Archives de Catégorie: Et si… le monde était parfait? (c’est pas demain la veille)

Petite réflexion sur  » Respecter tout être vivant est-il un devoir moral »

Photo de Straightpunkpoet. Lien : http://www.deviantart.com/art/Cozy-Cow-32804018

Photo de Straightpunkpoet. Lien : http://www.deviantart.com/art/Cozy-Cow-32804018

Le sujet du Bac de philo cette année a éveillé l’intérêt de la communauté végé/végan. Respecter tout être vivant est-il un devoir moral ? Voilà qui, si la réponse était « oui » (mais en philo, la réponse n’est jamais « oui », on joue souvent à « ni oui ni non ») donnerait un bel argument au végétarisme/véganisme, à la cause animale, qui soutient que tuer un être sensible pour un plaisir gustatif est au moins égoïste, sinon barbare.

Végétarienne depuis un an, j’ai moi aussi attendu avec excitation le corrigé (qui n’est qu’une réponse possible parmi d’autres bien sûr). J’ai lu celui publié sur philo mag, je l’ai trouvé intéressant, mais j’aimerais juste ajouter mon grain de sel car je trouve qu’il manque un élément.

Voici ici le lien : http://www.philomag.com/bac-philo/copies-de-reves/respecter-tout-etre-vivant-est-ce-un-devoir-moral-11685

Lire la suite


L’avenir de la presse. Internet VS Papier

Comment Internet change le monde

Avant que le replay d’Arte n’expire, je me presse de partager ce documentaire sur l’avenir de la presse papier: Vers un monde sans papier ? .

De nombreuses rédactions cessent de publier sur papier et deviennent uniquement numériques. ( France soir, etc.) L’information devient de plus en plus gratuite, donc financée par la publicité, quitte à perdre en qualité et en indépendance. Comment les journaux utilisent les réseaux sociaux, comment garder une proximité avec le lecteur, quel est l’avenir de la presse quotidienne ? Qu’est ce que le citizen journalisme ? Qu’est ce que Twitter a changé dans le journalisme ? Autant de questions abordées brillamment ici avec des interviews dans les rédactions, l’exploration de différents modèles.

Lire la suite


Faut-il manger les animaux, de Jonathan Safran Foer

Faut-il manger les animaux, de Jonathan Safran Foer.


faut-il-manger_couv

Jonathan Safran Foer est un romancier américain. Pourtant, il y a quelques années, il a quitté momentanément la fiction pour réaliser un ouvrage d’enquête. Eating animals ( traduit sous une forme interrogative en France, ce qui amoindrit la dimension très factuelle du texte) est l’aboutissement de trois ans d’investigation dans les rouages de la production de la viande et du poisson.

Un travail de titan, appuyé sur une documentation conséquente ( rapports scientifiques, d’organisations gouvernementales, de la FAO, bibliographie foisonnante…) et des enquêtes de terrain. Il se déplace sur des sites d’élevage pour constater comment est produite la viande.

Confronté aux refus des entreprises des élevages industriels, le père inquiet qui se demande s’il doit donner de la viande à son fils ( c’est ainsi qu’il se présente aux entreprises, sa responsabilité de papa étant le déclencheur de sa démarche) ne se démonte pas. Il envoie des lettres, raillant subtilement au passage « la politique familiale » des grandes marques, empressées de mettre en avant les enfants dans leurs campagnes de publicité, pour demander à visiter des élevages afin d’être certain que la viande ne présente pas de risques pour sa progéniture. Les portes demeurent closes.

Il se tourne alors vers les associations de défenseurs des animaux, n’hésite pas à entrer de nuit dans un élevage ( la loi autorise encore ces incursions sur les sites privés quand ils servent à dénoncer des pratiques illégales). Il visite des élevages plus traditionnels, se rend aussi dans des abattoirs, interroge des ouvriers qui lui livrent leurs expériences sous couvert d’anonymat.

Ces informations collectées sur le terrain sont recoupées avec des rapports sanitaires, scientifiques, etc. Statistiques, chiffres, étayent ses découvertes. Le bilan est horrifique. Les proportions d’animaux élevés dans des conditions atroces, et dépecés vivants sur les lignes d’abattages sont tout simplement stupéfiantes. Pour l’industrie alimentaire, élever des animaux malades ou qui meurent précocement est plus rentable que de s’en occuper individuellement. Les taux de pertes représentent des milliers d’animaux, mais qu’est-ce que quelques milliers contre des milliards de bêtes tuées chaque année ?

