Archives de Catégorie: Films/séries/docus

Ciné – A peine j’ouvre les yeux de Leyla Bouzid

Une jeune fille solaire dans le printemps arabe

A peine j'ouvre les yeux, un superbe film

A peine j’ouvre les yeux, un superbe film

Je suis allée voir ce film un peu par hasard, sous l’impulsion d’une amie. Je n’avais pas même regardé le synopsis ni la bande annonce. Bien m’en a pris, ce  long-métrage est une petite merveille.

On suit le personnage de Farah, une jeune chanteuse, encore adolescente. Avec son groupe, elle compose des chansons critiques sur la société tunisienne. Nous sommes aux débuts des printemps arabes. La police surveille les jeunes dissidents. Mais la bande de Farah, un peu insouciante, se sent pousser des ailes et se croit invulnérable… La partie politique n’est qu’un volet du film qui aborde surtout l’émancipation d’une jeune femme et sa découverte des relations avec les garçons.

J’ai adoré ce film d’abord pour ses musiques. Je réécoute les chansons en boucle. J’aurais tant aimé que ce groupe existe vraiment, et je serai la première groupie aux concerts même si je ne comprends pas les paroles. Au ciné, j’ai eu envie de battre la mesure du pied, j’ai failli applaudir à la fin d’un morceau comme devant une scène. La qualité des musiques est vraiment appréciable.

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Life (drama), Vitamine (manga) ou le harcèlement scolaire en images

J’ai un peu laissé hiverner mon blog depuis novembre. Ce n’est pas faute d’avoir des choses à raconter. Je voulais vous parler des Insulaires de Christopher Priest (<3), de Nox d’Yves Grevet, du film Mustang de Deniz Gamze Ergüven, de La Face cachée de Margot de John Green et j’en passe et des meilleures.

Comme d’habitude, j’ai eu la flemme et il a fallu que j’attende de tomber sur un sujet qui me secoue, me remue, pour me décider à revenir dans le coin !

Life

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Ce sujet, c’est le drama Life, adapté du manga de Keiko Suenobu. C’est ensuite le manga Vitamine du même auteur. Et enfin le harcèlement scolaire en général.

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Brève de ciné : Her de Spike Jonze

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Synopsis :

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

 

Ce film m’intriguait, on m’en avait dit du bien, mais j’ai loupé le coche au ciné. Sur le coup, je m’étais un peu dit « bof, le sujet est rebattu ».

Et oui, voyez-vous, j’avais lu le manga Chobits de Clamp il y a quelques années, et à la lecture du synopsis je me suis dit que le thème de l’être humain amoureux d’une intelligence artificielle c’était du déjà-vu. (J’ai ce côté snob parfois :s)

Ce thème est également présent (de façon assez anecdotique) dans une superbe série télé : Real humans, (que je recommande chaudement) où des humains choisissent de vivre en couple avec des robots.

Mea culpa, Her est un très beau film qui vaut la peine d’être vu.

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Brèves de ciné !

Il y a quelques films vus cette année dont j’aurais dû parler. Parce qu’ils sont superbes et qu’ils méritent quelques lignes avant que l’on soit en 2015.

– On est déjà en 2015…

Ha, oui. Eh bien avant que la transition soit consommée !

Je veux parler de Pride, de Matthew Warchus et de Mommy de Xavier Dolan.

Pride, de Matthew Warchus.

Le film nous emmène sous la gouvernance de Margaret Thatcher, à l’heure où elle ferme les mines. Au Pays de Galles, la révolte gronde, la grève s’éternise. Mais pour continuer à mener la bataille, les grévistes ont besoin d’argent.

Au même moment, à Londres, une grande collecte s’organise, menée par une autre communauté menacée par la Dame de fer. Les lesbiennes et gays (enfin, certains…) décident de soutenir les mineurs. Une aide mal accueillie par ces derniers qui ont une conception très traditionaliste de l’amour. Les deux groupes vont devoir collaborer. Une rencontre explosive qui va s’avérer formidable.

