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Je suis ton ombre de Morgane Caussarieu (et mon incompréhension sur le phénomène Twilight)

Des vampires dans le bayou

je suis ton ombre

L’intrigue se passe en Louisiane, dans le bayou

Les vampires et moi, on est pas souvent copains. A part Buffy contre les vampires de Joss Whedon que je suivais quand j’étais ado, et Darren Shan L’assistant du vampire, une série de bouquins qui était pas mal foutue, je n’ai jamais trop accroché aux buveurs de sang.

Ensuite, j’ai entendu parler de Twilight de Stéphenie Meyer, et bizarrement, ça ne m’a pas donné envie de revenir vers ces créatures à longues canines. (J’y reviendrais)

Mais voilà, les écrits de Morgane Caussarieu me tentaient. J’ai snobé Dans les veines (que je lirai un jour) qui apparemment est un roman contre Twilight, dont le leitmotiv est « les gentils vampires ça n’existe pas », pour sauter directement sur son deuxième ouvrage, Je suis ton ombre. Apparemment, il se concentre sur un personnage de Dans les veines, mais le fait de ne pas avoir lu le premier opus ne m’a pas gênée.

Venons en aux faits.

L’histoire est constituée de deux récits. Le premier se focalise sur la vie d’un gamin de 12 ans, Poil de Carotte, en plein coeur des Landes, en France. Il a perdu son frère et sa mère dans des circonstances que l’on découvrira au fur et à mesure. Mal dans sa peau, il traîne avec David, son meilleur ami, plutôt par défaut. Harcelé par une bande de caïds à l’école, il aimerait rejoindre leur rang. Lors d’une balade en forêt, il tombe sur une étrange maison abandonnée (on dit que des vampires y auraient vécu…). En fouillant, il découvre un carnet, qu’il emporte chez lui. Un esprit va alors le hanter…

Ce petit cahier, rédigé au XVIIIe siècle, contient le second récit. On suit les aventures de deux frères jumeaux dans le bayou, en Louisiane. Le contexte est bien retracé et l’auteure nous entraîne dans ces paysages marécageux, à une époque où l’esclavage fait partie de l’organisation sociale normale.

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La Horde du Contrevent d’Alain Damasio

Le cosmos est mon campement !

 

Depuis deux semaines, j’avance à petits pas dans un monde sculpté par les vents. Les paysages sont balayés de bourrasques qui soufflent toujours dans le même sens, de l’Extrême-Amont, jusqu’à l’Extrême-Aval. Les abrités vivent en se protégeant tant bien que mal des tempêtes. Les villes sont semées d’éoliennes. Les chercheurs de trésors sont des airpailleurs. Les scribes notent les courants aériens comme des partitions. Le vent, dans le monde d’Alain Damasio, façonne tout : des paysages aux organisations sociales, aux professions… La majorité des habitants de cet univers ébouriffant se gardent bien d’affronter les rafales. Quand ils ne résident pas dans les villes, ils sillonnent le monde à bord d’engins volants, surfant sur les brises. Sauf une caste : La Horde. Elle, cherche du sens et remonte laborieusement le courant, pour atteindre l’origine du vent. Une quête initiatique, presque métaphysique qui m’a totalement conquise.

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Le Royaume de Tobin de Lynn Flewelling : Quand la fantasy aborde la transsexualité

Couverture du tome 5

Couverture du tome 5

Quand on m’a parlé de cette série en 6 tomes – pardon cette trilogie : les éditions françaises ont tendance à découper les volumes en deux pour faire des sous… – j’étais curieuse mais sceptique. La raison ? Le coup d’un garçon qui est en fait une fille et d’ailleurs ça se pressent car il aime les poupées… J’ai eu peur de tomber sur un truc hyper cliché sur le genre féminin et masculin.

Cliché ?

Eh bah non ! Le Royaume de Tobin est plus intelligent que ça. D’abord, on ne peut pas dire que Tobin aime pas les poupées parce qu’il est une fille sous un corps de garçon. Ce goût est surtout lié à sa mère, qui a sombré dans la folie, dont il regrette le manque d’amour et qui fabrique des poupées à longueur de journée. On évite donc le coup du « les filles aiment les poupées, c’est inné ». Du moins, c’est ainsi que je l’ai interprété.

