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La nuit des temps de René Barjavel

Cap sur l’Antartique.

roman publié en 1968


Région peu connue, inhabitée mis à part par quelques scientifiques de passages : c’est le terrain idéal pour un ouvrage de science-fiction. Le récit démarre avec l’arrivée d’une équipe de chercheurs. Très vite, leur sonde les informent d’une présence étrange sous la glace. En creusant, il découvrent les corps de deux êtres humains, gelés, coeurs arrêtés, mais vivants. Conservés dans le froid depuis quelques milliers d’années. Un homme et une femme, tout deux des canons de beauté. Qui réveiller le premier? Ils semblent issus d’une civilisation perdue, qui pourra en dire le plus? Lequel est le plus à même de survivre à l’opération? Finalement ils optent pour éveiller la jeune femme, prenant le risque qu’elle subisse les frais de leur inexpérience en terme de sauvetage d’êtres humains réfrigérés. Elle s’appelle Elea et c’est par son biais que l’on découvre le monde dans lequel elle a vécu et son histoire d’amour avec Paikan dans un pays en guerre.

Le conflit entre les deux grandes puissances de l’époque est le pivot de l’histoire. Tout ce construit autour de lui. Gondawa, nation pacifique, est obligée de se tourner vers les armes et la technologie militaire pour garder la face devant l’autre grande nation, Enisorai, plus belliqueuse. René Barjavel nous explique le fonctionnement de ces deux pays, notamment le premier où les couples sont attribués très jeunes par un Conseil et aboutissent à des amours passionnés comme celui d’Elea et Paikan, ou simplement paisibles et sans malheur particulier pour d’autres.

La romance entre Elea et son amant et l’amour sans réciprocité que le médecin (Wilson?) voue à la jeune femme ne m’ont pas touchée. La beauté semble en être le seul moteur, le couple est trop parfait, trop heureux, trop irréel. En revanche, René Barjavel traite à merveille les réactions du monde moderne de son récit, très sensiblement différent du notre ou alors traité avec un regard original, face à la découverte des scientifiques. Il nous livre l’interprétation des médias, des habitants lambdas, des chercheurs et des forces politiques. Ce qui transparait de ces opinions est le rejet de la guerre qui a détruit le couple Elea/Paikan. Mais malgré les belles paroles, la cupidité humaine suit son cours et les grandes puissances commencent à se chamailler pour recueillir les bénéfices des incroyables recherches menées en Antartique. René Barjavel dénonce la stupidité des conflits armés mais rappelle que la bêtise humaine rattrappe les beaux idéaux et la pacifique soif de connaissances. Beau requiem contre la guerre donc mais histoire d’amour sans charme particulier à mon avis.