Le film est inspiré de faits réels. Il traite bien le choc des visions du monde, les efforts menés par les deux groupes pour s’entendre. Il évoque des sujets durs (sida) tout en gardant la touche comique très prononcée. C’est très drôle et émouvant. Superbe !

Mommy, de Xavier Dolan

Celui qu’on qualifie dorénavant du « petit génie » du cinéma a encore frappé. 25 ans, cinquième film (je n’ai vu que Laurence Anyways et Mommy dans la liste), et toujours cette capacité d’innover, avec sa patte très particulière.

Des gros plans qui vous collent le nez aux émotions des personnages, des prises de vue superbes, une façon d’écrire l’histoire assez originale, une place très importante accordée à la musique (et il arrive même à ne pas être ridicule lorsqu’il passe du Céline Dion), de très belles images, des personnages bien campés marquent.

Le réalisateur aborde encore un thème compliqué sans tomber dans les clichés. Il nous fait entrer dans la vie d’une mère qui élève seule un fils présentant des troubles comportementaux. A cela s’ajoute l’intervention d’une institutrice, qui doit elle-même faire face à ses propres problèmes.

Particularité du film : le format carré, inhabituel et qui change plusieurs fois durant le film. J’étais tellement prise dans l’histoire que je ne m’en suis même pas aperçue !

A lire, le top 10 du Bibliocosme : https://bibliocosme.wordpress.com/2014/12/30/top-10-cine-2014/comment-page-1/#comment-2692


Le Sel de la Terre, de Win Wenders et Juliano Ribeiro Salgado

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Gros coup de coeur pour ce documentaire sur Sebastiao Salgado.

J’ai découvert ce photographe incroyable à Noël dernier, en trouvant sous le sapin son livre : Genesis. Une ode à la beauté de la nature et aux gens vivants dans des  tribus dont je n’imaginais pas l’existence. Des cultures ancestrales qui perdurent, comme coupées de notre monde industrialisé.

Des photos en noir et blanc à vous couper le souffle, fascinantes.

Alors quand j’ai vu qu’un film sortait sur ce personnage, j’ai voulu aller le voir. Enfin, j’ai hésité. Car j’avais peur d’un documentaire diaporama, un peu longuet.

Erreur ! Je ne me suis pas ennuyée une seconde. Win Wenders et Juliano Ribeiro Salgado (le fils du photographe) ont filmé Sebastiao en train de travailler, récoltant ses réactions, sa parole sur son vécu.

Car du pays, l’homme en a vu. Il a parcouru les cinq continents (après des études en économie qu’il a lâché car cela ne l’intéressait pas) et témoigné du pire comme du meilleur.

Sebastiao a rendu compte des famines en Éthiopie, au Sahel, de la guerre… Il s’est rendu au Rwanda lors du génocide, recueillant des images terribles qui ont su émouvoir le monde. Sur les famines, entre autres, il nous dit que ce n’est pas lié aux catastrophes naturelles, mais bien au partage des richesses. Un message qu’il s’est attaché à faire passer, et qu’il me semble bon de rappeler.

Il a capturé des clichés bluffants dans les mines d’Amérique latine. Il prenait le temps d’observer, de discuter, de voir venir. Un travail de longue haleine qui l’a éloigné géographiquement de sa famille, mais qui a produit des photographies fabuleuses.

Et le film rend bien compte de ses états d’âmes, de l’horreur de ce qu’il a vu. De l’insupportable. Si bien que Sebastiao Salgado a opéré un revirement à un moment donné de sa carrière, quittant la photographie de guerres et de famines, pour se consacrer à une apologie de la nature, la photo de paysage : une nouvelle oeuvre, Génésis, et appelant à la préservation de l’environnement.

Franchement, allez voir cette merveille. C’est la première fois que je pleure devant un documentaire !