Le début de l’histoire est un peu longuet. On suit l’enfance de Tobin. On nous parle aussi de magiciens qui sont intervenus dans son changement de sexe à la naissance…

Par ailleurs, son jumeau (un garçon) est mort et le hante sous la forme d’un démon.

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La Route de la conquête de Lionel Davoust

Entrons dans le monde d’Evanégyre. Un empire conquérant se lance dans une guerre ambitieuse. Avec une idée en tête un peu louche. Si on annexe tout le monde, la guerre n’existera plus. Bah oui, si le monde appartient au même pays, s’il y en a plus qu’une civilisation, alors ces dernières arrêteront de se déchirer. Logique… (C’est comme ça que je l’ai compris, mais c’est dit de façon plus subtile dans le bouquin)

Résumé :

On la surnomme la Faucheuse. Débarquée trente ans plus tôt dans le sud, la généralissime Stannir Korvosa assimile méthodiquement nations et tribus au sein de l’Empire d’Asreth, par la force si nécessaire. Rien ne semble résister à l’avancée de cette stratège froide et détachée, épaulée par des machines de guerre magiques.
Parvenue à l’ultime étape de sa route, elle est confrontée à un nouveau continent – un océan de verdure où vivent des nomades qui ne comprennent pas les notions de frontières ou de souveraineté. Elle doit pourtant affirmer l’autorité impériale car, dans le sous-sol de la steppe, se trouvent des ressources indispensables pour Asreth. Mais après une vie de conquête, Korvosa pourrait bien rencontrer la plus grande magie qui soit… et affronter un adversaire inédit : le pacifisme.

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Dimanche, c’est art discovery ! #2

Deuxième édition de ce petit rendez vous dominical, aux environs de la deuxième quinzaine du mois! 🙂

Aujourd’hui, c’est Fantasy ! Je veux vous présenter une dessinatrice spécialisée dans ce domaine : Gold Seven.

Jenny Dolfen dessine et peint tout un monde de bardes, de chevaliers, de sorciers, etc. Personnellement, ses aquarelles me transportent dans d’autres contrées ! Florilège :

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Elle dessine aussi des fanarts. Autour du Seigneur des Anneaux par exemple :

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Ou du trône de fer : (ici la Garde de nuit).

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Elle réalise aussi des merveilles avec du café :

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Et sans :

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Bref, si vous avez du temps et que vous aimez ces morceaux choisis : sa galerie est par là !


Parce que j’adore Arya Stark

Parce que je n’en suis qu’au tome 4 du Trône de fer de George R.R Martin, mais que je savoure cette série à mort, parce que certains débuts de chapitres sont ennuyeux mais que certaines chutes sont terribles, parce que les coups de théâtre sont des déflagrations de tonnerre sur une fraîche journée de printemps, parce qu’il est tard que je viens de rentrer du taf et que je fais des métaphores de m*** hmm marécage bouillonnant, bref, parce que j’adore Arya Stark : Ci dessous une petite collection de fanarts pêchés sur DeviantArt. =D

 

Parce que :

 

 » La peur est plus tranchante qu’aucune épée « , se récita-t-elle. Elle avança d’un pas, d’un autre, et chacun lui donnait l’impression qu’elle était moins une souris. Vaille que vaille, elle longea les bancs tout en remplissant les coupes de vin. Rorge occupait la droite de Jaqen mais, ivre mort, ne la remarqua même pas. Elle se pencha vers Jaqen et lui souffla dans le tuyau de l’oreille : « Chiswyck », sans qu’il manifestât d’aucune manière avoir entendu.

 

 

« Ce n’était pas Harren », eut-elle envie de dire, « c’est moi« . Elle avait tué Chiswyck d’un souffle, et elle en tuerait deux autres avant d’être quitte. « Je suis le fantôme d’Harrenhal », pensa-t-elle. Et ce soir-là, il y eut un nom de moins à haïr.

