Archives de Catégorie: Livres

Le club des punks contre l’apocalypse zombie de Karim Berrouka

punk

Les punk du squat le collectif 35 n’en reviennent pas. Ont-ils trop tiré sur leurs joints ? En bas de l’immeuble, les passants se sont mis à s’étriper joyeusement à grands coups de dents, et se transforment en morceaux de barbaque sur pattes. L’hallucination dure trop longtemps et même Eva, qui ne se drogue pas, partage le trip. Il y a quelque chose qui cloche.

Nous voici projetés en pleine apocalypse zombie. Alors que le monde s’est transformé en grosse fiesta cannibale, 5 punks (sept si on compte les deux loulous en transhumance) font de la résistance. Une vegane, un freegan, deux compagnons de défonce et un anarcho-communiste qui rêve de hisser le drapeau noir au sommet de la tour Eiffel. Si le fait que l’ère du capitalisme et du consumérisme soit terminée les réjouit, la manière dont ça se passe les laisse perplexes.

Ils voudraient bien profiter de la fin du monde pour proposer un modèle de société basée sur leurs valeurs, mais dans leur quête ils vont rencontrer : des gens perchés, un commando du Medef qui veut profiter de l’Apocalypse pour reconstituer une mini société fondée sur l’asservissement du prolétariat, des gens perchés, un technicien de télé mégalo, des gens perchés… ! Ajoutez à cela des zombies flower power/paramilitaires/qui pogotent, selon le style de musique diffusé.

Vous l’avez compris, ce roman est complètement barré. ça baigne dans l’humour, le sang et la tripaille pas toujours fraîche… J’avais peur que la recette s’essouffle au fil des pages, mais non, ça tient la route (enfin non, c’est complètement capillotracté, mais disons que l’on ne se lasse pas). Un bon roman bien déjanté.

Le club des punks contre l’Apocalypse permet aussi d’apprendre de super insultes si votre voiture ne démarre pas quand vous en avez le plus besoin :  » Bordel de fuck de carriole à nains » !

😀

 

 


Lasser, un privé sur le Nil, de Sylvie Miller et Philippe Ward

Lasser à côté de l'Egypte ! (oui, c'est pour ça la carte derrière ^^)

Lasser à côté de l’Egypte ! (oui, c’est pour ça la carte derrière ^^)

Imaginez. Vous êtes en Egypte, vous sirotez votre whisky sec paisiblement attablé à la terrasse d’un bistrot et là… Isis débarque, belle, dangereuse, irritable et déterminée. Elle élimine quelques importuns surpris à lorgner sur son décolleté et s’assoit en face de vous pour vous proposer une mission. Inutile de préciser que vous n’avez pas vraiment le choix.

Voilà le quotidien de Lasser, détective privé constamment sollicité pour régler les affaires des Dieux. Confronté à sa Némésis, Seth (en mode gangster), il va s’acharner à trouver des solutions aux divinités capricieuses, afin de ne pas finir rôti par un coup de foudre sacrée.

J’ai bien aimé ce premier tome, constitué de petites historiettes sans lien direct. J’ai apprécié de suivre les aventures (et surtout mésaventures, faut être honnête) de Lasser qui fait un peu office de James Bond inversé ( ce séducteur dans l’âme est un peu le pigeon de ces demoiselles…).

J’ai particulièrement apprécié comment les auteurs ont incorporé les Dieux dans notre monde, sans céder aux stéréotypes. Nous ne sommes pas dans l’Antiquité mais au beau milieu des années 30. C’est une riche idée d’avoir su mélanger les Dieux d’Égypte aux pétarades des automobiles. Les deux univers s’imbriquent très bien. C’est assez drôle. On voit en filigrane les relations entre les Dieux de différents pays. A chaque cosmologie son pré carré !

Je n’ai pas non plus été totalement emballée par le livre car le côté historiettes, avec plusieurs petites enquêtes, ne permet pas de plonger dans une intrigue très poussée. Néanmoins, ça se lit très bien, c’est agréable, drôle. Il parait que les tomes suivants proposent des enquêtes plus profondes, et ressemblent plus à des romans qu’à une succession de nouvelles dans le même univers. à lire donc !


Je suis ton ombre de Morgane Caussarieu (et mon incompréhension sur le phénomène Twilight)

Des vampires dans le bayou

je suis ton ombre

L’intrigue se passe en Louisiane, dans le bayou

Les vampires et moi, on est pas souvent copains. A part Buffy contre les vampires de Joss Whedon que je suivais quand j’étais ado, et Darren Shan L’assistant du vampire, une série de bouquins qui était pas mal foutue, je n’ai jamais trop accroché aux buveurs de sang.

