Archives de Tag: guerre

Profession du père de Sorj Chalandon

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Résumé :

 Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet.

Je profite que Sorj Chalandon ait sorti un nouveau livre lors de la rentrée littéraire pour vous parler de ce dernier ouvrage, certes, mais aussi de tout ce que j’ai lu de lui, jusque là. Car je m’avise que je n’ai jamais vraiment parlé de cet auteur ici. Or j’ai lu Mon traitre, et plus récemment : Retour à Killybegs, Le Quatrième mur et La légende de nos pères, qui m’ont tous emballée.

Mais commençons par parler de Profession du père. Je l’ai dévoré ce week-end en deux-deux (car je voulais l’envoyer par la Poste à une cousine) (oui ce n’est pas bien de lire les livres que l’on offre).

Dans ce dernier livre, le narrateur est un jeune garçon. Son père semble au premier abord quelqu’un d’exceptionnel. Il a été judoka, parachutiste, proche de De Gaulle. Oui, ça paraît un peu gros. Très rapidement, on comprend que ce paternel est surtout mythomane. Comme souvent chez Chalandon, au fond de l’intrigue, il y a une guerre. Après la guerre civile irlandaise (Mon traitre, Retour à Killybegs) , libanaise (Le Quatrième mur) et la Seconde guerre mondiale (La légende de nos pères), Profession du père parle de la guerre d’Algérie. Le père n’accepte pas l’indépendance de l’Algérie, il soutient l’OAS et entraîne son fils dans son délire.

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La guerre civile espagnole en 2 ouvrages (qui se répondent)

S’il fallait un thème pour définir mes lectures du mois de mars, ce serait la guerre civile espagnole.

J’ai enchaîné deux ouvrages : la BD Les temps mauvais de Carlos Gimenez, et l’Espoir d’André Malraux. Deux oeuvres qui ne montrent pas la même chose et qui se complètent à mon sens.

Prenons les choses dans l’ordre de parution, (c’est à dire l’inverse de mon ordre de lecture ^^)

malraux-andre Lire la suite


La Route de la conquête de Lionel Davoust

Entrons dans le monde d’Evanégyre. Un empire conquérant se lance dans une guerre ambitieuse. Avec une idée en tête un peu louche. Si on annexe tout le monde, la guerre n’existera plus. Bah oui, si le monde appartient au même pays, s’il y en a plus qu’une civilisation, alors ces dernières arrêteront de se déchirer. Logique… (C’est comme ça que je l’ai compris, mais c’est dit de façon plus subtile dans le bouquin)

Résumé :

On la surnomme la Faucheuse. Débarquée trente ans plus tôt dans le sud, la généralissime Stannir Korvosa assimile méthodiquement nations et tribus au sein de l’Empire d’Asreth, par la force si nécessaire. Rien ne semble résister à l’avancée de cette stratège froide et détachée, épaulée par des machines de guerre magiques.
Parvenue à l’ultime étape de sa route, elle est confrontée à un nouveau continent – un océan de verdure où vivent des nomades qui ne comprennent pas les notions de frontières ou de souveraineté. Elle doit pourtant affirmer l’autorité impériale car, dans le sous-sol de la steppe, se trouvent des ressources indispensables pour Asreth. Mais après une vie de conquête, Korvosa pourrait bien rencontrer la plus grande magie qui soit… et affronter un adversaire inédit : le pacifisme.

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Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski

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On prend la mer et on navigue dans les eaux troubles de la real politik. Jean-Philippe Jaworski nous entraîne avec Gagner la guerre dans une aventure pleine de jeux de dupes, de diplomatie, de revers et de négociations secrètes. Une intrigue digne des guerres italiennes du XVe et XVIe siècle. J’esquisse un parallèle car tout du long, ce roman m’a donné envie de relire Le Prince de Machiavel.

Résumé : « Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon… »

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BD : deux enquêtes dans le passé

J’ai lu pas mal de BD ces derniers temps (notamment parce que j’ai fait une véritable razzia à la médiathèque) et j’ai bien envie de les faire partager avec quelques chroniques. Mais quand je n’ai lu que le premier tome, je trouve difficile de parler d’une série. Je vous fais donc un billet pour introduire deux BD, dont je n’ai lu que le premier volume, et qui au final ont un point commun : ce sont des enquêtes dans le passé.

