Germinal d’Emile Zola

Germinal d'Emile Zola

Germinal d’Emile Zola

Magistral. Quand Germinal vous prend, il ne vous lâche plus. Description sans complaisance du coron et de ses méandres. La boue, la faim, le charbon. Zola nous entraîne dans le paysage morose des mineurs et dans leur vie agitée. Entre la galère journalière pour nourrir la famille, toujours plus nombreuse, les crédits auprès de l’épicier qui accepte de prêter ses denrées moyennant les faveurs des belles et des moins belles, le sexe omniprésent qui touche même les pré-pubères, les couples qui copulent un peu partout dans de maigres recoins, la situation des femmes qui, pas toujours consentantes, cèdent aux avances du plus fort et n’ont d’autres espoirs pour s’en sortir que de rester avec l’homme qui les a prises, en espérant ne pas tomber sur le pire. Les bambins sont légions, la faim aussi. Pas d’autre horizon pour ces gens que les galeries sombres des mines.

Zola nous emmène avec eux dans les berlines, au fond des couloirs où git le minerai, dont il faut suivre les filons pour remplir les berlines et empocher une maigre paye, qui jamais n’augmente.

On suit Etienne, nouveau mineur, touché par les idées des communistes et qui veut révolutionner le travail. Il prêche contre le capital. Aussi, quand la compagnie décide de payer le boisage (réalisé par les mineurs, il empêche les galeries de s’effondrer) mais en baissant le prix des berlines, occasionnant un manque à gagner pour les mineurs, il se révolte. Et il entraîne le coron avec lui dans une grève gonflée d’espoirs, mais bouffée par la famine.

L’écriture est fluide, imagée, empreinte du franc-parler des travailleurs. On est radicalement plongés dans leurs univers. Panorama d’un monde. Zola ne se contente pas de nous inviter dans le quotidien noir des mineurs, pour nous dépeindre avec un réalisme poignant, leur misère. Il nous montre aussi l’univers des petits propriétaires des mines. Eux, en comparaison, vivent dans l’opulence. Et l’auteur nous montre leur vision des gens qui travaillent pour eux : entre image d’une population dépravée, rongée par l’alcool et les mauvaises mœurs, des gens qui font trop d’enfants pour pouvoir les nourrir et qui gaspillent, car leur paye est sensée être suffisante pour qu’ils puissent bien vivre. Le loyer est très bas au coron, le charbon est fourni par la compagnie. L’entreprise et ses dirigeants semblent croire que la misère est le fait des mineurs. Zola nous montre leur pitié, parfois leur mépris et même leur envie. On voit un bourgeois souhaiter avoir la liberté, comme les mineurs, de forniquer à tout-va car sa femme se refuse à lui.

J’ai trouvé Germinal dense et poignant. Lancinant, empreint d’une longue et aigre-douce cruauté. Plus qu’un désir maintenant, lire d’autres Zola. J’avais lu Le rêve au lycée, sans être particulièrement emballée. Il me faut la Bête humaine et l’Assomoir!

Pour finir, je ne résiste pas à une petite citation :

 » Une poche de rancune crevait en eux, une poche empoisonnée, grossie lentement. Des années et des années de faim, les torturaient d’une fringale de massacres et de destructions »

« Et du coron entier, monta bientôt le même cri de misère »

C’est trop classe !

Et pour finir sur une note plus douce, je vous fait partager une récente découverte :

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