Ensuite, j’ai entendu parler de Twilight de Stéphenie Meyer, et bizarrement, ça ne m’a pas donné envie de revenir vers ces créatures à longues canines. (J’y reviendrais)

Mais voilà, les écrits de Morgane Caussarieu me tentaient. J’ai snobé Dans les veines (que je lirai un jour) qui apparemment est un roman contre Twilight, dont le leitmotiv est « les gentils vampires ça n’existe pas », pour sauter directement sur son deuxième ouvrage, Je suis ton ombre. Apparemment, il se concentre sur un personnage de Dans les veines, mais le fait de ne pas avoir lu le premier opus ne m’a pas gênée.

Venons en aux faits.

L’histoire est constituée de deux récits. Le premier se focalise sur la vie d’un gamin de 12 ans, Poil de Carotte, en plein coeur des Landes, en France. Il a perdu son frère et sa mère dans des circonstances que l’on découvrira au fur et à mesure. Mal dans sa peau, il traîne avec David, son meilleur ami, plutôt par défaut. Harcelé par une bande de caïds à l’école, il aimerait rejoindre leur rang. Lors d’une balade en forêt, il tombe sur une étrange maison abandonnée (on dit que des vampires y auraient vécu…). En fouillant, il découvre un carnet, qu’il emporte chez lui. Un esprit va alors le hanter…

Ce petit cahier, rédigé au XVIIIe siècle, contient le second récit. On suit les aventures de deux frères jumeaux dans le bayou, en Louisiane. Le contexte est bien retracé et l’auteure nous entraîne dans ces paysages marécageux, à une époque où l’esclavage fait partie de l’organisation sociale normale.

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Les insulaires de Christopher Priest

Un guide de voyage dans un monde imaginaire

insulaire

J’avais envie depuis longtemps de m’atteler à la lecture de Christopher Priest. Je voulais plonger dans son Monde inverti, mais le choix des possibles sur les étagères de la librairie m’a entraîné sur les routes d’un autre univers : L’Archipel du rêve.

Dans ce roman, – devrais-je dire ce guide de voyage ? – Christopher Priest nous fait visiter son monde. Chaque chapitre est consacré à une île, décrivant les coins emblématiques à ne pas manquer, les spécificités culturelles, quelques événements historiques et des anecdotes sur des personnages emblématiques. Comme un réel guide de voyage, les Insulaires nous conseille sur les destinations selon nos goûts, et nous informe sur les curiosités locales qui pourraient nous intéresser.

Sauf que ce monde n’existe pas et que ces informations ne nous sont donc d’aucune utilité. Alors, en filigrane, une histoire se développe. Sur quelques îles, le texte s’égare hors des sentiers battus pour relater un témoignage, un fait divers, un document historique… Et de pages en pages, d’île en île, on s’aperçoit qu’il y a une intrigue derrière ce catalogue en apparence destiné à nous aider à bien organiser notre séjour.

Le mystère s’épaissit et c’est bien la première fois que j’ai l’impression de lire un polar dans un guide de voyage !

Ce roman se lit très bien et vaut vraiment le détour !


Les adaptations d’A la croisée des mondes de Philip Pullman

Avant toute chose, fut le cri.

A LA CROISEE DES MONDES VA ETRE ADAPTEE PAR LA BBC !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Voilà, ça, c’est un peu mon état depuis hier, quand j’ai vu l’info passer. L’instant fan girl écoulé, je vais essayer d’être plus posée.

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A la croisée des Mondes (His dark material) de Philip Pullman est mon roman jeunesse préféré avec Harry Potter de JK Rowling et le Passeur de Lois Lowry. Je l’ai lu une première fois à 11-12 ans, et je me souviens avoir été transportée par cette aventure, avoir aimé Lyra (moi qui d’habitude tient en horreur les menteuses),  avoir tremblé avec elle et Pantalaimon, avoir voulu aider Iorek, sauver Roger, avoir détesté viscéralement Madame Coulter… J’avais enchaîné avec les tomes 2 et 3 sans retrouver le goût particulier du premier tome, mais j’avais apprécié toute la trilogie. Néanmoins, j’étais passée à côté des réflexions distillées par Philip Pullman (j’ai lu un jour une interview où il disait qu’un enfant de 12 ans pouvait comprendre les implications de l’histoire. Désolée Philip, j’ai eu quelques années de retard). J’ai relu le livre à 15 ans et enfin j’ai perçu le volet critique sur l’Eglise, et commencé à cerner la partie sur Dieu (la grande imposture !).

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La Horde du Contrevent d’Alain Damasio

Le cosmos est mon campement !

 

Depuis deux semaines, j’avance à petits pas dans un monde sculpté par les vents. Les paysages sont balayés de bourrasques qui soufflent toujours dans le même sens, de l’Extrême-Amont, jusqu’à l’Extrême-Aval. Les abrités vivent en se protégeant tant bien que mal des tempêtes. Les villes sont semées d’éoliennes. Les chercheurs de trésors sont des airpailleurs. Les scribes notent les courants aériens comme des partitions. Le vent, dans le monde d’Alain Damasio, façonne tout : des paysages aux organisations sociales, aux professions… La majorité des habitants de cet univers ébouriffant se gardent bien d’affronter les rafales. Quand ils ne résident pas dans les villes, ils sillonnent le monde à bord d’engins volants, surfant sur les brises. Sauf une caste : La Horde. Elle, cherche du sens et remonte laborieusement le courant, pour atteindre l’origine du vent. Une quête initiatique, presque métaphysique qui m’a totalement conquise.

