Archives de Catégorie: Mangas/Animes/BDs

Life (drama), Vitamine (manga) ou le harcèlement scolaire en images

J’ai un peu laissé hiverner mon blog depuis novembre. Ce n’est pas faute d’avoir des choses à raconter. Je voulais vous parler des Insulaires de Christopher Priest (<3), de Nox d’Yves Grevet, du film Mustang de Deniz Gamze Ergüven, de La Face cachée de Margot de John Green et j’en passe et des meilleures.

Comme d’habitude, j’ai eu la flemme et il a fallu que j’attende de tomber sur un sujet qui me secoue, me remue, pour me décider à revenir dans le coin !

Life

life_41

Ce sujet, c’est le drama Life, adapté du manga de Keiko Suenobu. C’est ensuite le manga Vitamine du même auteur. Et enfin le harcèlement scolaire en général.

Lire la suite

Publicités

Les adaptations d’A la croisée des mondes de Philip Pullman

Avant toute chose, fut le cri.

A LA CROISEE DES MONDES VA ETRE ADAPTEE PAR LA BBC !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Voilà, ça, c’est un peu mon état depuis hier, quand j’ai vu l’info passer. L’instant fan girl écoulé, je vais essayer d’être plus posée.

a-la-croisc3a9e-des-mondes

A la croisée des Mondes (His dark material) de Philip Pullman est mon roman jeunesse préféré avec Harry Potter de JK Rowling et le Passeur de Lois Lowry. Je l’ai lu une première fois à 11-12 ans, et je me souviens avoir été transportée par cette aventure, avoir aimé Lyra (moi qui d’habitude tient en horreur les menteuses),  avoir tremblé avec elle et Pantalaimon, avoir voulu aider Iorek, sauver Roger, avoir détesté viscéralement Madame Coulter… J’avais enchaîné avec les tomes 2 et 3 sans retrouver le goût particulier du premier tome, mais j’avais apprécié toute la trilogie. Néanmoins, j’étais passée à côté des réflexions distillées par Philip Pullman (j’ai lu un jour une interview où il disait qu’un enfant de 12 ans pouvait comprendre les implications de l’histoire. Désolée Philip, j’ai eu quelques années de retard). J’ai relu le livre à 15 ans et enfin j’ai perçu le volet critique sur l’Eglise, et commencé à cerner la partie sur Dieu (la grande imposture !).

Lire la suite


Pas mon genre de Yatuu

IMG_9105

Depuis quelques années, je suis avec grand plaisir le blog de Yatuu. Je n’avais toujours pas acheté ses BDs mais quand j’ai vu qu’elle en sortait une sur les stéréotypes de genre : j’ai foncé.

J’ai harcelé deux librairies avant de la trouver. Puis, impatiente, j’ai lu les trois quarts de la BD en rentrant à pied à l’appart’. Je crois que les passants qui m’ont croisée ont dû me trouver bizarre. Je me marrais toute seule en les évitant au dernier moment. Pour une fois, je n’ai pas rencontré physiquement de poteau. Je ne me suis pas non plus gauffrée sur un trottoir. J’estime donc que je fais des progrès remarquables dans l’activité de lire en marchant.

Lire la suite


Une saison en Egypte de Claire Fauvel

Voyage dans l’Egypte du XIXe

une saison en egypte

Envie d’Orient ? Si comme Sacha, le héros de cette BD, vous trouvez qu’un voyage en Egypte égayerait votre train-train trop monotone, embarquez avec lui pour le Caire !

Cette bande dessinée nous emporte au pays des pyramides, à une époque où le tourisme balbutiait. On est en plein XIXe, quand les peintres de l’Occident comme Delacroix venaient chercher l’inspiration dans les couleurs et les saveurs de l’Orient.

Lire la suite


Princess Princess !

princess

Juste un post pour partager un petit coup de coeur pour une BD sur Internet. Princess Princess est un conte, qui reprend des thèmes à l’ancienne : prince, princesse, ogre, dragon, méchante dame tyrannique… Mais qui revisite le sujet pour le dépouiller de ses clichés et présenter une histoire sans sexisme, sans racisme, qui interroge sur le genre, et montre une princesse aux proportions normales, une autre noire et aux allures masculines, un jeune homme qui n’aime pas trop la baston…

Et même si le système politique est pas hyper égalitaire (royauté), on sent dans l’histoire un penchant pour une monarchie éclairée, plus démocratique avec une monarque qui ne gouverne pas seule et unilatéralement.

