BD : deux enquêtes dans le passé

J’ai lu pas mal de BD ces derniers temps (notamment parce que j’ai fait une véritable razzia à la médiathèque) et j’ai bien envie de les faire partager avec quelques chroniques. Mais quand je n’ai lu que le premier tome, je trouve difficile de parler d’une série. Je vous fais donc un billet pour introduire deux BD, dont je n’ai lu que le premier volume, et qui au final ont un point commun : ce sont des enquêtes dans le passé.

Notre mère la guerre de Maël et Kris

notre-mere-la-guerre

Première guerre mondiale, les soldats vont au front. Mais alors que les combats font rage, une jeune femme, serveuse dans un troquet, meurt assassinée. L’enquête est bâclée et un soldat avec qui elle avait eu une violente altercation est exécuté. Problème : un autre meurtre succède au premier. Un gendarme est donc dépêché pour mener une investigation. Mais alors que la mort injustifiée de leur camarade châtié à tort pèse sur le moral des soldats, sa tâche n’est pas aisée.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome, emprunté grâce à un commentaire de Mokamilla. Les graphismes sont très beaux, comme pour Les Revenants, de Maël, le même dessinateur.

L’intrigue est un prétexte pour montrer d’autres aspects de la guerre : la camaraderie entre les soldats, les dissensions, les soldats qui font leur beurre avec des petits larcins à droit à gauche. L’histoire m’a tout de suite accrochée et je n’ai qu’une envie : suivre la suite de l’enquête.

Cette BD est dans l’air du temps en plus, avec le centenaire cette année. Et tiens, à propos. J’ai appris un truc récemment à ce sujet et je ne résiste pas à l’envie de le faire partager ! J’inaugure ici la mini-rubrique-intrarticle :

#Savez-vous que…

Quand les soldats sont partis en guerre en 1914, rien n’était prévu pour honorer leur mort. Ils devaient être enterrés dans les fosses communes, comme de vulgaires vagabonds. Ils ont dû lutter pour obtenir les Carrés militaires dont ils bénéficient maintenant et qui sont au centre de toutes les cérémonies.

Pendant la Première Guerre mondiale, en 1915, une loi entérina la création de sépultures individuelles pour les soldats français tombés au front ou décédés dans les hôpitaux militaires. L’emplacement des tombes est indiqué par une croix en ciment sur laquelle est indiquée sur une plaque de plomb, l’identité du défunt, son unité et ses dates de naissance et de mort.

Source : Wikipédia

Voilà, avant 1915, pour avoir sa sépulture, c’était pas gagné. Les familles devaient même payer pour ramener leurs morts à la maison et les faire enterrer. Le transfert gratuit ne date que des années 20 ! (Source ici) Bonjour la reconnaissance envers les sacrifiés !

Avec la guerre de 1914-1918, les belligérants développèrent des pratiques d’inhumation plus soucieuses de l’individualité du soldat, qui porte désormais une plaque d’identité permettant de l’identifier. Dès le début du conflit, le principe de la tombe individuelle, que les Anglais érigèrent depuis la guerre des Boers (1899-1902), fut repris par les Allemands. Elle était surmontée d’un emblème indiquant l’identité du défunt et sa confession. Les sépultures communes étaient réservées aux restes mortels qui ne pouvaient être identifiés ou dissociés comme c’est le cas, par exemple, d’un groupe tué par un même obus. En revanche, la fosse commune restait la norme pour les Français. Cette pratique officielle, en retard sur les mœurs de la société, fut rapidement contestée par les soldats eux-mêmes, qui prirent l’habitude d’inhumer leurs camarades dans des tombes individuelles.

Source : Ministère de la défense

Il y a aussi un article plus complet sur cette revue

Voilà, et où est la deuxième enquête maintenant ? On va partir un peu plus loin dans l’histoire, se laisser pousser la barbe (si si) et cueillir une branche de gui pour découvrir :

Les Druides, de Jean-Luc Istin, Thierry Jigourel et Jacques Lamontagne (au dessin).

druide

Ce n’est pas la même ambiance, on part à une époque où la religion celte côtoie la propagation du catholicisme. Les deux superstitions s’affrontent. ça chauffe entre les communautés, les villages et les monastères. Mais voilà que des meurtres étranges s’enchaînent. Avec des moines empalés, avec des signes gravés dans leur chair, bref… Tout en douceur et en délicatesse, comme souvent au Moyen-âge. Là-dessus, un moine, fervent opposant à la religion celte, demande à un de ses fidèles (qui lui est très ami avec un Druide justement), de demander au Druide en question de mener l’enquête. Vous suivez ? Que veut-il prouver ainsi ? Vous le saurez en lisant l’histoire, et moi aussi, car avec un premier tome, on ne va pas loin. Il y en a sept de parus pour l’instant ! En tout cas, le volume de départ est bien mené et m’a tout de suite transportée dans l’univers.

Pour une incursion plus littéraire dans une époque au carrefour entre les druides et la chrétienté, je vous conseille Les descendants de Merlin, d’Irène Radford, ça m’avait beaucoup plu. (Là encore, je n’ai lu que le tome 1)

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À propos de zeb

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6 responses to “BD : deux enquêtes dans le passé

  • Escrocgriffe

    Je ne connaissais pas l’anecdote des fosses communes, quel scandale…

    • zeb

      oui, j’ai été surprise aussi ! Enfin, il y a plein de choses qui semblent couler de sources mais dont les réglementations ont en fait été très tardives.

  • Alison Mossharty

    C’est marrant car je viens de revenir de la bibli et je me suis justement arrêtée devant Notre mère la guerre mais en réfléchissant je me suis dit que non, pour un prochaine fois : j’aurais du passer sur ton blog avant ! Parce que maintenant je regrette : t’es pas cool hein ! Je la connaissais cette anecdote sur la première guerre mondiale : cette guerre a été un vrai massacre (comme toutes les guerres tu me diras !) mais elle avait un côté désespéré : beaucoup pensait faire un sacrifice et assurer un avenir pacifique pour leurs enfants alors qu’il y a eu quelques années après la SWW et je trouve ça vraiment très triste.

    • zeb

      J’ai fait exprès 😀 Je savais que tu passerais devant et que tu serais dégoutée après x) (non). Il faut que je chope le tome 2 moi !
      Pour la première guerre mondiale, j’avoue que j’ai été surprise par l’anecdote des fosses communes. Sachant qu’on les présentait comme des héros pour la propagande, je ne pensais pas qu’on les enterrait avec autant de considération que pour des parias.

  • mokamilla

    Kris et Maël ont un talent fou… J’attends d’avoir acheté les quatre tomes de Notre Mère la Guerre avant de me lancer dans cette lecture que je sais d’avance passionnante…

  • Theoma

    Déjà noté Notre mère… je surligne !

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