Archives de Catégorie: Opinions

Petite réflexion sur  » Respecter tout être vivant est-il un devoir moral »

Photo de Straightpunkpoet. Lien : http://www.deviantart.com/art/Cozy-Cow-32804018

Photo de Straightpunkpoet. Lien : http://www.deviantart.com/art/Cozy-Cow-32804018

Le sujet du Bac de philo cette année a éveillé l’intérêt de la communauté végé/végan. Respecter tout être vivant est-il un devoir moral ? Voilà qui, si la réponse était « oui » (mais en philo, la réponse n’est jamais « oui », on joue souvent à « ni oui ni non ») donnerait un bel argument au végétarisme/véganisme, à la cause animale, qui soutient que tuer un être sensible pour un plaisir gustatif est au moins égoïste, sinon barbare.

Végétarienne depuis un an, j’ai moi aussi attendu avec excitation le corrigé (qui n’est qu’une réponse possible parmi d’autres bien sûr). J’ai lu celui publié sur philo mag, je l’ai trouvé intéressant, mais j’aimerais juste ajouter mon grain de sel car je trouve qu’il manque un élément.

Voici ici le lien : http://www.philomag.com/bac-philo/copies-de-reves/respecter-tout-etre-vivant-est-ce-un-devoir-moral-11685

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(Brève) Masculinisme ou le What da fuck du jour

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Je viens ici partager un article (horrible) qui vient de manquer de me faire m’étrangler (avec mon dessert)

http://alphagameplan.blogspot.co.uk/2015/03/omega-rage.html

Alors en résumé, pour ce gentil blogueur : bien sûr le co-pilote de l’avion qui s’est crashé est responsable, hein, il est pas question de rejeter la responsabilité sur quelqu’un d’autre, hein, mais quand même le pauvre quoi… c’est un peu de la faute des filles aussi (il emploie le dénominatif « salope »). Bah oui si elles étaient moins « picky » (difficiles), il aurait pas autant souffert et ça lui serait jamais venu à l’idée de commettre un tel acte. Ha si seulement il n’y avait pas de féministes le monde s’en porterait mieux ! ( C’est (pardon : « ce n’est pas impossible que ce soit ») une cause indirecte du féminisme, blabla, blabla)

Citation incriminée

Now, obviously no one else was responsible for Lubritch’s actions if it indeed was Omega rage at work. He alone bears the blame. But it is somewhat haunting to think about how many lives might be saved each year if the sluts of the world were just a little less picky and a little more equitable in their distribution of blowjobs. As a 28 year-old airline pilot, Lubritch would likely have been married in a more traditionally structured society. It’s not impossible that the Germanwings deaths represent more of the indirect costs of feminism.

ça me fait mal de faire de la pub à un type pareil, mais bon c’est tellement GROS oO


Le voile à l’école

 

Parce que Steve McCurry est juste un Dieu vivant, allez voir son blog <3 http://stevemccurry.com/blog

Parce que Steve McCurry est juste un Dieu vivant, allez voir son blog

Blog de  l’ineffable auteur de la photo : http://stevemccurry.com/blog

Quand le sujet du voile à l’école s’incruste dans une conversation, je suis toujours confrontée au même problème. Je me retrouve poussée dans le rang des anti laïcs et anti féministes. Je suis pourtant attachée à la laïcité, je me considère féministe, et je suis athée.

Toutefois, je suis pour l’autorisation du voile à l’école.

1 – parce que je pense qu’une fille qui porte le voile( je pense au foulard, pas à la burka ou au niqab) n’est pas nécessairement forcée par sa famille. Je suis même persuadée qu’elle peut être féministe et simplement vouloir montrer sa culture, face à l’islamophobie ambiante.

2 – Parce que dans le cas où la jeune fille est forcée par sa famille, l’effet de la loi est simplement de l’exclure et de la condamner à ne pas pouvoir profiter de l’école publique. Elle risque d’être envoyée dans une école privée coranique, cloitrée à la maison parce que les espaces publiques français ne veulent pas d’elle, que sais-je encore. C’est donc contreproductif.

