Utopiales, Légo, fin du monde, et mondes habitables

Samedi, je suis passée aux Utopiales, le festival de Science fiction de Nantes. Je vous livre tout de suite, quelques photos de l’expo de Légos.

Exposition de Légo

Expo Légo

Rien à voir, mais les visiteurs déguisés à la mode steampunk étaient aussi de sortie.

Les steampunks étaient au rendez-vous. Ici, des bottes. Autres créations de l’auteur sur cette page.

Au programme, beaucoup de tables rondes et de conférences. Notamment sur les sujets des autres mondes, et des planètes habitables.

D’autres mondes habitables?

Les discussions entre les auteurs ont beaucoup tourné autour de leurs recherches pour donner une cohérence à leurs mondes. Certains voient les scientifiques un peu comme des rabat-joies qui leurs disent que non, leur idée n’est pas possible. « Oui mais », répond l’auteur, « si, dans un contexte donné cela se produisait, les hypothèses suivantes tiennent-elles la route? » « Non, ce n’est pas possible. », oppose le savant. Je ne sais plus quel auteur, Serge Lehman je crois, racontait que son interlocuteur, un scientifique avec qui il devait travailler pour un projet commun, était incapable de dépasser cette impossibilité.

Dans une autre conférence, Robert Charles Wilson a aussi abordé ce problème disant que les rapports entre science-fiction et sciences se situaient entre « amour et haine ». Néanmoins, il insiste sur le fait qu’il est nécessaire d’avoir une certaine curiosité pour les sciences. Globalement, tous les auteurs que j’ai entendu en conférence (sauf un, je ne sais d’ailleurs plus son nom, qui semblait un peu agacé par la rigidité scientifique) ont semblé très informés sur les notions techniques et ont insisté sur l’importance de se documenter pour donner une cohérence à leur monde. Et ce qu’ils apprennent ainsi reste « in the back of consciousness « , a relevé l’auteur de Spin. Autrement dit, si je le comprends bien, ces connaissances sont utilisées de façon naturelle, sans que l’auteur cherche à montrer l’étendue de son savoir sur la question. Elles se distillent subtilement dans le roman au gré des besoins, donnant de la cohérence, sans tomber dans l’exposé technique rébarbatif. Un peu le contraire des « Vingt milles lieux sous les mers » de Jules  Verne qui s’acharne à détailler toutes les espèces sous-marines aux noms latins de son encyclopédie. (Mais c’est une autre histoire. J’aime beaucoup ce livre malgré les apparences, au passage.)

Bref j’en perds mon latin. J’ai appris au cours de cette conférence un détail intéressant.

Robert Charles Wilson détient un rapport gouvernemental des États-Unis qui décrit toutes les conditions nécessaires pour qu’une planète, en dehors de notre système solaire, soit habitable. Oui oui, y a des gens qui ont été payés par le gouvernement pour voir si y a pas moyen de poser une colonie humaine sur une planète. Du moins pour savoir, si l’opportunité se présentait, où il vaudrait mieux planter sa tente.

Il avait oublié l’existence de ce rapport dans sa bibliothèque personnelle, quand un amateur de science-fiction, le trouvant dans sa collection, a essayé de lui acheter en clamant que tout auteur qui se respecte se devait d’avoir ce document en sa possession. Du coup, Wilson l’a gardé.

Conclusion du rapport : rares sont les planètes situées à la distance adéquate : suffisamment près pour avoir de l’eau, mais pas trop pour pas griller comme un marshmallow. Aussi, apparemment, beaucoup d’étoiles sont des naines rouges peu propices à ce genre de chance. (Si je me souviens bien)

Cette anecdote m’éclate. En tout cas, pour les amateurs et auteurs de récits d’apocalypse, un article récent dans un blog Le Monde présente quel scénario de fin du monde est le plus probable. Oubliez les zombis, la collision avec un astéroïde et l’armée d’invasion extra-terrestre de morts-vivants buveurs de sang et pissant de l’acide sur les terres agricoles.