 

Une Arya d’après le film et réaliste par Remainaery : http://remainaery.deviantart.com/art/Arya-Stark-295298641

Celui-là me fait trop rire. Arya et Aiguille par Oozn : http://oozn.deviantart.com/art/Arya-Stark-with-needle-265001896

Et pour finir, une note joyeuse :


Le trône de fer de George R.R Martin

Du rebondissement inattendu à l’enchantement

Fanart de Marcsimonetti (voir ses oeuvres : http://marcsimonetti.deviantart.com/)

Il y a longtemps, bien longtemps que je veux lire « Le trône de fer ». L’occasion ne se présentant pas, voire se refusant à moi ( p**** (pasembleu enfin!) de Cardiff Central Library qui me proposait seulement le recueil de nouvelles de l’auteur), j’avais laissé ce souhait en stand-by. Et ce jusqu’à ce qu’on me présente la série. En trois épisodes, c’est l’enthousiasme. Arya me subjugue, l’ambiance aussi. Je ne fais ni une ni deux et direction la bibliothèque pour emprunter les premiers tomes.

Je viens de finir les deux premiers volumes (ce qui correspond au premier tome en anglais vu que nos éditions françaises s’amusent toujours à tout découper…) et je n’ai qu’une chose à dire : j’adore. (Voilà fin de l’article xD)

Imbroglio familico-sentimentalo-politique

Un trône, plusieurs maisons. C’est le principe de base du roman. Autour de Robert Barathéon, le roi, téméraire en son temps et toujours aussi bon vivant, les prétendants au trône sont nombreux. Le monarque n’est pas vraiment intéressé par la politique mais plus par la bonne chair, sous sa forme nutritive comme féminine. Sa femme Cersei Lannister, est en revanche très friande des magouilles gouvernementales et elle compte bien installer le plus rapidement possible le petit derrière de son rejeton sur le siège royal. Il faut dire que le pouvoir est une affaire de famille. Chez les riches et puissants Lannister, rien n’est inenvisageable si c’est pour la cause de leur maison. L’opportunisme est leur seule religion comme le montre le passé de Jaime Lannister, le traître Régicide.

Moins concernés par ces préoccupations de la cour, la maison des Stark s’occupe plus volontiers de ses propres problèmes. Dans son pays rude, au froid polaire, il y a d’autres choses à faire que chercher le pouvoir. Il faut d’abord se préserver de la venue de l’Hiver (« L’hiver vient » est plus qu’une simple constatation chez eux, c’est presque une philosophie) et de ce qui rode au delà du Mur. Ami de Robert, le roi, Eddard Stark compte toutefois faire de sa fille la Reine en la mariant à l’héritier. Mais tout ne se passe pas comme prévu et le voilà appelé à seconder le monarque, à la cour, en étant nommé à la haute fonction de Main du Roi.

Dans le même temps, un de ses fils est jeté à bas d’une tour avant d’essuyer une tentative d’assassinat, l’ancienne Main, son beau-frère, est mystérieusement décédé, la maison Targaryen prévoit de lancer les terribles Dothrakis à l’assaut du trône, son épouse part en campagne et kidnappe un Lannister. Bref, c’est le souk dans le royaume.

Personnages anti clichés

Le roman dédie chaque chapitre à un personnage et à partir de là, les développe à loisir. Georges R.R Martin évite heureusement l’écueil du manichéisme, pourtant courant dans les classiques de la Fantasy. Derrière les bons Stark et les mauvais Lannister, les nuances bourgeonnent, foisonnent, s’emmêlent pour complexifier l’intrigue à l’infini. Les héros étant au service de l’action, Georges R.R Martin ne livre pas la finesse de leurs personnalités tout de suite. Mais au fur et à mesure des chapitres, alors que l’on connaît chacun de mieux en mieux, on touche du doigt la profondeur des protagonistes. Et l’acuité de leur psychologie n’est pas gratuite, car enrichissant toujours plus leurs relations – jamais lisses même entre les membres d’un même camp- elle bouleverse l’intrigue.