Notre mère la guerre de Maël et Kris

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Première guerre mondiale, les soldats vont au front. Mais alors que les combats font rage, une jeune femme, serveuse dans un troquet, meurt assassinée. L’enquête est bâclée et un soldat avec qui elle avait eu une violente altercation est exécuté. Problème : un autre meurtre succède au premier. Un gendarme est donc dépêché pour mener une investigation. Mais alors que la mort injustifiée de leur camarade châtié à tort pèse sur le moral des soldats, sa tâche n’est pas aisée.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome, emprunté grâce à un commentaire de Mokamilla. Les graphismes sont très beaux, comme pour Les Revenants, de Maël, le même dessinateur.

L’intrigue est un prétexte pour montrer d’autres aspects de la guerre : la camaraderie entre les soldats, les dissensions, les soldats qui font leur beurre avec des petits larcins à droit à gauche. L’histoire m’a tout de suite accrochée et je n’ai qu’une envie : suivre la suite de l’enquête.

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Les Revenants de Maël et Olivier Morel

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Les Revenants est une Bd un peu à la frontière du journalisme puisqu’elle traite du traumatisme des soldats partis en Irak, de retour dans leur pays. J’avais loupé le film, l’âme en sang, que j’avais pourtant eu envie de voir. Je me suis rattrapée en lisant la BD.

Ce qui frappe d’abord, c’est la pudeur avec laquelle la douleur est évoquée. La gêne du journaliste est d’ailleurs un des éléments constitutifs de cette bande dessinée. Pour rencontrer les vétérans, il se rend à leurs soirées. Là, chacun semble joyeux. Personne n’évoque la douleur des moments passés. Ils sont là pour faire la fête, non pour ressasser. Comment dans ces conditions les approcher pour les inviter à témoigner? L’embarras de l’auteur concerne aussi les actes qu’ils ont pu commettre.

 » Je rencontre Eric, l’artiste, dessinateur surdoué, et malgré moi, je pense : Et lui? Combien en a-t-il tué? A-t-il tiré sur des civils ? A-t-il gardé des prisonniers ? A-t-il fait des fonds d’écran avec la photo de la tête éclatée d’un soldat irakien ? »

De fil en aiguille, la parole se libère, les témoignages  entrent en scène. Pas seulement ceux de la guerre en Irak. L’auteur fait aussi revivre un témoignage de poilu, poignant et servi par des graphismes sidérants. On sent le chaos et cette tâche rouge qui emplit le visage du personnage hanté par ses souvenirs.

Certains anciens vétérans se battent pour faire cesser la guerre, certains roulent des heures dans le désert, certains se tatouent une trace de cette guerre, certains s’isolent, se taisent, racontent…

« Je m’étais toujours demandé ce que ça faisait de tuer un être humain. Maintenant, je sais ».

« Cette guerre a été déclenchée par des gens qui ont manipulé l’opinion et qui avaient des intérêts économiques dans l’invasion ».

« La reconstruction de l’Irak et une bonne partie de la logistique militaire sont entre les mains de sociétés privées. Est-ce qu’on nous demande notre avis? Je ne le savais pas quand j’ai été déployée à Bagdad et que j’ai découvert tout ce business ».

J’ai appris beaucoup de choses dans cette BD, j’ai été touchée.  Certaines choses relèvent du non-dit, de l’inexprimable, mais l’auteur le fait transparaître dans les traits des visages et les regards. J’ai aussi apprécié le fait qu’il se dégage de cet album un véritable portrait de l’Amérique. Pas le clinquant des séries où des ados font des soirées dans des villas avec piscines, mais une ambiance plus semblable à The Wire, avec sa misère.

Au final, ce qui ressort de cette œuvre, c’est que blessé physiquement ou non : personne ne ressort indemne de la guerre.

Le nombre de suicides de vétérans est aujourd’hui supérieur à celui des soldats tués sur le sol irakien. 70 000 vétérans de l’après 11 septembre sont atteints de graves troubles psychologiques. 22 mettent fin à leur vie chaque jour.

Pour conclure, un peu de Silver Mount Zion : God bless our dead marines. (parce que c’est géant <3)

Article sur l’Âme en sang sur Télérama.

Une digression encore. Intéressée par le sujet, j’étais allée voir Amardillo au cinéma il y a deux ans. Mais, il n’avait pas réussi à me happer, mais j’étais peut-être un peu fatiguée. En tout cas, il est intéressant.