Autres articles :

http://www.telerama.fr/cinema/films/le-sel-de-la-terre,491850.php

 

Slate descend un peu le film montrant une lacune dans la réflexion. L’article est très intéressant : http://www.slate.fr/story/93387/salgado-wim-wenders


We feed the world, de Erwin Wagenhofer

 

wefeedtheworldQuand on voit l’opulence alimentaire dans laquelle on vit, et le manque qui tenaille de nombreux pays du Sud. On se doute bien que quelque chose ne tourne pas rond. Mais on ne sait pas trop comment ça marche tout ça.

Ce documentaire explique les rouages de la faim dans le monde. Il confirme que la terre peut largement nourrir toute sa population et que c’est bien le partage des denrées qui est en cause. Comment du consommateur à la grande multinationale, nous sommes tous responsables d’une situation que nous entretenons, par notre passivité souvent et des actions banales.

We Feed The World montre que les pays qui comptent le plus d’agriculteurs, sont aussi ceux qui comptent le plus de personnes sous-alimentées. Tandis que dans nos pays industrialisés, où la part des agriculteurs est très faible, on mange bien.  » Sur les 850 millions de personnes qui souffrent de la faim à travers le monde, plus de 600 millions sont agriculteurs de pays en développement », indique le petit livret qui accompagne le film. (Extrait d’un texte de Henri Rouillé d’Orfeuil daté de 2005) Exemple : Cambodge : population agricole : 69% . Population sous-alimentée : 33%.

De la consommation de poulet

Le film met au jour des systèmes simples. L’un des plus parlants est l’élevage du poulet. Comment notre consommation de poulet a des conséquences sur la faim dans le monde ? Dans les pays industrialisés, nous élevons majoritairement des poulets hors sol. Passons sur le fait que ce n’est pas une vie décente, même pour un oiseau moche, cela permet de réduire considérablement les coûts. Résultat ? Les meilleurs morceaux vont dans nos assiettes (après des circuits longs et tordus. C’est rarement de la viande locale à moins qu’on y fasse gaffe en tant que consommateur). Les moins bons vont, à bas coût, dans les pays plus pauvres. Du poulet pas cher. Bonne nouvelle ? Non, il s’agit d’un dumping. Les agriculteurs des pays pauvres ne peuvent pas soutenir la concurrence. Les zones rurales surtout, en pâtissent.

Le film interviewe différents acteurs : du pdg de Nestlé, aux petits exploitants, à des spécialistes de la faim dans le monde. L’un d’eux est particulièrement éclairant. Il s’agit de Jean Ziegler, un Suisse, rapporteur de l’alimentation à l’ONU.

Dans un supplément à We feed the world, (bonus dans le Dvd) il exhorte le consommateur à agir, à faire des choix pour cesser d’entretenir le système.

Le plus bouleversant au final est que l’on aurait apparement assez de ressources pour nourrir la planète. Quoiqu’en dise ce monsieur là :

(Par ailleurs, même si je tique sur sa défense des OGMs, sa conférence est très intéressante)

Yes, We choose !

Récemment, je suis passée devant les stands de la journée de la Transition écologique. En discutant avec l’un des militants, il me disait qu’il avait récemment conversé avec un gérant d’une grande surface. Le dit-monsieur vendait donc toutes ces sommes d’aliments produits pour une large partie dans des conditions qu’on n’a pas trop envie de connaître (tant au niveau de la condition des travailleurs, de l’ écologie, etc.) mais que l’on achète quand même. Or lui même consomme en vrac, et souvent bio. Il a installé du vrac dans son magasin. Il remarque que ce qui se vend le plus n’est pas le vrac (même si ce n’est pas beaucoup plus cher vu que l’on économise l’emballage) mais bien tous les plats préparés, que l’on a juste à mettre au micro-ondes. Désespérant.

(J’avoue, je ne suis pas un bon exemple non plus, mais j’y travaille !)

Bref, les multinationales se tournent vers les marchés porteurs. Si la demande suit leur offre, et les encourage à aller plus loin, ils ont tout à perdre à adopter des pratiques qui permettraient de ne pas détruire les cultures vivrières en Afrique, de ne pas affamer des millions de personnes, etc. Mais si on achète, leurs pratiques sont validées.

Alors, on choisit quoi ?