Lire la suite


La porte des enfers découverte en Turquie

Tandis que les enfers modernes prospèrent un peu partout !

Un mignonne porte des enfers par Alexey Konev sur Deviantart.

Une mignonne porte des enfers par Alexey Konev sur Deviantart.

Lien de l’artwork d’Alexey-konev.

L’information date du mois d’avril, mais je l’avais oubliée dans un article en brouillon WordPress. Enfin, malgré ce couac, je la ressors des ténèbres pour vous, tel Orphée venant libérer son Eurydice… (comment ça je pousse un peu trop la métaphore ?).

Car oui, les archéologues ont découvert la porte des enfers ! C’est en fait une faille géologique, qui a la particularité de dégager des gazs mortels. Elle est située en Turquie, à côté des vestiges du temple d’Apollon, sur le site de Hiérapolis, qui se trouve près de Pamukkale en Turquie.

Et comme je n’ai pas découvert cela moi-même, je vous fait part de l’article du Huffington post qui résume très bien la découverte.

Reconstitution du temple d'Apollon et de la faille archéologique.

Reconstitution du temple d’Apollon et de la faille archéologique.

Mais il existe aussi d’autres portes des enfers, plus contemporaines. C’est ce que montre cet article de Vice qui vaut le coup d’oeil !

En mai 1962, des ouvriers de la petite ville de Centralia, en Pennsylvanie, ont provoqué un incendie en brûlant des ordures dans une mine abandonnée. Les millions déboursés par les autorités n’ont pas suffi à éteindre le feu, qui ravage les sous-sols de la ville depuis maintenant 48 ans. (Extrait de l’article de Julie Le Baron sur Vice magazine)

Sinon, il y a Sunnydale, la bouche des Enfers dans Buffy contre les vampires !

250px-Welcome_to_Sunnydale_(Buffy_screenshot)

« Vous qui entrez, perdez toute espérance ! » Nous dirait Dante.


Déchets radioactifs, un centre de stockage bientôt en France?

Je me permets de réutiliser cette infographie de Futura Science.

J’avais mis un post sur ce blog il y a longtemps sur Into Eternity, un film qui présente un centre qui devrait être construit en Finlande pour stocker les déchets radioactifs. La France aussi veut s’y mettre(depuis 2006) comme l’explique cet article de Futura science.

De fait, les prévisions du nombre de déchets sont assez effarantes.

La France devrait compter 1,9 million de m3 de déchets en 2020 et 2,7 millions en 2030, soit plus du double de la quantité actuelle.

Et ce même si l’on sort du nucléaire! Hier, le 13 juillet, Libération a publié un article de Laure Noualhat qui évalue ainsi le nombre de déchets à gérer, en cas de fermeture des réacteurs.

« A noter que le démantèlement d’un réacteur générerait d’après l’Andra (agence nationale de gestion des déchets radioactifs), 18 000 m3 de déchets radioactifs et la démolition des bâtiments, 10 fois plus de déchets non radioactifs. Dans le cas de la sortie du nucléaire, après la fermeture du dernier réacteur, on aurait produit un total de 3,7 millions de m3.

La différence entre les deux options est donc assez minime, à ce détail près : « Dans le premier scénario, on construit de nouveaux réacteurs qui vont produire de nouveaux déchets, mais que nous n’avons pas pris en compte. Dans le second scénario, les déchets sont stockés une bonne fois pour toutes » (citation de Michèle Tallec, responsable du service inventaire de l’Andra.)

Un centre de stockage souterrain

Alors pour stocker tout ça, on prévoit un centre souterrain un peu du genre à la Into Eternity.