Non, l‘article de Pierre Barthélémy reprend un schéma déjà évoqué en science fiction (dans Spin en tout cas), celui du réchauffement du soleil. J’avoue ne pas avoir lu d’autres romans ou nouvelles sur ce thème. Mais ce qui me plaît dans cet article, c’est qu’il montre que l’humain et même l’animal est fini, éradiqué, pouf, caput, avant même que le soleil se la joue supernova. Les conséquences se feront sentir avant. Il déploie toutes les conséquences une à une, bref, c’est un régal.

Bon, et pour rester dans le thème de la fin du Monde, rassurez-vous, un astéroïde n’est pas prêt de nous tomber sur le pif. Cf un article de Futura science.

Le temps le temps, le temps et rien d’auuuuutre!

Conférence sur le temps. Pierre Bordage est situé le plus à droite. Neil Gaiman est le deuxième à gauche. Ensuite viennent Mickaël Moorcock, Kris et Gérard Klein. A gauche, le présentateur, J.Vincent.

Conférence tout aussi intéressante, »La nuit des temps, représentations du temps dans la SF ». Pierre Bordage notamment a fait des remarques intéressantes. Une m’a un peu refroidie. C’était sur les cycles de l’histoire. Dire que les mêmes désastres se répètent, sur les mêmes schémas. Il parlait de la Révolution française. C’est une remarque avec laquelle je suis plutôt d’accord. Je suis en train de lire « L’histoire des révolutions » de Martin Malia, qui montre justement les schémas similaires, les processus finis qui débouchent sur la Terreur, et ceux plus avortés avec leurs causes. C’est assez intéressant. Mais Pierre Bordage a parlé de la Révolution et des génocides. Et là, j’ai fait des yeux ronds comme des soucoupes. ça me paraissait vraiment différent. Eh bien, après réflexion, peut-être pas tant que ça. Au final, il y a toujours cette même dégringolade dans la violence et la répression de celui qui élève la voix contre ces intolérables excès. Je trouve que ça ouvre une piste de réflexion.

Il y a une notion que je n’ai jamais réussi à saisir. C’est que pour les Chinois je crois, le temps est cyclique et non linéaire. ça me dépasse.

La génétique

Je passe rapidement sur cette table-ronde sur la question « la génétique va t-elle dominer le monde? » car je l’ai suivie en enchaînant les micros-sommeils. Non pas que ce n’était pas intéressant, mais c’était pas le moment. Un coup de barre, chez moi, est assez ravageur. Faut pas me parler science en pleine digestion.

La conférence a rapidement évoqué les OGMs. Trop furtivement pour quelqu’un qui s’y intéresse. Le résumé sur les OGMs donné était. Pour : ça peut permettre d’augmenter les rendements et donc de nourrir la population mondiale. Contre : ça contamine les autres champs et c’est plein de pesticides donc ça pollue.

Exact. Mais incomplet! (Normal c’était pas possible de tout aborder) Enfin du coup, je ne peux que conseiller de visionner le documentaire, « Le Monde selon Monsanto » de Marie-Monique Robin. Il est militant, certes, mais il met en avant des points intéressants. Notamment le fait que les agriculteurs qui achètent ces semences doivent ensuite les racheter et réensemencer des OGMs. Ils ne peuvent pas replanter les graines de leur récolte. Ce qui créé une dépendance vis à vis de la société Monsanto. En Inde, le coton transgénique a ruiné de nombreux agriculteurs.

Niveau environnement, les effets sont aussi dévastateurs. Le pesticide du Roundup n’a pas d’impact sur le maïs OGM. On peut donc les asperger gaillardement sa plantation, y a que les « mauvaises herbes » qui souffrent. Nouveau problème, de nouvelles espèces résistantes au Roundup apparaissent.