Guerre et jeu-vidéo

J’en profite pour évoquer un sujet qui me tient à coeur, et sur lequel je n’arrive pas à avoir un avis tranché. Je débats parfois de la question avec un ami, mais j’aimerais lire d’autres avis. Que pensez-vous de la guerre dans les jeux-vidéos ? (Ce sujet m’intéresse surtout depuis que j’ai vu des abrutis rire de tuer gratuitement des personnages innocents dans un jeu vidéo et aussi parce que j’ai lu « No Pasaran, le jeu » de Christian Lehmann)

Ce n’est pas tant la violence dans les jeux qui me pose problème mais le fait d’évoquer des guerres réelles, l’idéalisation du héros, la place des civils, une certaine édulcoration de l’horreur peut-être, une idéalisation encore. Mais un jeu qui montre vraiment cette horreur, je le trouverais irrespectueux. Je penserais qu’il fait son beurre de la violence. Du coup, je suis partagée.

Par contre, les jeux sur des guerres médiévales ne me dérangent pas. C’est vraiment les guerres récentes qui me posent un problème. Surtout quand on sait que des jeux aux Etats-Unis sont créés pour susciter des vocations ou pour entraîner des soldats. Je trouve ça flippant.

La Croix-Rouge a fait un très bon article sur le sujet des jeux et de la guerre. J’apprécie le fait qu’ils ne jugent pas mais proposent une prise en compte des lois internationales dans le scénario.

Bref, des opinions ?

Et une petite vidéo de Serj Tankian pour la route : la guerre n’est pas un jeu !


Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Des lettres pour dépasser la guerre

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman épistolaire et celui-ci m’a particulièrement plu. Au menu, une femme écrivain, connue à la fin de la guerre pour ses chroniques régulières dans un journal durant tout le conflit. Elle avait ainsi apporté un peu de sourire en la période troublée. Cette férue de littérature projette ensuite d’écrire un roman. Problème : elle manque d’inspiration. Ses courriers à son éditeur et ami, en attestent. Par ailleurs, elle doit s’embarquer dans une tournée mondaine pour présenter son dernier ouvrage. Une formalité qui ennuie cette femme discrète peu attirée par les cérémonies publiques. D’autant plus qu’elle doit subir les critiques sur un mariage qu’elle a refusé au dernier moment. Il n’est pas souvent bien vu d’être une femme célibataire à cette époque. Elle doit aussi gérer une idylle avec un riche américain qui la courtise. Au grand dam de l’éditeur qui n’aime pas le brillant et bruyant personnage.

C’est alors qu’intervient le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (de tourte aux épluchures de patates pour être précis). L’écrivain reçoit une lettre d’un homme qui est en possession d’un de ses vieux livres, qu’elle avait richement annoté. Comme il a adoré l’ouvrage, il lui demande de l’aider à se procurer les autres œuvres de l’auteur. De fait, le cercle littéraire est coupé du monde et n’a plus de librairie. Merci la guerre.

Ce club compte une petite dizaine de personnes installées sur l’île de Guernesey. Ce bout de terre dans la Manche a été occupé par les Allemands durant la guerre. Couvre feu, rationnement, les habitants ont perdu durant cette période toute liberté. S’ils n’ont pas vraiment directement résisté, ils ne se sont pas non plus pliés diligemment à toutes les règles. Une habitante possédant un cochon qui vient de mourir prend l’initiative d’inviter ses voisins à partager le met. Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler, mais ajoutez à cette situation une péripétie malvenue, un mensonge improvisé et vous tenez la naissance du cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Comme le cochon est consommé, il ne reste plus au cuisinier de l’équipe qu’à réaliser sa spécialité : la tourte aux épluchures de patates (rationnement oblige, ils n’ont pas grand chose de consistant à manger)

Le roman s’articule entre le récit de l’occupation de Guernesey, la recherche d’inspiration de l’écrivaine et la disparition d’une membre du cercle littéraire, envoyée en camp de concentration. Petit à petit, la seconde guerre mondiale prend toute la place mais avec discrétion. Mary Ann Shaffer réussit à ne pas nous déprimer. A coté des horreurs de la guerre, il y a une certaine légèreté, le soulagement que tout soit fini aussi.

C’était vraiment une lecture agréable que je ne peux que conseiller !