Bref, c’est dans la lignée de l’évolution des dessins animés mais ça va encore plus loin. C’est vraiment chouette. La BD fait 40 pages, elle se lit très vite. Voici le lien :

http://strangelykatie.com/princessprincess/

Dans le genre revisiter les contes, Boulet avait aussi réalisé une belle histoire : http://www.bouletcorp.com/2014/09/05/maudit-royaume/

J’en profite pour évoquer une BD que j’ai lu cette année : Princesse aime Princesse de Lisa Mandel.

Un conte moderne, dans notre monde, qui nous parle également d’une princesse qui en sauve une autre, par amour. C’est mignon comme tout et à mourir de rire. Il y a beaucoup de bons gags, ça part dans du n’importe quoi. Bref, un très bon souvenir de lecture.

La couverture :

A57298

Un extrait :photo


Bibendum Céleste, de Nicolas de Crécy

2483_722043

J’avais bien aimé Période Glaciaire de Nicolas de Crécy, alors j’ai poursuivi avec Bibendum Céleste. Je ne saurais pas trop expliquer l’histoire. On suit une sorte de phoque niais, éduqué afin de devenir le Prix Nobel de l’Amour.

C’est complètement barré, mais c’est un régal. Premier bon point : les graphismes. Les planches sont vivantes, pleines de mouvements. C’est très coloré, très dynamique et original. L’univers est onirique. On traverse New York comme on ne l’a jamais vu !

Par moments, l’aspect fouillis et l’histoire tarabiscotée m’ont un peu lassée ( surtout dans le premier tiers de la BD en fait, quand je n’avais pas encore totalement accroché). Puis, je me suis prise au jeu. L’auteur a des pointes d’humour qui m’ont tordue de rire. On croise le diable qui essaye de se faire respecter de ses sous-fifres (plus occupés à lâcher des pets enflammés…). Son existence n’étant pas scientifiquement prouvée (selon ses propres dires), il affirme ne pas pouvoir s’attaquer directement à la réalité. Mais il assure que le reste lui suffit ! Et de fait, il ne manque pas d’idées.

Nicolas de Crécy a de très bons mots comme (approximativement)  » L’homme a découvert le langage et a pu exprimer la mort. Cela lui a fait peur, alors il a inventé les divinités. »

A travers ses délires loufoques, il dessine une forme de satire de notre monde. Il évoque notamment « l’amour et ses produits dérivés », une formule que j’ai trouvé excellente. Au détour des planches, il lâche plein de petites perles qui m’ont enchantée.

Comme   » C’est facile de créer des mythes. Il suffit de s’allier à une grande puissance et de prétendre que l’on agit contre. »

Bref, derrière ses apparences de grands n’importe quoi, la BD de Nicolas de Crécy jongle avec la réalité.


BD : deux enquêtes dans le passé

J’ai lu pas mal de BD ces derniers temps (notamment parce que j’ai fait une véritable razzia à la médiathèque) et j’ai bien envie de les faire partager avec quelques chroniques. Mais quand je n’ai lu que le premier tome, je trouve difficile de parler d’une série. Je vous fais donc un billet pour introduire deux BD, dont je n’ai lu que le premier volume, et qui au final ont un point commun : ce sont des enquêtes dans le passé.

Notre mère la guerre de Maël et Kris

notre-mere-la-guerre

Première guerre mondiale, les soldats vont au front. Mais alors que les combats font rage, une jeune femme, serveuse dans un troquet, meurt assassinée. L’enquête est bâclée et un soldat avec qui elle avait eu une violente altercation est exécuté. Problème : un autre meurtre succède au premier. Un gendarme est donc dépêché pour mener une investigation. Mais alors que la mort injustifiée de leur camarade châtié à tort pèse sur le moral des soldats, sa tâche n’est pas aisée.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome, emprunté grâce à un commentaire de Mokamilla. Les graphismes sont très beaux, comme pour Les Revenants, de Maël, le même dessinateur.

L’intrigue est un prétexte pour montrer d’autres aspects de la guerre : la camaraderie entre les soldats, les dissensions, les soldats qui font leur beurre avec des petits larcins à droit à gauche. L’histoire m’a tout de suite accrochée et je n’ai qu’une envie : suivre la suite de l’enquête.