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Demain le monde, de Jean-Pierre Andrevon

demain le monde

Jean-Pierre Andrevon a une forte conscience écologiste et ça se sent. Les dérèglements climatiques,  les catastrophes environnementales, habitent ses nouvelles à l’ambiance volontiers post-apocalyptique, ou apocalyptique, tout dépend. Son autre thème de prédilection est le paradoxe temporel.

Voilà les ingrédients principaux qui forment les structures de ses textes, dans ce recueil. Là-dessus, Andrevon pose sa plume, rythmée, imagée, et celle-ci nous embarque dans des atmosphères foisonnantes, des ambiances que j’ai beaucoup appréciées.

Ce serait trop long de parler de toutes les nouvelles. Je vais vous toucher deux mots de quelques unes.

Ma préférée :

Sans conteste : Rien qu’un peu de cendre et une ombre portée sur un mur. On voit grandir une petite fille, dotée d’un pouvoir étrange. Inconsciente de son talent, elle en use de façon spontanée, faisant disparaître ce qui l’importune. Mais son don la dépasse.

Ce texte est une perle. J’ai plongé dedans, et j’en suis ressortie triste et émerveillée. C’est une beauté. En voici un extrait pour vous montrer la qualité de l’écriture :

 » Autour c’est la campagne, c’est dimanche. C’est l’été finissant, le soleil, les vacances tardives. Des mouches bourdonnent, petits morceaux de charbon diapré brûlant dans l’air. »

 

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Les étoiles s’en balancent de Laurent Whale

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Ce roman démarrait super bien. Le postulat est intéressant. Nous sommes en pleine Seine et Marne (et comme je suis originaire d’un département voisin : le Val de Marne, ça me causait particulièrement) mais dans un monde apocalyptique. Le pays est divisé en sortes de cités-Etats, entourées de barbelés, de miradors, gardées par des molosses bien armés. La nourriture manque et la viande la plus courue est le chien errant.

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Otages intimes de Jeanne Benameur

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Petit nouveau de la rentrée littéraire, Otages intimes de Jeanne Benameur parle du retour en France d’un photographe de guerre, après avoir vécu une prise d’otages. Il retrouve sa mère et ses amis d’enfance, dans un petit village. Le roman évoque peu son expérience traumatisante, pour se focaliser sur l’après, le retour au quotidien. Jeanne Benameur ne développe pas de thèmes géopolitiques, elle laisse de côté le terrorisme. Elle se concentre exclusivement sur l’humain et le ressenti.

Même l’enlèvement est traité sous ce prisme. On assiste à une scène très bien décrite où ce qui importe est l’image fugace d’une famille, qui happe l’oeil du protagoniste et semble arrêter le temps.

Il y a des séquences extraordinaires, comme celle d’une soirée mêlant vin et violoncelle.

On m’avait conseillé Jeanne Benameur pour son écriture et je ne regrette pas. Elle a une très belle plume, ciselée. Le thème de son ouvrage n’est pas le traumatisme de guerre. Elle explore l’idée qu’on a tous une part d’otage en nous.

Je n’en dis pas plus. Ce livre est un bijou. Il se découvre de page en page, de lettre en lettre. Inutile de disserter dessus. L’écriture est belle, fluide, intimiste. Elle pioche des sentiments au fond de nous.

 


Profession du père de Sorj Chalandon

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Résumé :

 Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet.

Je profite que Sorj Chalandon ait sorti un nouveau livre lors de la rentrée littéraire pour vous parler de ce dernier ouvrage, certes, mais aussi de tout ce que j’ai lu de lui, jusque là. Car je m’avise que je n’ai jamais vraiment parlé de cet auteur ici. Or j’ai lu Mon traitre, et plus récemment : Retour à Killybegs, Le Quatrième mur et La légende de nos pères, qui m’ont tous emballée.

Mais commençons par parler de Profession du père. Je l’ai dévoré ce week-end en deux-deux (car je voulais l’envoyer par la Poste à une cousine) (oui ce n’est pas bien de lire les livres que l’on offre).

Dans ce dernier livre, le narrateur est un jeune garçon. Son père semble au premier abord quelqu’un d’exceptionnel. Il a été judoka, parachutiste, proche de De Gaulle. Oui, ça paraît un peu gros. Très rapidement, on comprend que ce paternel est surtout mythomane. Comme souvent chez Chalandon, au fond de l’intrigue, il y a une guerre. Après la guerre civile irlandaise (Mon traitre, Retour à Killybegs) , libanaise (Le Quatrième mur) et la Seconde guerre mondiale (La légende de nos pères), Profession du père parle de la guerre d’Algérie. Le père n’accepte pas l’indépendance de l’Algérie, il soutient l’OAS et entraîne son fils dans son délire.

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