Cela n’a pas grand chose à voir, mais j’écoute beaucoup cette chanson en ce moment. Occupied tears de Serj Tankian (le chanteur de System of Down). Elle parle de l’injustice et de l’horreur de la guerre. Un thème qui transparaît aussi fortement dans ce livre. Aussi je me permets de faire le parallèle.


Sky Crawlers : Voler nous fera toujours rêver

Beauté de l’aviation et enfants-soldats sans destin

Les lunettes d’aviateur, le style des pionniers sur les épaules avec leurs blousons évocateurs, les héros de Sky Crawlers portent sur leurs frimousses tout ce qu’il fallait pour me donner envie de visionner le film. Ni une ni deux, je n’ai donc pas hésité pour emprunter le DVD à la médiathèque.

Un regard sur le nom du réalisateur, Mamoru Oshii. Pas pour me déplaire. J’ai aimé Ghost in The shell Innocence, même si je dois avouer que je n’ai pas tout compris. Trop de citations, peut-être le fait que je ne connaissais qu’à peine l’histoire originelle? En tout cas, son scénarios et ses dialogues énigmatiques m’ont perdue. Mais graphiquement, il m’avait subjuguée.

Je mets la bande annonce japonaise sous-titrée anglaise car la version française est immonde et ne rend pas du tout hommage au film. Vous voyez les bandes annonces style :  » Ils arrivent…. C’est une guerre d’un NOUVEAU genre… Tintintintin! » ben voilà, c’est à peu près ça la bande annonce française. En plus, y a pas la musique du film. Inimaginable !

Bref, je partais sur Sky Crawlers avec un bon à priori (le style « pionniers de l’aviation » a un charme intrinsèque inaliénable) et le pressentiment que le fond du scénario me resterait vaguement obscur.

Bingo! J’ai admiré les graffs sensationnels et la qualité de l’animation. C’est fluide, c’est beau, rien à redire! Au niveau de l’histoire, j’ai aimé le principe aussi.

C’est la paix sur Terre. Voilà longtemps que les guerres se sont achevées. Résultat, la population s’ennuie. Des sociétés privées et militaires ont donc trouvé dans cette lassitude, un biais pour s’enrichir. Elles se mènent des guerres les unes contre les autres. La population civile n’est alors pas mise en danger et peut observer, confortablement installée dans son canapé, les soldats payés par ces sociétés pour s’entretuer.

Des enfants à jamais

Ces jeunes à peine sortis de l’enfance, formés à l’aviation, sont de vrais machines de guerre qui tuent et meurent comme si c’était un jeu, sans en souffrir. Malgré ça, ils ont une part d’humain, visible dans leurs relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres. Non pas qu’ils fassent preuve d’une bonté d’âme sans pareille, mais ils sont normaux. Ils se trouvent des compagnons, respectent des notions de hiérarchie, de distance avec ceux qui ne sont pas des amis et d’entraide avec les autres. Ils sont certes froids, montrent peu de joie, mais ils sont humains. Ils s’interrogent sur leur existence, souffrent de leurs dilemmes internes, s’aiment peut-être et baisent parfois. Seulement, la vie et la mort ne leur importe pas.

Une guerre absurde

Alors ils tuent sans sourciller, sans se poser de questions : naturellement. Et ils ne grandissent pas. Enfants éternels qui ne peuvent pas devenir adultes. J’adore cette idée. Pour participer à un jeu si cruel, il ne faut pas être adulte. Il leur manquent encore la conscience du bien et du mal. Ils sont conscients de leurs propres souffrances (même s’ils font un peu apathiques) mais manquent complètement d’empathie (quoique le héros et l’héroïne, celle qui dirige l’unité, semblent vaguement évoluer vers une forme de conscience de l’autre). Logique donc. Seuls des enfants peuvent accepter de se livrer sans remettre le système en cause, de s’entretuer pour rien (je rappelle qu’il s’agit d’entreprises se livrant des guerres pour divertir la population). Seuls des enfants… Vraiment? Pourtant dans notre monde, les guerres que l’on mène, jouant avec la vie des soldats qui s’entretuent pour le compte de leur employeur, sont-elles moins absurdes? En place d’une entreprise, c’est un pays qui est l’employeur mais pourquoi? De l’or, de l’argent, du pétrole, du pouvoir, des votes? Ce n’est pas moins absurde et pourtant même des adultes comme nous, nous nous y livrons et nous laissons faire.