On m’assène toujours :  » C’est de l’oppression contre les femmes ! »

Mon premier argument est toujours de dire : « je connais des filles voilées qui sont féministes »

De fait, j’en connaissais deux au lycée. Une qui était une amie d’une amie. Une autre qui était hyper intelligente, qui déchirait tout en philo et que j’admirais beaucoup.

Breeeeef, tout ça pour dire, ce ne sont pas vraiment des amies, mais des connaissances du passé.

Du coup, vu que je ne les fréquente plus, ça doit sonner un peu bancal car je me prends invariablement la même réponse.  » On ne peut pas être voilée et féministe » ou  » j’en doute fort ».

Mes « bah si…. », mes exemples, ma mention des foulards coquets avec pleins de motifs colorés, se diluent devant un mur de scepticisme déconcertant. Et je ne suis pas assez calée pour débattre, en tout cas j’arrive jamais à convaincre quiconque puisque le mur de scepticisme me fait des gros yeux qui savent tout et qui grognent « tais-toi-tu-sais-pas ».

Alors voilà, merci, MERCI, le monde diplo qui explique point par point, de façon documentée, claire et logique, la pensée que j’essaye généralement d’exprimer.

Le lien vers l’article est ici et j’en conseille vivement la lecture ! ❤

http://www.monde-diplomatique.fr/2004/02/TEVANIAN/10890

Pour finir, j’aimerais parler d’une expérience en Angleterre. J’ai été assistante de français dans un lycée public et catho (le hasard, j’ai pas choisi). J’avais des élèves de toutes les religions, dont une fille voilée. Autant vous dire qu’elle semblait libre de ses pensées, qu’elle était ouverte et très intelligente. D’ailleurs, elle le savait et en profitait pour ne pas trop bosser.  x)

J’ai été surprise par la laïcité dans ce lycée, vécue totalement différemment qu’en France. Les symboles religieux étaient autorisés et coexistaient. C’était beaucoup moins rigide qu’ici, et les élèves semblaient accoutumés  aux symboles religieux de chacun. Je n’ai pas senti de tensions. (Mais je n’étais peut être pas assez proche pour m’en apercevoir)

(ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de racisme et d’islamophobie dans le pays… Ma colloc galloise avait des préjugés à faire pleurer, contre les pakistanais :()

Voilà, encore merci le Monde diplo ❤


Prostitution : J’ai bien réfléchi, et j’ai désormais une opinion

Il n’y a pas un féminisme. Il y en a plusieurs. Et donc dans chaque mouvement, les avis divergent selon les sujets. La prostitution fait partie de ceux qui ne font pas l’unanimité.

Féministe moi-même, sans trop savoir de quel mouvement je suis proche, je me suis longtemps interrogée sur la prostitution. Faut-il l’abolir ? Faut-il pénaliser le client ?

Honnêtement, mon premier réflexe, purement émotionnel est :  » OUIIIII ! Il faut abolir et pénaliser le client qui entretient ce système ! »

Mais bon, je ne pouvais pas définir ma position clairement. A vouloir abolir la prostitution, on est souvent vue comme une bien-pensante-coincée-élitiste. Et puis, plusieurs faits me faisaient réfléchir et faisaient pencher la balance dans différentes directions. Voici comment j’ai fait ma propre opinion.

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De la stupidité de la classification shonen/shojo

 

Trefle de CLAMP et Bleach de Tite Kubo

Si vous flânez dans une librairie, vous constaterez que les mangas ne suivent pas une classification ordinaire. Ne vous attendez par à les trouver catégorisés en romance/ fantastique/ historique/ aventure / humour. Au lieu de ça vous trouverez plutôt des mots comme « shonen », « shojo » « seinen » (il en existe d’autres comme « hentaï » pour le contenu pornographique, mais je m’arrête aux plus fréquents). Le manga est une œuvre culturelle certes, mais dès le début elle a été conçue comme commerciale. On les départage donc par le public qu’ils ciblent. Ainsi « shojo » signifie en japonais « jeunes filles », « shonen » jeunes garçons et « seinen » jeunes adultes. Alors voilà où le bat blesse. Classer par âges, pourquoi pas. Mais par sexes? Alors aux filles les historiettes romantiques et les triangles amoureux et laissons aux mâles les récits d’aventures et les combats… Je suis une fille et pourtant je lis plus de shonens que de shojos (même si j’ai tendance à estimer que le shonen basique ne vaut pas mieux que le shojo basique mais bon je ferais un billet d’humeur sur les shojos et shonens basiques plus tard peut-être).