Lire la suite


Dure dure, la vie des inventeurs

Une invention de Léonard de Vinci, la vis aérienne. Source : http://leonard-de-vinci.net46.net/Partie_1_1.html

Récit d’une rencontre

La semaine dernière, j’ai rencontré un inventeur. Bon, pas un grand, c’est pas Alfred Nobel. Un type lambda mais qui fourmille d’idées. Il a créé des trucs somme toute modestes : un tuyau pour communiquer entre motards (pilote et passager) , puis euh un drôle de truc pas évident à expliquer. En gros c’est un petit objet plastique ou métallique qui permet de fixer des bâches sur un peu tout et par n’importe quel bout. ça à l’air inutile comme ça, mais en fait, c’est un objet qui a des usages multiples. Le fait de pouvoir le mettre n’importe où évite les interstices et la bâche protège d’autant mieux. Du coup, c’est utilisable contre des inondations, pour conserver des ballots de foin, et aussi, selon les dires de l’inventeur, pour les pompiers et la Croix-Rouge (bon j’avoue là je ne vois pas les applications). Bref, en terme d’objet, ça ressemble à rien franchement mais c’est fantastique de polyvalence.

Son créateur raconte qu’il a eu l’idée en jouant avec un ticket de métro. Plus tôt, les chûtes de tuiles de la tempête de 1999 lui avaient mis la puce à l’oreille : « je dois faire quelque chose », s’était-il dit.

Inventeur mais pas ingénieur

Ce n’est pas un Einstein, il a pas fait de grandes études. Bah alors, comment il invente, me direz-vous? C’est là que ça devient intéressant : avec de l’imagination et du bon sens. Au final, tout est insolemment simple. Aucun mécanisme complexe. Il n’y a rien d’autre que de la logique derrière tout ça. Comme un bon roman de science fiction, imaginatif et cohérent.

Ses inventions ne sont pas belles, pas design, bref dans notre monde où on achète plein de gadgets de moins en moins durables pour leur beau logo, la blague sous le bouton « On » et la forme trop tendance avec la couleur bleue, son « Clacpack », comme il l’appelle, ne paye pas de mine.

Alors je ne sais pas si c’est toujours viable tout ça, et ce ne sont pas des inventions révolutionnaires qui brillent de milles feux, mais ce sont des systèmes pratiques et simples, des choses qui paraissent évidentes quand on les a vues mais auxquelles on aurait jamais pensé autrement, et rien que pour la vivacité d’esprit et la créativité, j’incline mon chapeau.

Des utilisations contre les inondations

Bref tout ça pour vous dire quoi? Que j’ai rencontré un inventeur? Pas seulement. A la base, c’est un inventeur du dimanche. Il a créé son entreprise qui a un peu décollé un temps, mais pas de façon flamboyante non plus. Ce que j’admire, c’est qu’il tient ses créations de son imagination et de son bon sens.

Or pourquoi ça ne marche pas ou peu dans le commerce? Ce n’est certes pas révolutionnaire et peu utile pour le citadin pas confronté au camping ni aux catastrophes naturelles. Mais je pense surtout qu’actuellement notre société de consommation est trop portée sur le design. Si tu n’as pas les moyens de faire du marketing et de rendre ton produit attractif au premier regard, tu as peu de chances de t’en sortir. On valorise plus des objets électroniques peu durables, qui consomment de l’énergie et se cassent sans mal, que des objets polyvalents et solides. Ok, je n’achèterai pas son invention car je n’en ai pas l’utilité, mais on est quand même vachement guidés par l’apparence et l’identification du produit (marque, design) plutôt que par l’utilité en elle-même de l’outil. Il faudrait revoir les critères d’achat et remettre le durable et le solide au centre de notre consommation. Je dis des généralités, je sais.

Je me perds dans mon texte, mais je n’ai pas fini de parler. Je suis un peu à fond sur les inventions en ce moment. Alors j’ai quelques bons documentaires à vous conseiller.

Des liens à gogo!

(à défaut d’inventions à gogo, car moi je n’invente rien)

L’art de la guerre en Egypte, en Chine, les inventions de l’Antiquité, la bataille de l’électricité

Ce dernier est intéressant car il montre l’entêtement d’un inventeur qui a tort (Edison ne voulait pas reconnaître le bien fondé du courant alternatif). Finalement, on retient quelqu’un pour la postérité, (Edison dans ce cas), mais d’autres ont eu autant leur rôle à jouer.