Chacun suit ses intérêts

Sur le trône de fer, comme chez les sujets du royaume, la subjectivité est reine. Les stratégies politiques trempent dans les affaires familiales, financières, sentimentales, amicales… Rien n’est simple, et c’est grâce à ça que Georges R.R Martin mène si bien sa barque. Faisant jouer tous les leviers de ses personnages et de leurs intrigues, il renverse les situations comme on balaye un tas de feuilles. La force n’appartient pas toujours à ceux que l’on croit et ils sont les plus prompts à en être dépossédés.

Et comme on suit les évènements de part divers points de vue, on n’est jamais enfermés dans une pensée. Le procédé n’est pas nouveau, mais il m’enchante toujours autant et surtout, il est parfaitement adapté à une saga comme celle-là.

Une seule envie donc : commencer le tome 3! Faut finir Orgueil et préjugés avant mais ça devrait pas tarder! xD


« Les gens sont stupides »

En lisant cet adage dans La première leçon du sorcier, premier tome de la saga L’épée de vérité de Terry Goodkind, je n’avais pas pu m’empêcher d’être déçue.  Quoi? Tout ça pour ça? Un suspense de 500 pages sur cette soit-disant leçon fondamentale de sorcellerie pour une banalité pareille? La suite ne m’avait qu’à moitié réconciliée avec le livre. On nous explique que cela signifie que les hommes croient ce qu’ils veulent croire ou ce dont ils ont peur. Très bien. Ce n’est pas le scoop de l’année mais c’est bon de s’en rappeler. Après tout, j’ai défendu bec et ongles le livre de Misha Desfonseca, Survivre avec les loups, où elle racontait son périple à travers l’Europe, protégée par des loups, jusqu’à ce que j’apprenne que c’était complètement faux.

Bah faut croire que le MI6, les services de renseignements britanniques, ne sont pas plus malins que moi. Avec les Etats-Unis, ils ont engagé des négociations avec un faux leader taliban en Afghanistan. En effet, leur trouvaille avait de quoi susciter leur enthousiasme. L’homme était sensé être un taliban modéré, et à l’inverse de ses alliés, il ne demandait pas le  retrait des armées britanniques et américaines d’Afghanistan. Il se contentait d’exiger la libération de quelques prisonniers et de permettre à quelques talibans de retourner dans leur pays sans poursuites. Une aubaine qui a fait oublier aux services de renseignements de vérifier l’identité de leur interlocuteur. Pas de chance, ils parlaient à un simple commerçant. La supercherie découverte, il s’est envolé dans la nature avec une centaine de milliers d’euros. ça paye bien les discussions diplomatiques…

Je n’aime pas beaucoup Goodkind et sa série que je trouve insipide sur beaucoup de points, mais il n’avait pas tout à fait tort. Les tours les plus évidents et jouant sur les points faibles les plus connus des gens, sont ceux qui marchent le plus fréquemment.


Le livre des étoiles d’Erik L’Homme

Avis aux amateurs d’aventures dans un monde fantastique, menées par des adolescents qui n’ont pas froid aux yeux : ce roman pourra peut-être redorer joliment un pluvieux après-midi d’hiver, le genre où l’on ne sait pas trop comment s’occuper. Guillemot de Troïl est un jeune garçon timide, lunaire, un peu faible. Son quotidien est de se faire harceler par la peste de son école : Agathe. Heureusement, c’est le début des vacances et il va retrouver ses cousins : l’espiègle Romaric, la féroce Ambre et sa soeur jumelle Coralie, beaucoup plus coquette, ainsi que Gontrand, le musicien. Mais voilà qu’arrive Qadehar, le sorcier qui va réveler à Guillemot ses pouvoirs! Et pour courronner le tout, Agathe et son sbire Thomas, sont enlevés sous les yeux du héros qui ne réussit pas l’empêcher… Qu’à cela ne tienne, voilà notre apprenti sorcier qui, accompagné de ses amis, se lance à la recherche de ses anciens ennemis pour les sauver.

Scénario basique?

Plein de bon sentiments? De la Fantasy pour la jeunesse plutôt banale? Oui, sans consteste. Mais les péripéties sont prenantes, l’humour omniprésent (même s’il est un peu facile, il est efficace). Le monde, très fortement inspiré par la mythologie nordique et le folklore celtique, ne manque surtout pas de charme et les personnages sont rapidement attachants. Leurs personnalités sont bien trempées, même si ce ne sont pas des joyaux d’originalité.

