We feed the world, de Erwin Wagenhofer

 

wefeedtheworldQuand on voit l’opulence alimentaire dans laquelle on vit, et le manque qui tenaille de nombreux pays du Sud. On se doute bien que quelque chose ne tourne pas rond. Mais on ne sait pas trop comment ça marche tout ça.

Ce documentaire explique les rouages de la faim dans le monde. Il confirme que la terre peut largement nourrir toute sa population et que c’est bien le partage des denrées qui est en cause. Comment du consommateur à la grande multinationale, nous sommes tous responsables d’une situation que nous entretenons, par notre passivité souvent et des actions banales.

We Feed The World montre que les pays qui comptent le plus d’agriculteurs, sont aussi ceux qui comptent le plus de personnes sous-alimentées. Tandis que dans nos pays industrialisés, où la part des agriculteurs est très faible, on mange bien.  » Sur les 850 millions de personnes qui souffrent de la faim à travers le monde, plus de 600 millions sont agriculteurs de pays en développement », indique le petit livret qui accompagne le film. (Extrait d’un texte de Henri Rouillé d’Orfeuil daté de 2005) Exemple : Cambodge : population agricole : 69% . Population sous-alimentée : 33%.

De la consommation de poulet

Le film met au jour des systèmes simples. L’un des plus parlants est l’élevage du poulet. Comment notre consommation de poulet a des conséquences sur la faim dans le monde ? Dans les pays industrialisés, nous élevons majoritairement des poulets hors sol. Passons sur le fait que ce n’est pas une vie décente, même pour un oiseau moche, cela permet de réduire considérablement les coûts. Résultat ? Les meilleurs morceaux vont dans nos assiettes (après des circuits longs et tordus. C’est rarement de la viande locale à moins qu’on y fasse gaffe en tant que consommateur). Les moins bons vont, à bas coût, dans les pays plus pauvres. Du poulet pas cher. Bonne nouvelle ? Non, il s’agit d’un dumping. Les agriculteurs des pays pauvres ne peuvent pas soutenir la concurrence. Les zones rurales surtout, en pâtissent.

Le film interviewe différents acteurs : du pdg de Nestlé, aux petits exploitants, à des spécialistes de la faim dans le monde. L’un d’eux est particulièrement éclairant. Il s’agit de Jean Ziegler, un Suisse, rapporteur de l’alimentation à l’ONU.

Dans un supplément à We feed the world, (bonus dans le Dvd) il exhorte le consommateur à agir, à faire des choix pour cesser d’entretenir le système.

Le plus bouleversant au final est que l’on aurait apparement assez de ressources pour nourrir la planète. Quoiqu’en dise ce monsieur là :

(Par ailleurs, même si je tique sur sa défense des OGMs, sa conférence est très intéressante)

Yes, We choose !

Récemment, je suis passée devant les stands de la journée de la Transition écologique. En discutant avec l’un des militants, il me disait qu’il avait récemment conversé avec un gérant d’une grande surface. Le dit-monsieur vendait donc toutes ces sommes d’aliments produits pour une large partie dans des conditions qu’on n’a pas trop envie de connaître (tant au niveau de la condition des travailleurs, de l’ écologie, etc.) mais que l’on achète quand même. Or lui même consomme en vrac, et souvent bio. Il a installé du vrac dans son magasin. Il remarque que ce qui se vend le plus n’est pas le vrac (même si ce n’est pas beaucoup plus cher vu que l’on économise l’emballage) mais bien tous les plats préparés, que l’on a juste à mettre au micro-ondes. Désespérant.

(J’avoue, je ne suis pas un bon exemple non plus, mais j’y travaille !)

Bref, les multinationales se tournent vers les marchés porteurs. Si la demande suit leur offre, et les encourage à aller plus loin, ils ont tout à perdre à adopter des pratiques qui permettraient de ne pas détruire les cultures vivrières en Afrique, de ne pas affamer des millions de personnes, etc. Mais si on achète, leurs pratiques sont validées.

Alors, on choisit quoi ?

Pour finir, une petite note de musique énervée (car je ne suis pas de bonne humeur ^^) (et parce que quitte à détourner les paroles, j’ai envie d’y voir le rêve d’un monde meilleur)

 

PS : je ne suis pas une spécialiste de l’alimentation, j’espère ne pas avoir fait d’erreurs, je résume quelques infos données par le film et trouvées ailleurs ^^

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À propos de zeb

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7 responses to “We feed the world, de Erwin Wagenhofer

  • Ameni

    Intéressant ! Et c’est justement le fait que tu ne sois pas une spécialiste qui fait que j’aime venir lire tes critiques 😉
    A force de regarder des films, j’oublie parfois les documentaires, merci de cette piqure de rappel, je vais tâcher de trouver ça ! 🙂

    • zeb

      Merci 🙂 Et dire qu’il y a encore quelques années je n’aimais pas les documentaires ^^ Maintenant, je suis accro. Celui-ci se trouve sur Youtube je crois. (je ne suis pas sure)

  • lorouge

    Extrêmement pertinent et passionnant, comme d’habitude… Je n’ai pas le temps de regarder toutes les vidéos que tu as mise mais encore une fois je constate que le monde est fou et que, comme d’habitude, il y a cette toute puissante des « grands » industriels !! Aberrant et consternant !!

  • Tag Liebster Awards | Sans Farine

    […] et bedonnant), j’aimerais citer Jean Ziegler, dont j’ai déjà parlé dans mon post We Feed the World. Ancien rapporteur de la FAO à l’ONU, il a une carrière impressionnante. Il dénonce comment […]

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