Ce n’est pas directement abordé dans le film mais je trouve que ces réflexions s’imposent d’elles-mêmes quand on songe que garder les soldats dans l’enfance explique qu’ils soient capables de se livrer à cette guerre incroyable sans finalité. Ben non, au final, pas besoin d’être un gosse pour se laisser entraîner dans une dystopie pareille.

Pas tout compris

L’idée de base du film j’ai donc adoré. Des personnages sans avenir enfermés dans la répétition d’une vie qui recommence dès qu’elle s’arrête, qui n’en finit jamais. Si bien que passé, souvenir, présent, mort et futur n’ont aucun sens pour eux. Un des personnages est révélateur de ça avec son journal. Bref l’ambiance, les images, c’est pareil, je n’en tarirai pas d’éloges. Mais je reproche toujours la même chose à Mamoru Oshii. Comme pour Ghost in the shell : j’ai pas tout compris et ça m’agace. Il manque du contexte. Si bien que même la lecture du synopsis est indispensable pour comprendre un peu le film. Comment en est-on arrivé là? D’où viennent ces enfants? Comment sont organisées ces sociétés militaires? Comment ont-elles réussi l’exploit d’asservir et de garder dans l’enfance ces ados-soldats? Soit je manque de concentration et j’ai loupé les infos distillées dans le film (en vrai je manque un peu de concentration et je suis vite distraite donc c’est possible) soit il manque pas mal de renseignements.

Autrement, c’est un film à voir. Ne serait-ce que parce que les avions et les aviateurs : c’est trop la classe ! 😀 A noter qu’apparemment, le film est inspiré d’un livre, à paraitre en France. gniii j’attends de voir ça 🙂 Lire la suite


La nuit des temps de René Barjavel

Cap sur l’Antartique.

roman publié en 1968


Région peu connue, inhabitée mis à part par quelques scientifiques de passages : c’est le terrain idéal pour un ouvrage de science-fiction. Le récit démarre avec l’arrivée d’une équipe de chercheurs. Très vite, leur sonde les informent d’une présence étrange sous la glace. En creusant, il découvrent les corps de deux êtres humains, gelés, coeurs arrêtés, mais vivants. Conservés dans le froid depuis quelques milliers d’années. Un homme et une femme, tout deux des canons de beauté. Qui réveiller le premier? Ils semblent issus d’une civilisation perdue, qui pourra en dire le plus? Lequel est le plus à même de survivre à l’opération? Finalement ils optent pour éveiller la jeune femme, prenant le risque qu’elle subisse les frais de leur inexpérience en terme de sauvetage d’êtres humains réfrigérés. Elle s’appelle Elea et c’est par son biais que l’on découvre le monde dans lequel elle a vécu et son histoire d’amour avec Paikan dans un pays en guerre.

Le conflit entre les deux grandes puissances de l’époque est le pivot de l’histoire. Tout ce construit autour de lui. Gondawa, nation pacifique, est obligée de se tourner vers les armes et la technologie militaire pour garder la face devant l’autre grande nation, Enisorai, plus belliqueuse. René Barjavel nous explique le fonctionnement de ces deux pays, notamment le premier où les couples sont attribués très jeunes par un Conseil et aboutissent à des amours passionnés comme celui d’Elea et Paikan, ou simplement paisibles et sans malheur particulier pour d’autres.

La romance entre Elea et son amant et l’amour sans réciprocité que le médecin (Wilson?) voue à la jeune femme ne m’ont pas touchée. La beauté semble en être le seul moteur, le couple est trop parfait, trop heureux, trop irréel. En revanche, René Barjavel traite à merveille les réactions du monde moderne de son récit, très sensiblement différent du notre ou alors traité avec un regard original, face à la découverte des scientifiques. Il nous livre l’interprétation des médias, des habitants lambdas, des chercheurs et des forces politiques. Ce qui transparait de ces opinions est le rejet de la guerre qui a détruit le couple Elea/Paikan. Mais malgré les belles paroles, la cupidité humaine suit son cours et les grandes puissances commencent à se chamailler pour recueillir les bénéfices des incroyables recherches menées en Antartique. René Barjavel dénonce la stupidité des conflits armés mais rappelle que la bêtise humaine rattrappe les beaux idéaux et la pacifique soif de connaissances. Beau requiem contre la guerre donc mais histoire d’amour sans charme particulier à mon avis.