Comme pour le téléphone dont le brevet a été déposé deux heures plus tôt, avant Graham Bell, par un certain Elisha Gray (j’ai recherché le nom sur Wiki, j’espère que c’est juste).

Sinon j’ai vu un celui-là récemment où on nous explique que Héron d’Alexandrie a inventé la machine à vapeur au Ier siècle après Jésus Christ. Une jolie turbine qui ne sert à rien. Evolution oblige, les applications de la Révolution industrielle n’étaient pas encore d’actualité!

Bon et à part ça, 20 000 lieues sous les mers, de Jules Verne que je lis ces temps-ci est un vrai bijou. Il a tout prévu pour rendre son Nautilus viable (à mes yeux ignorants de technique en tout cas). C’est impressionnant.


Into Eternity de Michael Madsen

Plongée dans le futur

L’interview que j’avais lu sur un magazine avant de regarder le film donnait déjà le ton : ovni à l’horizon. Mais ce documentaire de Mickael Madsen, est encore plus surprenant que ce que je pensais.

Into Eternity, documentaire sur l'insensé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Onkalo (Finlande) des scientifiques réalisent une étrange base souterraine. Protection et sécurité maximale, et il y a de quoi, ce lieu entouré de mystère va accueillir des déchets nucléaires. Si cela n’est pas suffisant pour faire palpiter votre coeur d’interrogations, imaginez un peu : ce lieu est conçu pour durer 100 000 ans. Euh la naissance de l’écriture, de l’administration, de l’argent et caetera c’est environ 5 300 ans avant Jésus Christ. Ça fait entre 7000 et 8000 ans que l’Homme tel que l’on le connait a réellement commencé à se développer. Son existence constitue moins de 10% du temps pour lequel Onkalo est prévu pour durer. Vertigineux non?

Malgré un délire un peu euhhh je dirais « perplexisant » du réalisateur qui joue un peu trop avec les alumettes, et une fin qui part dans la fiction (ce qui n’est pas plus mal), le film tient complètement la route en s’attachant à montrer à quel point il est irréaliste de vouloir prévoir une infrastructure pareille. D’interviews en interviews, les chercheurs qui participent au projet dévoilent leur réflexions. On se rend compte des difficultés majeures que la construction d’un tel batiment implique. Comment dire aux générations futures qu’il y a danger à entrer? Cette question pratique demande de s’interroger sur ce que seront les générations futures. Des êtres encore plus évolués qui sauront palier aux défis du nucléaire? Ou bien des hommes ravagés par un cataclysme ayant perdu le gout de la science et du savoir? Une telle durée de vie dépasse tant l’échelle humaine que les réfléxions techniques prennent des dimensions de science fiction. Que sera l’Homme de demain? Comment communiquer avec lui?

De quoi plonger dans une spirale de questions pour le moins intéréssantes. Le nucléaire est dans tous les discours politiques aujourd’hui. Si ce film n’aborde pas le problème tel qu’il se présente actuellement (conséquences directes, radioactivité, etc), il a du moins le mérite de le traiter avec un regard original.


Echos, liens et minis infos en vrac #1

Mes échos :

Je vous livre un petit pot-pourri de ce que j’ai appris/entendu/retenu de diverses conversations pros ou non ces derniers temps. ^^

Labels : bagatelle!

L’année dernière, je me souviens avoir entendu dire que les agriculteurs devaient payer pour être certifiés bio. Le problème que cela pose est bien sûr que seuls les cultivateurs bio ayant les moyens peuvent se permettre d’avoir le label. Je me souviens qu’à l’époque j’avais fait quelques vagues recherches sur internet – infructueuses- et lâchement abandonnées.

Plus tard, à l’occasion d’un repas de famille, j’avais demandé au gendre de je-ne-sais-plus-quel-cousin (qui s’y retrouve dans les repas de la famille pas si proche?) qui est intermédiaire dans la distribution bio (entre l’agriculteur et les magasins) de me confirmer cette information. Je n’avais pas noté mais je crois qu’il m’avait indiqué que le coût servait à financer l’expertise qui décide si un produit est bio ou non.

