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Brèves de ciné !

Il y a quelques films vus cette année dont j’aurais dû parler. Parce qu’ils sont superbes et qu’ils méritent quelques lignes avant que l’on soit en 2015.

– On est déjà en 2015…

Ha, oui. Eh bien avant que la transition soit consommée !

Je veux parler de Pride, de Matthew Warchus et de Mommy de Xavier Dolan.

Pride, de Matthew Warchus.

Le film nous emmène sous la gouvernance de Margaret Thatcher, à l’heure où elle ferme les mines. Au Pays de Galles, la révolte gronde, la grève s’éternise. Mais pour continuer à mener la bataille, les grévistes ont besoin d’argent.

Au même moment, à Londres, une grande collecte s’organise, menée par une autre communauté menacée par la Dame de fer. Les lesbiennes et gays (enfin, certains…) décident de soutenir les mineurs. Une aide mal accueillie par ces derniers qui ont une conception très traditionaliste de l’amour. Les deux groupes vont devoir collaborer. Une rencontre explosive qui va s’avérer formidable.

Le film est inspiré de faits réels. Il traite bien le choc des visions du monde, les efforts menés par les deux groupes pour s’entendre. Il évoque des sujets durs (sida) tout en gardant la touche comique très prononcée. C’est très drôle et émouvant. Superbe !

Mommy, de Xavier Dolan

Celui qu’on qualifie dorénavant du « petit génie » du cinéma a encore frappé. 25 ans, cinquième film (je n’ai vu que Laurence Anyways et Mommy dans la liste), et toujours cette capacité d’innover, avec sa patte très particulière.

Des gros plans qui vous collent le nez aux émotions des personnages, des prises de vue superbes, une façon d’écrire l’histoire assez originale, une place très importante accordée à la musique (et il arrive même à ne pas être ridicule lorsqu’il passe du Céline Dion), de très belles images, des personnages bien campés marquent.

Le réalisateur aborde encore un thème compliqué sans tomber dans les clichés. Il nous fait entrer dans la vie d’une mère qui élève seule un fils présentant des troubles comportementaux. A cela s’ajoute l’intervention d’une institutrice, qui doit elle-même faire face à ses propres problèmes.

Particularité du film : le format carré, inhabituel et qui change plusieurs fois durant le film. J’étais tellement prise dans l’histoire que je ne m’en suis même pas aperçue !

A lire, le top 10 du Bibliocosme : https://bibliocosme.wordpress.com/2014/12/30/top-10-cine-2014/comment-page-1/#comment-2692

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Wadjda de Haifaa Al Mansour

wadjda

 

Le combat d’une gamine déterminée

C’est le premier film signé par une réalisatrice Saoudienne. Jusque là, l’Arabie Saoudite n’a pas vu émerger de nombreux longs-métrages. Celui-ci, un des premiers, et le seul réalisé par une femme, est une réussite.

On suit l’histoire de Wadjda, une jeune adolescente dont le vœu le plus cher est de se procurer un vélo. Problème, il est interdit aux femmes de pédaler. Son meilleur ami, qui la nargue en gagnant à la course avec son avantage indéniable : sa bicyclette, va l’aider à apprendre à rouler, en attendant qu’elle réussisse à rassembler les fonds nécessaires pour s’acheter son propre deux-roues.

L’actrice Waad Mohammed joue à la perfection cette gamine déterminée, que rien n’arrête. Honnête et un peu indisciplinée, elle s’accroche à son rêve et met tout en œuvre pour y arriver.

Peu passionnée par la religion, elle va soudain s’absorber dans l’étude du Coran. Et pour cause, une somme d’argent importante est promise à celle qui remportera le concours de récitation. Wadjda se donne à fond dans cette nouvelle entreprise. Mais ce n’est pas gagné. Son niveau de base est plutôt bas.

A côté d’elle, on découvre aussi la situation de sa mère, qui tente de convaincre son époux de ne pas se marier avec une seconde femme. La relation mère-fille est aussi abordée.

Wadjda est un vrai bol d’air. Si le thème abordé est lourd (la place des femmes), il est traité de façon légère. La réalisatrice, Haifaa al-Mansour,  ne jette pas la pierre à la société Saoudienne. Elle montre plutôt ses méandres, la relative liberté de certaines jeunes filles, l’intransigeance de celles qui ne suivent pas toujours les préceptes sévères qu’elles imposent, l’ouverture d’esprit de certains, la fermeture des autres. Les hommes regardent sans broncher cette petite fille de douze ans qui n’hésite pas à grimper sur un vélo. Ils ne semblent pas choqués par cet interdit bravé. Bref, Haifaa al-Mansour brosse surtout un portrait des paradoxes de son pays.

A lire : Une interview de la réalisatrice par Jeune Afrique


Into Eternity de Michael Madsen

Plongée dans le futur

L’interview que j’avais lu sur un magazine avant de regarder le film donnait déjà le ton : ovni à l’horizon. Mais ce documentaire de Mickael Madsen, est encore plus surprenant que ce que je pensais.

Into Eternity, documentaire sur l'insensé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Onkalo (Finlande) des scientifiques réalisent une étrange base souterraine. Protection et sécurité maximale, et il y a de quoi, ce lieu entouré de mystère va accueillir des déchets nucléaires. Si cela n’est pas suffisant pour faire palpiter votre coeur d’interrogations, imaginez un peu : ce lieu est conçu pour durer 100 000 ans. Euh la naissance de l’écriture, de l’administration, de l’argent et caetera c’est environ 5 300 ans avant Jésus Christ. Ça fait entre 7000 et 8000 ans que l’Homme tel que l’on le connait a réellement commencé à se développer. Son existence constitue moins de 10% du temps pour lequel Onkalo est prévu pour durer. Vertigineux non?

Malgré un délire un peu euhhh je dirais « perplexisant » du réalisateur qui joue un peu trop avec les alumettes, et une fin qui part dans la fiction (ce qui n’est pas plus mal), le film tient complètement la route en s’attachant à montrer à quel point il est irréaliste de vouloir prévoir une infrastructure pareille. D’interviews en interviews, les chercheurs qui participent au projet dévoilent leur réflexions. On se rend compte des difficultés majeures que la construction d’un tel batiment implique. Comment dire aux générations futures qu’il y a danger à entrer? Cette question pratique demande de s’interroger sur ce que seront les générations futures. Des êtres encore plus évolués qui sauront palier aux défis du nucléaire? Ou bien des hommes ravagés par un cataclysme ayant perdu le gout de la science et du savoir? Une telle durée de vie dépasse tant l’échelle humaine que les réfléxions techniques prennent des dimensions de science fiction. Que sera l’Homme de demain? Comment communiquer avec lui?

De quoi plonger dans une spirale de questions pour le moins intéréssantes. Le nucléaire est dans tous les discours politiques aujourd’hui. Si ce film n’aborde pas le problème tel qu’il se présente actuellement (conséquences directes, radioactivité, etc), il a du moins le mérite de le traiter avec un regard original.