Brève : Fatou Diome s’exprime sur le sort des migrants

Si si, cette brève est liée à la littérature car bien que je les ai lus il y a plusieurs années, j’avais adoré deux romans de cette auteure : Le ventre de l’Atlantique et Ketala.

Et voilà que l’écrivain Fatou Diome fait parler d’elle dans les médias pour dire les choses clair et net. Pour voir la vidéo, c’est ici :

http://www.liberation.fr/video/2015/04/27/fatou-diome-si-les-gens-qui-meurent-etaient-des-blancs-la-terre-entiere-serait-en-train-de_1271272

«Les gens, là, qui meurent sur les plages, et je mesure mes mots, si c’étaient des Blancs, la terre entière serait en train de trembler. Ce sont des Noirs et des Arabes, alors eux, quand ils meurent, ça coûte moins cher»

Cela parait évident, et pourtant on entend rarement quelqu’un exprimer tout haut le fait qu’il semble y avoir deux poids, deux mesures. Je suis l’exemple de Fatou Diome pour dire moi aussi ce qui me turlupine. Quand quelques Français meurent dans un crash ou autre accident exceptionnel, c’est presque une tragédie nationale (et je comprends que cela prenne de l’importance. La douleur pour les familles est immense. ça nous touche. ça pourrait être notre frère, notre copine, n’importe qui, qui disparait brutalement dans un voyage), mais les naufrages des migrants ce ne sont souvent que des chiffres sans visages que l’on oublie très vite.

Alors que l’on déploie les grands moyens et les grands discours à tour de bras pour la plupart des catastrophes, en mode « c’est inadmissible », on sent comme un parfum de « bah zut, mais on n’y peut rien », quand il s’agit d’immigration. (Puis : Envoyons Frontex ! Comme si c’était une mission humanitaire et pas un dispositif pour garder les frontières)

Ce n’est pas seulement la faute des grands médias. Ils suivent leur audience (nous…) et vont là où le vent souffle. Or on s’identifie plus facilement aux gens qui nous ressemblent, et on s’attarde moins sur ceux qui nous paraissent différents (non pas par la couleur de peau, hein, j’entends par là le fait de vivre dans un pays dit « développé » ou « en voie de développement »)

Bon y en a des milliers des exemples comme ça. On sait tous que trois pelos qui dorment dans leur voiture à cause de la neige et des embouteillages, ça fait plus de bruit que des dizaines de sans abri qui décèdent dans la rue.

Et oui, j’enfonce des portes ouvertes, mais j’avais envie de mettre le doigt dessus !

Pour ceux que ça intéresse, je vous conseille de parcourir le site de la Cimade, une association qui se bat pour les droits des migrants.

Plus d’infos sur Frontex ici : http://www.lacimade.org/fichepratiques/4526-L-Agence-Frontex (il s’agit d’un article engagé par une association militant pour le droit des migrants) et ici (plus gentil avec Frontex) : http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/triton-poseidon-hermes-les-operations-de-frontex-en-carte-471625.html

Un peu de littérature

Bon, vu que de base, ce blog devait être sûr les livres, laissez-moi vous toucher quelques mots au sujet de deux oeuvres sur lesquelles court la plume fluide et belle de Fatou Diome. Le ventre de l’Atlantique parle justement de l’immigration, des rêves qu’elle suscite et du désenchantement. L’espoir de devenir footballeur, les attentes des autres de l’autre côté de la mer.

Kétala est très original car il raconte l’histoire d’une femme à travers ses meubles. Ou plutôt, ce sont ses meubles qui racontent l’histoire de cette femme. J’ai préféré le Ventre de l’Atlantique, mais ce sont deux beaux romans. Article ici : http://www.afrik.com/article10079.html

A golfer hits a tee shot as African migrants sit atop a border fence during an attempt to cross into Spanish territories between Morocco and Spain's north African enclave of Melilla

A golfer hits a tee shot as African migrants sit atop a border fence during an attempt to cross into Spanish territories between Morocco and Spain’s north African enclave of Melilla October 22, 2014. Around 400 migrants attempted to cross the border into Spain, according to local media. Picture taken October 22, 2014. REUTERS/Jose Palazon 

Je termine sur les mots de Fatou Diome :

 Et je vais vous dire une chose : ça ne dissuade personne, parce que quelqu’un qui part et qui envisage l’éventualité d’un échec, celui-là peut trouver le péril absurde, et donc l’éviter. Mais celui qui part pour la survie, qui considère que la vie qu’il a à perdre ne vaut rien, celui-là, sa force est inouïe parce qu’il n’a pas peur de la mort

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One response to “Brève : Fatou Diome s’exprime sur le sort des migrants

  • lorouge

    Je suis 100% d’accord avec elle et avec toi. Je suis allée l’écouter, elle a bien raison de dire les choses tout haut et tu as vu, personne n’ose l’interrompre… Je pense comme elle, si ce n’était pas des émigrant… Bref il y aurait des moyens mais comme elle le dit , c’est une façon d’assainir les arrivées, c’est terrible…

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