Lire la suite


Oklahoma Boy de Thomas Gilbert

Dans la tête d’un fou de Dieu perturbé

oklahoma-boy

Voilà une des BD les plus glauques que j’ai jamais lue. Si vous cherchez un petit ouvrage comique ou pour vous détendre, passez votre chemin. Si les univers bizarres vous séduisent et si les puritains américains vous donnent de l’urticaire et vous intéressent,  cet ouvrage est pour vous.

On suit la vie d’un jeune garçon, Oklahoma boy, élevé par son père, un pasteur complètement obnubilé par sa religion. Oklahoma grandit bercé par les paradoxes d’une vision du monde et de dogmes impossibles, qui lui pèsent lourdement sur le cerveau. Dès les premières planches, les traits déformés, les yeux limite injectés de sang donnent le ton. Un grain de folie perverse anime cette famille. D’ailleurs à l’école, Oklahoma a bien du mal à s’intégrer. Il s’insurge quand l’institutrice évoque une idée réprouvée par son église. Et comble de l’absurde, son père lui donne raison devant l’enseignante.

Puis vient la Première guerre mondiale et le traumatisme qui l’accompagne. Oklahoma est un gamin perdu que l’on voit évoluer de l’enfance à l’âge adulte, balloté entre les paradoxes, les contradictions,  les idéaux et les hypocrisies. Il pète des câbles assez effrayants et c’est assez sanglant. Une BD à ne pas mettre entre toutes les mains, mais bien faite et marquante. Pour ceux qui aiment les délires hallucinés, les graphismes psychédéliques, sur fond de réflexion critique sur la société.

Le blog de l’auteur


Période Glaciaire de Nicolas de Crécy

Le futur regarde le passé par le petit bout de la lorgnette !

17508_1007395

Alors là, graphiquement, je n’ai qu’une chose à dire : ❤ ❤

Couleurs chaudes, ou froides, mais des nappes de teintes qui vous embarquent dans l’ambiance et les aventures des personnages, des traits mouvants … J’ai tout de suite flashé sur les dessins.

Restait à se faire convaincre par le scénario et c’est réussi. C’est le futur et notre monde est enseveli sous la glace. Une expédition est lancée pour découvrir les mystères de notre civilisation perdue. Historiens, archéologues, et un drôle spécimen entre le chien et le cochon (un ventre sur pattes qui parle et drague la chercheuse en charge de l’équipée ), sont lancés sur notre piste, déterminés à réaliser de grandes découvertes. Certains aimeraient bien voir ainsi leurs noms entrer dans l’histoire.

Après une longue errance, ils tombent sur un vestige merveilleux : le musée du Louvre. Mais comme ils ne savent pas ce dont il s’agit, ils énoncent toutes sortes d’hypothèses, logiques du point de vue de leur éducation et de leur vision du monde, complètement absurdes pour nous ! C’est ce que j’ai aimé dans cette Bd, le fait de voir notre monde par le biais d’un prisme un peu déformant et un peu capillotracté.

planche_periode_glaciaire


« I do not have an eating disorder » de Khale McHurst

Juste un petit mot pour vous parler d’une BD publiée sur Internet sur l’anorexie. Je suis tombée dessus un peu par hasard, en furetant sur ce blog, et j’ai été scotchée. J’ai passé ma soirée à me faire les 144 pages actuellement publiées. Je dis actuellement, car il s’agit en fait d’un tumblr. Régulièrement, l’auteur publie une page de sa bande dessinée. Tout se suit, mais chaque page à sa logique et peut presque se lire indépendamment. Voici le lien pour la lire.

« I do not have an eating disorder » , sur le tumblr « Just be honest for now », raconte le parcours de l’auteur dans son combat contre l’anorexie. C’est rondement mené, sans tomber dans le « pauvreeee de moiiii », ni l’apologie de soi. Elle raconte simplement son parcours : de ce qu’elle croyait n’être qu’une petite bizarrerie alimentaire, à sa prise de conscience, jusqu’au plus dur : la lutte. C’est un témoignage touchant, bien réalisé, et qui montre l’ampleur de cette maladie, bien plus complexe qu’un simple désir de ressembler à une image de fille parfaite. Elle montre les vicissitudes de l’anorexie, comment la maladie trompe la personne atteinte, se cache et la tourmente.

Découverte faite grâce à cet article.

Une petite Bd sans prétentions, bien réalisée, utile à ceux qui s’intéressent au sujet, et avec des graphs manga esthétiques comme je les aime.