Personnellement, j’ai adoré ce livre au collège, je l’ai vénéré pendant environ trois ans. Aujourd’hui il me réjouïrait sûrement un peu moins. Je garde toutefois un très bon souvenir de la joyeuse bande de héros et de leurs échanges de vannes incessants. Mention spéciale pour l’arrogant jeune Bertram qui opère en rencontrant les amis de Guillemot un choc des caractères pour le moins désopilant. Si vous aimez les romans aux longues perspectives de réflexion, passez votre chemin. Si vous voulez vous détendre avec un récit agréable et dynamique, n’hésitez pas. C’est écrit gros, ça se lit très vite et l’on passe un bon moment.

roman publié en 2001


Dragons et Serpents de Robin Hobb

Créatures fantastiques pas si sympathiques

roman publié en 2010

Le treizième tome de l’Assassin royal signait la fin de la saga mais Robin Hobb n’a pour autant pas abandonné l’univers qu’elle a développé dans cette série et dans Les aventuriers de la Mer. Dans Dragons et serpents, on retrouve les impressionants reptiles qui jusqu’à présent ne constituaient pas la trame principale de ces histoires, malgré un rôle non négligeable dans le dénouement des romans.

Ici, ils sont au centre de l’intrigue. Les serpents ont rejoint leurs cocons, mais l’éclosion tant attendue ne libère pas les magnifiques dragons promis. Les pauvres créatures viennent au monde imparfaits : malformés et prématurés. Mais avec l’arrogance propre à leur race, ils aspirent à une vie plus glorieuse tout en méprisant les humains. Tenus par un serment, les habitants du Désert des pluies les servent et les nourissent, mais se lassent vite d’entretenir ces animaux qui épuisent leurs ressources et en demandent toujours plus. L’idée leur vient alors d’envoyer une délégation accompagner les dragons vers un autre lieu, incertain, où ils pourront vivre en paix s’ils ne périssent pas en route. La quête est dangereuse, les hommes envoient donc les specimens les plus en marge de leur société. Ceux qui couverts d’écailles et munis de griffes sont le moins conformes à l’idée que se font les humains d’eux mêmes. Thymara, jeune fille dynamique malgré son physique étrange et ses écailles, accepte la mission avec une dizaine d’autres jeunes dans la même situation.

En quête d’indépendance

Les personnages principaux sont dotés de fortes volontés. Thymara, grâce à ses griffes, est très habile pour escalader toute forme de structure. Selon les coutûmes de son pays et de part sa morphologie, elle n’aurait pas du être laissée en vie à sa naissance. Mais grâce à son père, elle a grandi jusqu’à devenir une chasseuse habile et débrouillarde. Elle n’a à priori rien en commun avec Alise, élevée dans une modeste famille de marchands et habituée à un mode de vie confortable. Celle-ci est mariée à un homme riche, froid et toujours absent. Elle consacre sa vie a son hobbie : étudier les dragons. Enfin, Skymaw, dragonne malformée et arrogante se prend pour une reine malgré sa situation. Les personnages de Dragons et Serpents se débattent pour vivre par eux-mêmes, sans avoir besoin de l’assistance des autres. Leur mode de vie les sépare, pourtant les trois protagonistes se ressemblent.

Robin Hobb n’a pas perdu son talent pour créer des personnages complexes et faire ressentir au lecteur profondément leurs dilemmes. Elle saute un pas supplémentaire en ébauchant avec brio les caractères des dragons, dotés d’une psychologie différente, à la fois humaine et étrangère. On ressent bien la différence de rythme des deux créatures. Le fait que dans une vie de dragons, il y a de nombreuses générations de vies humaines.

Si ce roman peut se lire comme une suite des sagas précédentes, il peut aussi l’être indépendamment. Et pour ceux qui connaissent le reste de la série, ils ne retrouveront qu’avec plus de plaisir Malta, Reyn, Selden, Althéa, Brashen et Tintaglia.