Le pire dans tout ça est que après le séisme d’Haïti, Monsanto a voulu donner des semences aux agriculteurs. Ils savaient bien que cela les rendrait dépendants et qu’ils devraient racheter ensuite ces semences.

article Rue 89

Ce qu’en dit Le Monde Diplomatique :

On sait désormais que les semences offertes se composent de semences de maïs dites « hybrides », non transgéniques. La productivité attendue de ces graines nécessite une utilisation d’herbicides et d’engrais bien supérieure à celle nécessaire pour les semences traditionnelles ou autochtones. De plus, seule la première génération de ces semences est fertile. Si l’habitude est prise de les utiliser (à la place des semences tirées des récoltes précédentes), il faudra alors acheter semences, engrais et herbicides auprès de Monsanto.

Et considérant la possibilité de nourrir tout le monde. Voir le Dessous des cartes. Cet épisode sur le mythe de la surpopulation explique que la malnutrition s’explique plus par une inégalité dans la répartition des denrées, et dans la spéculation sur les prix qui empêche les plus pauvres d’acheter de quoi se nourrir.

Pour découvrir ou redécouvrir ces tables rondes, elles sont filmées sur le site des Utopiales.

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À propos de zeb

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11 responses to “Utopiales, Légo, fin du monde, et mondes habitables

  • lianesilwen

    Salut ! C’est Wen du forum du Temps des Rêves ! Tu étais aux utopiales et tu as écouté la conférence sur le temps en SF !! Alors on a dû se croiser, parce qu’avec d’autres du forum, nous étions assis par terre devant la scène ! C’est bien amusant, dommage qu’on se soit pas vus!

    • zeb

      Salut! En effet, la coïncidence est excellente, on était pas loin! 🙂 J’étais aussi assise par terre mais sur le côté! C’était une belle édition des Utopiales 🙂

  • lianesilwen

    Oui c’est vrai ! C’était une belle édition ! Nous on était assis du côté du speaker : un jeune homme au cheveux noir qui dormait, une fille avec un livre de Proust dans les mains, un garçons au pull en laine rayé noir/gris/blanc et deux filles habillées en elfes : cape velours verte et cape laine bouillie noir… peut-être que ça te diras quelque chose ^^

    • zeb

      Il y avait pas mal de gens costumés (très bien d’ailleurs. Visuellement, j’adore le style steampunk \o/) mais ceux là ne me disent rien ^^

  • lianesilwen

    Tant pis ^^ c’est vrai que les costumes steam punk étaient impressionnants !

  • the frozen joke (l'homme en kilt)

    et voila qu’on publie une photo de mon postérieur sans demander la permission ^^

    et en plus vous n’avez même pas mentionné les grenades à la ceinture.

    (bon, tant que j’y suis je balance ma page hein: https://www.facebook.com/pages/The-Frozen-Joke/200411246644322 )

    • zeb

      oups! j’ai fait attention à ce que personne ne soit reconnaissable (de face) sur la photo mais j’avoue que je ne pensais pas que l’auteur de ce costume tomberait sur ce blog. Non je n’ai pas mentionné les grenades en effet, quelle honte. C’est que les bottes ont attirées toute mon attention! J’en profite pour vous féliciter pour cette création. J’ai jeté un coup d’oeil à la page facebook, c’est franchement classe. Je rajoute un lien à votre page sur la légende de la photo

      • the frozen joke (l'homme en kilt)

        bah l’avantage de ce costume c’est qu’il est très reconnaissable malgré tout. Merci beaucoup, en fait j’ai découvert le blog en prospectant pour des photos ^^

      • zeb

        Je découvre les créations. C’est varié, les lunettes d’aviateur et le Tesla shocker sont excellents.\o/

      • the frozen joke (l'homme en kilt)

        Merci beaucoup (au fait, je prend toutes commandes ^^)

  • Etta

    Beware of Maoists. Don’t trust these Maoists. Tommorrow they will side with China and make Nepal a part of Chear.Agnied that Monarchy was not good but even Maoists are not good.

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