Ces catégorisations ne sont pas un gros problème sachant que beaucoup de filles se tournent plus vers le shonen et que certains garçons lisent aussi des shojos. Mais au niveau des associations d’idées, je trouve ça franchement douteux. La plupart des shojos sont des histoires d’amour qui commencent avec beaucoup d’humour mais évoluent mal, en niaiseries. Quant au shonen, c’est souvent un adolescent qui se bat pour ses amis. Bien sûr, je décris le stéréotype, beaucoup de mangas échappent à ce schéma trop simpliste. Enfin moi quand je vois ça, je me demande quand on va arrêter d’offrir des légos aux garçons et des poupées voire le kit de la parfaite petite cuisinière aux filles. Parce que je trouve ça quand même plus intéressant de construire des avions et des vaisseaux spatiaux que de coiffer une barbie. D’ailleurs, j’ai du temps perdu à rattraper je file m’acheter des légos x).

Et pour ceux qui n’ont pas vu le documentaire La domination masculine de Patric Jean, foncez, le passage dans le magasin de jouets est juste à s’étouffer de rire.


Pourquoi une fille ne sait-elle pas tenir une épée?

Ou : Pour ne pas hurler au meurtre quand on est féministe et que l’on lit de la fantasy, faut-il lire exclusivement des romans écrits par des femmes?


On ne compte plus les romans de Fantasy où le groupe d’aventuriers courageux prêts à affronter tous les périls est exclusivement constitué…d’hommes. La Communauté de L’Anneau de Tolkien n’a pas un seul élément féminin. Dans le Seigneur des Anneaux, la femme de Sam reste à la maison. Certes, Eowyn sort une jolie réplique en trucidant un nazgul mais bon, c’est anecdotique comparé aux prouesses d’Aragorn, Frodon et sa clique. Et puis, le danger passé, Mademoiselle retournera à son château. Pas de traversée fantastique au devant des flots pour elle. Les femmes sont même un frein à l’aventure : Sam renonce à ses rêves pour une gentille vie de famille dans son village. Quant aux princesses dans «Les princes d’Ambres » de Roger Zelzany, elles n’aspirent pas au trône et laissent d’office les combats pour le pouvoir à leurs frères. D’ailleurs la seule femme dotée d’un tant soit peu de force et d’un joli talent d’escrimeuse est en fait un affreux démon (Dora).

On retrouve ce manque d’ambition dans la plupart des romans où l’héroïne ne vise qu’à aider le héro à triompher. Les Chroniques d’Alvin le Faiseur d’Orson Scott Card, nous présentent une Peguy avec une belle force de caractère. Elle part se construire seule loin de chez elle pour acquérir de nouvelles compétences. Mais on apprend très vite que son seul but est d’assister le personnage principal. Certes dans la plupart des romans les femmes aussi sont fortes et intelligentes (parfois ce sont de véritables cruches mais ne parlons pas des navets) mais elles mettent ces qualités au service de l’ « amour », tandis que l’homme doté de plus de grandeur, les met au service d’un idéal (sauver le monde, sauver sa peau, monter sur le trône, asservir un peuple, secourir un peuple, devenir riche, être reconnu par ses pairs et passer du statut de pouilleux à celui de guerrier et j’en passe et des pas meilleures). Parfois, lui aussi utilise ses dons pour secourir son aimée. Mais là, le plus souvent, la fille est une splendide potiche (schéma typique : Link et Zelda ou bien les chevaliers du Zodiaques et la princesse Athéna).

Autre cas de figure non moins irritant : la femme forte et le bénêt. Le bénêt devenant le plus fort pour sauver sa belle. Prenons un manga pour exemple cette fois-ci : Kekkaishi (je m’arrête bien vite sur les mangas car sinon j’en ai pour la journée tant il y en a) où Yoshimori s’entraîne pour être capable de rembourser sa dette à Tokine. Et puis citons un livre aussi pour bien montrer que c’est presque universel : Druss la légende de David Gemmel. Regnak, le lâche, change radicalement dès qu’il rencontre Virae, la féroce guerrière, et elle prend tout de suite la seconde place. Oui, chez Gemmel comme chez beaucoup d’autres, les femmes sont fortes : elles ont de très beaux seconds rôles.

