Romans historiques #bilan 2012

J’ai souvent la flemme de faire un billet de lecture à chaque fois donc je fais un petit bilan. Voici les lectures liées à l’Histoire de 2012. Celles qui me viennent en tête actuellement du moins.

Le sang des farines de Jean-François Parot

9782709626743-G

Oui ok, le sang des farines, sans farine… Fallait que je le lise hein? J’avais pas le choix! Et puis, je n’ai pas regretté. Côté histoire, Parot s’y connaît. Côté diplomatie, encore heureux, c’est son métier ! Et c’est celui de son héros. Niveau cohérence du récit, ça simplifie les choses non ?

Je voulais en apprendre sur le XVIIIe siècle et je suis rentrée dans ce roman en toute confiance. L’écriture ne m’a pas bouleversée mais elle ne m’a pas non plus dérangée. J’ai rejoint son héros Nicolas Le Floch dans son enquête, sur la mort mystérieuse d’un boulanger. Il rentre de Vienne, où il a soulevé le problème d’une atteinte au secret du Roi. De retour à Paris, il est plongé avec nous dans la guerre des farines. Les accapareurs gardent pour leur propre profit des denrées  dont ils comptent tirer un meilleur prix, alors que les mauvaises récoltes affament le peuple. Les émeutes se profilent. En même temps, Turgot, ministre des Finances, tente d’instaurer le libre-échange dans le domaine des grains en supprimant le droit de hallage. Bref, c’est pas le moment et la situation dégénère. Alors, la mort du boulanger est-elle le fruit de ces dramatiques circonstances ou y a-t-il quelque chose d’autre derrière ? A Le Floch de trancher.

Le Déchronologue de Stéphane Beauverger.

le déchronologue

Je ferai court sur cet ouvrage car, je dois le confesser, je l’ai lu en 2011. (AAAAH menteuse impie!!!) (pardon, excusez cette parenthèse). J’ai donc oublié énormément de cette lecture et je ne l’ai pas sous la main pour en tirer quelques souvenirs. Mais je voulais quand même glisser un mot sur ce roman car il m’a vraiment embarqué avec lui et avec son navigateur : Henri Villon. L’écriture est fluide comme le roulement d’une frégate (si j’étais sur une frégate je changerais peut-être d’avis), il berce, Beauverger sait raconter. Il a réussi a donner un ton d’époque à son histoire… complètement anachronique. Car le Déchronologue, fier et incroyablement puissant navire, vogue pour récupérer les maravillas, des objets de notre époque (walkmans, etc.) qui font la richesse.

Par contre,  on s’y perd. L’histoire n’est pas racontée de manière chronologique, on s’égare dans les méandres des dates et de la narration, on navigue à vue sans carte ni astrolabe et on rame, on rame. Mais ça vaut le coup, car la fin a quelque chose de sublime et l’écriture nous porte à merveille.

L’auteur s’est aussi attiré les vers d’une poétesse qui a prêté quelques mots au livre. Et quels mots !

Lisez plutôt :

« Je suis creuse dans le noir

Que ma peau contre moi

Pas de bras en détours

Pas de jambes emmêlées

Que mes doigts en histoire

A mon corps qui va

Que mon souffle à ma voix

Les murmures en mémoire

Que c’est âpre tout ce soir

L’ironie fatiguée

A mes nœuds animés

Même la hâte de demain

Se ruine dans ce fard

Pas de fuites échangées

Pas de pause en regard

Je crève le jour tombé »

Il a été écrit par Jeanne Julien, si j’en crois le mot de Beauverger. J’adore. Dire que je suis fan est un euphémisme. Je me suis permis de retranscrire un poème en entier, il était trop perdu entre les pages du roman. ❤

Les rois maudits, tome 1, de Maurice Druon

rois maudits - tome 1

Secret des templiers, exécutions, traîtrises, princes cocus, princesses félones, roi dur comme le fer. Le roman a tous les ingrédients d’un bon roman d’aventure. Le genre un peu gros avec du sang, du sexe, de l’amour, des intrigues et de la trahison. Tout cela est dans les rois maudits, mais sans excès. (J’appelle « excès » ceux qui en jouent tant qu’ils vont jusqu’à décrire complaisamment toutes les horreurs d’une scène, barbotant dans ces éléments qui font vendre en donnant trop de détails et perdent tout attrait). Il faut dire que le pauvre Maurice Druon n’y est pour rien : tout est écrit dans l’histoire de France ! On m’aurait dit « c’est un roman », je l’aurais lu en pensant « ouai c’est un peu gros quand même » mais je ne peux pas dire ça car l’auteur tire sa matière de la réalité. C’est ce qui rend le bouquin si attrayant à mes yeux. Je l’ai lu en parallèle du chapitre concernant cette période dans un grand ouvrage de référence, j’ai nommé « Le Moyen Âge pour les Nuls » de Pierre Langevin (il a le mérite d’être simple, complet et amusant, j’adore !). Et j’y ai retrouvé toutes les grandes lignes du roman ! Je n’ai plus qu’à choper le tome 2, j’ai hâte de voir les frasques d’Isabelle de France et de Mortimer car j’imagine qu’elles seront traitées (plus tard que le 2 selon Wikipédia), et la guerre de Cent (seize) ans ! 😀 DU SANG !

Le voleur de vent de Frédéric H. Fajardie

9782253108078-T

J’en ai bavé, j’ai eu du mal à le lire… Je vous présente ma bouse de l’année. La couverture donnait pourtant envie. Le résumé aussi. La période Henri IV m’intéressait et depuis un certain temps les histoires de capitaine de la marine aussi. Là, il s’agit de déjouer un complot contre le Roi, une conspiration à base de sombres loups-garous et autre moine défiguré et abject. Alléchant. C’est tout naturellement donc que je me suis saisie de l’ouvrage. Mais j’ai été déçue. Pour résumer nous avons un capitaine de navire parfait, un amiral de génie, dur et fier comme une voile portée par le vent, et sensible comme un poulpe ( euh… est-ce qu’un poulpe est sensible?). Le héros, le comte de Nissac, amiral des mers du Levant, lui, l’est. Épris d’une demoiselle, il ne prend toutefois jamais femme et, à la différence de ses marins, il n’est pas intéressé par la perspective de forniquer à tout-va dans les bordels. Le genre de gus qui me plait bien.

Sa future dulcinée en revanche est une femme forte, pugnace, fière, battante, comme je les aime. Mais voilà, les deux sont fades. Ils n’ont pas le truc qui fait qu’on s’y attache et ils restent collés comme des ventouses à leur stéréotype. La description de leurs sentiments m’a plongée dans des abîmes de désespoirs tant c’était niais. La description des sentiments de Nissac est une caricature et les personnages féminins, n’en parlons pas. Y a quand même une fille, quand elle est amoureuse, elle a mal au ventre et elle s’évanouit. Moi quand j’ai de tels symptômes, je ne me dis pas « oh je l’aime! » mais plutôt « aïe, je crois que je suis malade ». Enfin bon…

Le style aussi est sec, aride. L’auteur a voulu coller au langage du XVIIe et je pense qu’il a réussi à employer de réelles expressions de l’époque et un ton adéquat. Je crois qu’il est très bien documenté (rendons à César ce qui est à César) et qu’il connaît mieux les subtilités de cette période historique que je ne le ferai jamais. Mais à trop coller à la réalité historique, il a ampoulé son style. En voulant parfaire le livre, il a perdu le sens des nuances et des phrases qui racontent avec fluidité leur histoire. J’ai buté sur le texte, sur les personnages. Dommage, il y avait des éléments qui me plaisaient.

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