Bref, tout ça pour en venir à un rebondissement intervenu cette semaine. Je discutais avec un chef d’entreprise dans la filière bois qui va bientôt être labellisé PEFC (c’est-à-dire que son bois provient de forêts certifiées gérées durablement en respect de l’écosystème) et il m’a affirmé qu’il devait payer 400 euros par ans (en plus de la formation préalable à 1000 euros) pour obtenir le label. Je trouve ça un peu poussé. Surtout qu’il n’a pas changé ses pratiques (ou peu). C’est-à-dire qu’il utilisait déjà du bois certifié, il en utilise toujours autant (60% du bois utilisé dans l’entreprise, les 40% restants étant produits en Amazonie dans des conditions peu reluisantes) la proportion n’a pas augmenté et pourtant maintenant il obtient le label sur ses produits avec du bois PEFC parce qu’il a déboursé pour une formation qui lui enseigne comment mieux vérifier la provenance de sa matière première. Il va aussi devoir payer 400 euros par an pour garder le label.

A noter que pour être labellisé, il suffit que 70% du bois dans le produit soit PEFC. Génial non? Moi je trouve que les labels c’est décidément pas si fiable que ça.

Solvants et incendies

Autre écho à partir de ma discussion avec ce monsieur de la filière bois. Récemment il a changé ses pratiques de production et il réalise ses finitions en remplaçant les solvants peu écolo qu’il utilisait avant par de l’eau. Pourquoi? Son atelier a brûlé comme un feu de joie à cause des solvants. Bienvenue maintenant aux hydros finitions! (J’avoue ne pas bien avoir compris ce que c’était exactement, faut que je me rencarde sur le sujet).

Téléphonie: publicités géantes avant l’aboutissement du produit

Vive le joli monde de la publicité et des entreprises. J’ai entendu dire que les nouvelles offres de certaines entreprises étaient placardées à grands renforts de pub dans les magasins, bien avant que les produits soient opérationnels. Ils sont prévus pour le devenir bien sûr et l’objectif reste qu’ils le soient avant la commercialisation. En attendant, on fait la communication avant d’avoir le produit final entièrement abouti et exempts de tout bug. Grandes dépenses, belles promesses, c’est un peu une forme de spéculation.

Voilà pour les échos ^^ Et maintenant quelques liens :

Déjà, ce que je viens de découvrir en rédigeant cet article  sur deezer et que je euh… j’aime beaucoup (faut que j’écoute ça de plus près)

Pendant que l’on ne parle plus de Fukushima dans les grands médias, heureusement il y a le net! L’actualité nucléaire au japon au jour le jour !

Et des articles intéressants sur le nucléaire et!


La publicité est Partout!

Je n’aime déjà pas beaucoup la publicité en France. Je déteste que SFR m’appelle pour me convaincre de changer mon forfait (j’ai d’ailleurs choisi de changer d’opérateur), je trouve que c’est un gouffre de sous qui pourraient servir à résoudre la crise alimentaire en Afrique et depuis que j’ai vu le film 99 francs (il faut d’ailleurs que je me procure le bouquin), je vomis ce service inutile voué à la société de consommation. Enfin… Pas trop quand même parce que je veux être journaliste et dans ce métier on vit pas mal de ça. Ce sont les publicités qui financent les journaux après tout.

Bref, je n’aime pas beaucoup la publicité en France. Mais au Royaume Uni, je dois reconnaître que c’est pire. Outre le fait qu’à la télé, une série de 20 minutes est interrompue deux fois par de longues séquences de pubs (et que pour un film c’est au moins trois séquences), c’est dans les rues que c’est le plus flagrant. Comme en France, les anglais pratiquent la distribution de flyers à un niveau peut-être un chouilla plus élevé, mais ce n’est pas trop dérangeant. Un sourire, on prend le dépliant et on le jette dans la poubelle de recyclage suivante avec un léger soupir de culpabilité envers l’environnement et la forêt amazonienne. Et puis on passe à autre chose, c’est partout pareil dans les pays industrialisés, alors en fin de compte, on est habitué.

Il y a quand même une certaine dose d’absurdité dans la contradiction entre le discours « on doit protéger l’environnement » mais on continue à imprimer des quantités monstrueuses de publicité – parfois des publicités qui prétendent valoriser une entreprise qui se dit écolo. Souvent je me dis que si la science-fiction existait quelques siècles auparavant et si elle avait imaginé notre société aujourd’hui, les lecteurs de l’époque aurait pensé lire un roman complètement capilotracté tellement on se complait dans de droles paradoxes. Enfin non, quoique non, à chaque époque ses petits arrangements avec sa conscience.