En fait, ces schémas sont profondément ancrés dans les modes de pensées des auteurs. Souvent, quand une caste féminine maîtrise un pouvoir particulier, on nous explique que les hommes en sont exclus car lorsqu’ils utilisent le même genre de compétences, ils deviennent trop puissants pour leur propre bien et celui de leur entourage. C’est le cas des Inquisiteurs dans L’épée de Vérité de Terry Goodkind et des Claymores dans le manga de Norihiro Yagi (Zut encore un manga).
Parfois, il y a de quoi rentrer chez soi et faire son tricot, euh… je veux dire : tresser une corde pour se pendre.

 

Une bibliothèque féministe
Ou alors on peut faire de la « discrimination positive » et ne lire plus que des romans écrits par des femmes. Je souhaite la bienvenue dans ma bibliothèque à Robin Hobb ou encore Irène Radford. Dans les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb nous montre une Althéa solide qui fait passer son idéal avant le bon et merveilleux Brashen qui pour le coup se retrouve assistant dans la quête de sa belle. Quant à Irène Radford, dans les Descendants de Merlin, elle présente une Wren qui elle aussi, agit avant tout pour ses convictions.

Ce serait de la mauvaise foi que de dire que les auteurs masculins sont tous des machos qui donnent des seconds rôles à leurs protagonistes féminines. De fait, ils ont plus tendance à décrire un héro de leur sexe, tout comme j’aurais plus tendance, si j’écrivais un roman, à choisir une héroïne. Mais en règle générale, -est-ce parce que les premiers romans de Fantasy ont été écrits par des hommes quand la société était encore très patriarcale?- même les écrivaines choisissent souvent des héros masculins : Harry Potter pour JK Rowling, Fitz pour Robin Hobb dans l’Assassin Royal, les frères Elric dans le manga Full Metal Alchemist d’Hiromu Arakawa.

Parlons d’elle justement… Parfois les auteurs même féminines, et même quand elles montrent des femmes fortes comme personnages, reproduisent des schémas pas très avantageux. Dans Full Metal Alchemist, Risa Hawkaye met tout son talent au service de Roy au point qu’elle devient incompétente lorsqu’elle le croit mort (mais elle est capable de menacer la vie du dit-monsieur pour qu’il continue de se battre pour ses objectifs). Quant à Winry Rockbell, elle attend gentiment le retour d’Edward en préparant une tarte aux pommes… Izumi Curtis est balèze mais crache du sang à tout bout de champ (ce qui n’est pas terrible en situation de combat). Je reste une inconditionnelle de ce manga malgré tout. Surtout que la première adaptation en anime peut laisser penser que Hiromu Arakawa valorise trop les femmes au goût des réalisateurs de shonens. En effet, alors que dans le manga Winry part se perfectionner en mécanique chez un maître en la matière, dans l’anime elle renonce car elle doit prendre soin de sa grand-mère (quelle petite fille indigne franchement d’aller apprendre le métier de ses rêves et de laisser sa très capable grand-mère se débrouiller toute seule).

Bref, les stéréotypes ont la vie dure. Toutefois, j’ôte mon chapeau devant des Serge Brussolo (et sa Peggye Sue), des Philip Pullman (et sa Lyra ou sa Sally Lockart), et d’autres encore. Je pourrais faire pareil pour Pierre Bottero et son Ewilan mais j’aime pas ce bouquin. Heureusement, certains auteurs, même masculins, ont des héroïnes d’envergure. Donc non, pas besoin de se cantonner aux romans écrits par des auteures pour ne pas réduire sa bibliothèque en cendres/miettes/morceaux (rayez les mentions inutiles selon vos tendances destructrices). C’est peut-être surtout une question d’époque, les livres présentant des personnages féminins valeureux sont de plus en plus fréquents et les autres se font maintenant un peu vieux.