Archives de Tag: environnement

Demain le monde, de Jean-Pierre Andrevon

demain le monde

Jean-Pierre Andrevon a une forte conscience écologiste et ça se sent. Les dérèglements climatiques,  les catastrophes environnementales, habitent ses nouvelles à l’ambiance volontiers post-apocalyptique, ou apocalyptique, tout dépend. Son autre thème de prédilection est le paradoxe temporel.

Voilà les ingrédients principaux qui forment les structures de ses textes, dans ce recueil. Là-dessus, Andrevon pose sa plume, rythmée, imagée, et celle-ci nous embarque dans des atmosphères foisonnantes, des ambiances que j’ai beaucoup appréciées.

Ce serait trop long de parler de toutes les nouvelles. Je vais vous toucher deux mots de quelques unes.

Ma préférée :

Sans conteste : Rien qu’un peu de cendre et une ombre portée sur un mur. On voit grandir une petite fille, dotée d’un pouvoir étrange. Inconsciente de son talent, elle en use de façon spontanée, faisant disparaître ce qui l’importune. Mais son don la dépasse.

Ce texte est une perle. J’ai plongé dedans, et j’en suis ressortie triste et émerveillée. C’est une beauté. En voici un extrait pour vous montrer la qualité de l’écriture :

 » Autour c’est la campagne, c’est dimanche. C’est l’été finissant, le soleil, les vacances tardives. Des mouches bourdonnent, petits morceaux de charbon diapré brûlant dans l’air. »

 

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Petite réflexion sur  » Respecter tout être vivant est-il un devoir moral »

Photo de Straightpunkpoet. Lien : http://www.deviantart.com/art/Cozy-Cow-32804018

Photo de Straightpunkpoet. Lien : http://www.deviantart.com/art/Cozy-Cow-32804018

Le sujet du Bac de philo cette année a éveillé l’intérêt de la communauté végé/végan. Respecter tout être vivant est-il un devoir moral ? Voilà qui, si la réponse était « oui » (mais en philo, la réponse n’est jamais « oui », on joue souvent à « ni oui ni non ») donnerait un bel argument au végétarisme/véganisme, à la cause animale, qui soutient que tuer un être sensible pour un plaisir gustatif est au moins égoïste, sinon barbare.

Végétarienne depuis un an, j’ai moi aussi attendu avec excitation le corrigé (qui n’est qu’une réponse possible parmi d’autres bien sûr). J’ai lu celui publié sur philo mag, je l’ai trouvé intéressant, mais j’aimerais juste ajouter mon grain de sel car je trouve qu’il manque un élément.

Voici ici le lien : http://www.philomag.com/bac-philo/copies-de-reves/respecter-tout-etre-vivant-est-ce-un-devoir-moral-11685

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Le Sel de la Terre, de Win Wenders et Juliano Ribeiro Salgado

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Gros coup de coeur pour ce documentaire sur Sebastiao Salgado.

J’ai découvert ce photographe incroyable à Noël dernier, en trouvant sous le sapin son livre : Genesis. Une ode à la beauté de la nature et aux gens vivants dans des  tribus dont je n’imaginais pas l’existence. Des cultures ancestrales qui perdurent, comme coupées de notre monde industrialisé.

Des photos en noir et blanc à vous couper le souffle, fascinantes.

Alors quand j’ai vu qu’un film sortait sur ce personnage, j’ai voulu aller le voir. Enfin, j’ai hésité. Car j’avais peur d’un documentaire diaporama, un peu longuet.

Erreur ! Je ne me suis pas ennuyée une seconde. Win Wenders et Juliano Ribeiro Salgado (le fils du photographe) ont filmé Sebastiao en train de travailler, récoltant ses réactions, sa parole sur son vécu.

Car du pays, l’homme en a vu. Il a parcouru les cinq continents (après des études en économie qu’il a lâché car cela ne l’intéressait pas) et témoigné du pire comme du meilleur.

Sebastiao a rendu compte des famines en Éthiopie, au Sahel, de la guerre… Il s’est rendu au Rwanda lors du génocide, recueillant des images terribles qui ont su émouvoir le monde. Sur les famines, entre autres, il nous dit que ce n’est pas lié aux catastrophes naturelles, mais bien au partage des richesses. Un message qu’il s’est attaché à faire passer, et qu’il me semble bon de rappeler.

Il a capturé des clichés bluffants dans les mines d’Amérique latine. Il prenait le temps d’observer, de discuter, de voir venir. Un travail de longue haleine qui l’a éloigné géographiquement de sa famille, mais qui a produit des photographies fabuleuses.

Et le film rend bien compte de ses états d’âmes, de l’horreur de ce qu’il a vu. De l’insupportable. Si bien que Sebastiao Salgado a opéré un revirement à un moment donné de sa carrière, quittant la photographie de guerres et de famines, pour se consacrer à une apologie de la nature, la photo de paysage : une nouvelle oeuvre, Génésis, et appelant à la préservation de l’environnement.

Franchement, allez voir cette merveille. C’est la première fois que je pleure devant un documentaire !

Autres articles :

http://www.telerama.fr/cinema/films/le-sel-de-la-terre,491850.php

 

Slate descend un peu le film montrant une lacune dans la réflexion. L’article est très intéressant : http://www.slate.fr/story/93387/salgado-wim-wenders