Mais ce qui me surprend le plus au Royaume Uni, ce sont ce que je perçois comme des « publicités humaines ». Des gens parfois affublés d’étranges costumes qui font le plancton en brandissant une pancarte à l’effigie de leur enseigne. Comme cette jeune fille asiatique habillée comme une idole ou une fan de mode japonaise (genre sweet lolita), au style délibérément pensé pour être kawaï, qui a travaillé plusieurs jours dans le centre-ville. Elle était emmitouflée dans son écharpe cet hiver, et tenait un panneau publicitaire pour un restaurant de nouilles chinoises (ou affilié). D’accord, ce genre de publicité a le mérite d’employer des gens. Mais moi ça me fait surtout penser à une nouvelle de Philip K.Dick. Dans « Service avant achat » (recueil de nouvelles Immunité), il présente des travailleurs épuisés par le harcèlement des robots publicitaires qui pullulent en ville les empêchant de se déplacer tranquillement.

Bon heureusement, au Royaume Uni comme en France, nous n’en sommes pas là. N’empêche qu’à Cardiff, certaines personnes sont payées pour venir vous aborder avec un grand sourire et vous convaincre de changer de coupe de cheveux. Je n’ai pas fait cette expérience moi-même mais une amie de source sûre peut en témoigner. Il y a un côté assez sympa et convivial bien sûr, mais si toutes les entreprises se mettent à organiser ça, on n’est plus si loin de la dystopie de K.Dick.

En fin de compte, peut-être que le pire, c’est de se dire que l’on s’arrête pour parler aux sympathiques étudiants payés pour vous vendre des services inutiles, mais que l’on passe sans un regard (ou alors très embarrassé) devant les SDF qui prennent froid le long des murs des magasins de marque.

Lien intéressant qui n’a cependant rien à voir avec la publicité mais avec la crise alimentaire : La crise alimentaire de 2011 sur Slate, qui revient sur les différentes causes (éthanol, utilisation non agricole des terres fertiles…)


« Les gens sont stupides »

En lisant cet adage dans La première leçon du sorcier, premier tome de la saga L’épée de vérité de Terry Goodkind, je n’avais pas pu m’empêcher d’être déçue.  Quoi? Tout ça pour ça? Un suspense de 500 pages sur cette soit-disant leçon fondamentale de sorcellerie pour une banalité pareille? La suite ne m’avait qu’à moitié réconciliée avec le livre. On nous explique que cela signifie que les hommes croient ce qu’ils veulent croire ou ce dont ils ont peur. Très bien. Ce n’est pas le scoop de l’année mais c’est bon de s’en rappeler. Après tout, j’ai défendu bec et ongles le livre de Misha Desfonseca, Survivre avec les loups, où elle racontait son périple à travers l’Europe, protégée par des loups, jusqu’à ce que j’apprenne que c’était complètement faux.

Bah faut croire que le MI6, les services de renseignements britanniques, ne sont pas plus malins que moi. Avec les Etats-Unis, ils ont engagé des négociations avec un faux leader taliban en Afghanistan. En effet, leur trouvaille avait de quoi susciter leur enthousiasme. L’homme était sensé être un taliban modéré, et à l’inverse de ses alliés, il ne demandait pas le  retrait des armées britanniques et américaines d’Afghanistan. Il se contentait d’exiger la libération de quelques prisonniers et de permettre à quelques talibans de retourner dans leur pays sans poursuites. Une aubaine qui a fait oublier aux services de renseignements de vérifier l’identité de leur interlocuteur. Pas de chance, ils parlaient à un simple commerçant. La supercherie découverte, il s’est envolé dans la nature avec une centaine de milliers d’euros. ça paye bien les discussions diplomatiques…

Je n’aime pas beaucoup Goodkind et sa série que je trouve insipide sur beaucoup de points, mais il n’avait pas tout à fait tort. Les tours les plus évidents et jouant sur les points faibles les plus connus des gens, sont ceux qui marchent le plus fréquemment.