Pour finir, une petite note de musique énervée (car je ne suis pas de bonne humeur ^^) (et parce que quitte à détourner les paroles, j’ai envie d’y voir le rêve d’un monde meilleur)

 

PS : je ne suis pas une spécialiste de l’alimentation, j’espère ne pas avoir fait d’erreurs, je résume quelques infos données par le film et trouvées ailleurs ^^


L’avenir de la presse. Internet VS Papier

Comment Internet change le monde

Avant que le replay d’Arte n’expire, je me presse de partager ce documentaire sur l’avenir de la presse papier: Vers un monde sans papier ? .

De nombreuses rédactions cessent de publier sur papier et deviennent uniquement numériques. ( France soir, etc.) L’information devient de plus en plus gratuite, donc financée par la publicité, quitte à perdre en qualité et en indépendance. Comment les journaux utilisent les réseaux sociaux, comment garder une proximité avec le lecteur, quel est l’avenir de la presse quotidienne ? Qu’est ce que le citizen journalisme ? Qu’est ce que Twitter a changé dans le journalisme ? Autant de questions abordées brillamment ici avec des interviews dans les rédactions, l’exploration de différents modèles.

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Brèves de ciné !

Et les coups de coeur de ces derniers mois sont :

Guerrière, de David Wnendt

Le réalisateur a enquêté en côtoyant des néo-nazis. Il s’est immiscé dans leur vie et nous livre ce qu’il a vu. Le film raconte la prise de conscience d’une jeune fille qui se surprend à aider un pakistanais.

On s’aperçoit que les personnages féminins cherchent une certaine émancipation au sein du groupe qui applaudit leur violence. La place qu’elles occupent au final est édifiante.

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Le Conte de la Princesse Kaguya, d’Isao Takahata

C’est drôle je crois que je publie deux fois par an sur ce blog. A chaque fois, je m’y mets à fond pendant quelques semaines et je ne reparais plus :-S Me revoilà pour quelques jours au moins (vendredi je pars en vacances). Je voulais juste partager mes coups de coeur ciné de ces derniers mois.

Tout récemment, Le conte de la Princesse Kaguya d’Isao Takahata m’a enchantée. J’avais adoré le Tombeau des lucioles, je me suis donc précipitée au cinéma quand j’ai su qu’un de ses films investissait le grand écran.

Autant j’ai été déçue par le dernier Miyazaki (Le vent se lève), autant le Takahata est réussi. L’histoire est un conte. Outre la spécification dans le titre, c’est évident dans la narration. Il nous entraîne dans un monde merveilleux, entre magie, allégories, réflexions sérieuses et beaucoup d’humour. On suit la vie de la Princesse Kaguya, née dans un bambou. Aux yeux de ses parents, elle est un trésor. Ils veulent lui assurer une vie à la hauteur de la richesse qu’elle représente pour eux. Mais à trop vouloir faire le bonheur de l’enfant, ils risquent bien de le gâcher. C’est que la petite fille, pleine d’énergie et de vivacité, n’a aucune envie d’épouser un prince ! Pour se débarrasser de ses prétendants, elle va élaborer toute une stratégie.

Ce qui marque surtout, ce sont les graphismes. Ce petit goût de traits inachevés qui courent, volubiles, sur l’écran. Ces tâches de couleurs. On croirait suivre une aquarelle vivante qui se déploie au cinéma. Splendide !

 


Jimmy’s Hall de Ken Loach

Je n’ai pas posté depuis un petit moment, mais un nouveau coup de coeur cinématographique me pousse à venir en catimini donner un coup de projecteur sur le dernier Ken Loach. * allume la lumière en tâchant de se tenir à l’abri des ampoules*.

Ce coup de coeur, c’est Jimmy’s hall, sélectionné à Cannes lors de la dernière édition (comme à peu près tous les Ken Loach). Si vous aimez les paysages verts d’Irlande, la musique celtique et ses  violons, ou tout simplement le combat de gens des classes populaires contre l’emprise trop étroite de l’église, foncez dans votre cinéma le plus proche.

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