à mes croutes que je vais pouvoir casser la croute!

Et pourtant, ses « croutes » sont bizarrement émouvantes. C’est mon avis.

C’est drôle, en lisant cette BD, j’ai pas mal râlé sur la frivolité de Kiki et là je lui jette des tonneaux de fleurs.

Photographie de Man Ray

Extrait de la BD.

Peinture réalisée par Kiki trouvée sur ce site : http://www.zabriskiegallery.com/KIKI%202002/KikiImages.html#1

Et pour voir d’autres peintures sur Kiki, un blog qui a mis pas mal d’oeuvres. Et une autre page avec des peintures de Kiki.

Olympe de Gouges : Mon icône de la Révolution

Olympe de Gouges, de Catel et Boquet.

Je ne peux clore ce billet sans parler d’une BD lue il y a quelques mois et qui m’a conduite à lire Kiki. C’est Olympe de Gouges, l’autre oeuvre de Catel et Bocquet sur une femme historique d’exception. Pour Olympe, je savais qui elle était.  Celle qui a énoncé les droits de la femme dès la Révolution et les a envoyé par la Poste à Marie-Antoinette. Je l’adule depuis des années aussi je n’ai pas hésité à me jeter sur la BD.

Le livre m’a permis de découvrir beaucoup de choses sur sa vie, sa passion du théâtre, etc. Il m’a aussi permis de décider que Fouquier-Tinville était l’homme le plus ignoble de l’histoire de France.

Je préfère Olympe à Kiki, en terme de personnalité. Je lui trouve plus de profondeur, de réflexion. C’est une femme qui veut défendre des causes. Elle a un but, pas comme Kiki qui est pour moi la spontanéité incarnée. En tout cas, même si je préfère la BD sur Olympe, car elle touche à une période que j’adore (la Révolution) et un personnage que j’admire,  les deux ouvrages sont équivalents en qualité. A lire absolument l’un comme l’autre!

Portrait d’Olympe de Gouges (Pastel d’Alexandre Kucharski)

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