Archives de Tag: post-apocalyptique

Les étoiles s’en balancent de Laurent Whale

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Ce roman démarrait super bien. Le postulat est intéressant. Nous sommes en pleine Seine et Marne (et comme je suis originaire d’un département voisin : le Val de Marne, ça me causait particulièrement) mais dans un monde apocalyptique. Le pays est divisé en sortes de cités-Etats, entourées de barbelés, de miradors, gardées par des molosses bien armés. La nourriture manque et la viande la plus courue est le chien errant.

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Gueule de Truie de Justine Niogret

L’apocalypse en silence et la fin des mots

gueule de truie

Décembre 2012 a vu son déluge de récits de fin du monde. Post apocalyptique, Gueule de Truie est un ovni très original.

Gueule de Truie est un Inquisiteur. Il s’appelle aussi La Cavale mais aborde un masque qui lui donne son surnom. Elévé par les Pères, dès l’enfance, il est formé à tuer. Car l’Eglise croit que le monde a été par Dieu. Mais comme le Flache, l’apocalypse, n’a pas eu raison de la terre entière, elle s’acharne à détruire le reste.

Il rencontre une jeune fille. L’auteur ne lui a pas donné de nom. Elle est « la fille ». Profondément attachée à une petite boîte, elle suscite la fascination de Gueule de Truie. Il la trouve différente des autres par sa capacité à se soucier d’autre chose qu’elle-même, il  l’épargne, puis l’accompagne. Et par là, il remet en question son éducation et sa vision du monde.

Drôle de roman, Gueule de Truie dépeint deux étranges personnages. On connaît peu de choses de leurs motivations. Ils sont difficiles à cerner. L’écriture hachée, percutante, âpre, brute, donne le ton d’un monde violent et rude, qui fait peu de cas de l’empathie. La souffrance règne, et l’indifférence devant les maux des autres aussi. C’est malsain à vomir, scabreux, sordide… Et pourtant, dans l’attachement de la fille à sa boîte, il y a presque une touche de merveilleux.

J’avoue que je n’ai pas tout compris au roman, notamment ce nom de « La Cavale ». De nombreux points sont assez nébuleux, je me suis demandée si l’auteur n’abordait pas des points métaphysiques ! Les scènes de sexe sont très dérangeantes. Atypique, il n’en demeure pas moins que le livre m’a accrochée jusqu’à la fin. Certaines scènes ou phrases m’ont littéralement scotchée.

Ce qui est incroyable, c’est le silence qui règne. Les personnages parlent très peu, ce sont des taiseux. Les phrases sont courtes et c’est un peu comme si l’auteur avait voulu faire une histoire sans mots, ou qui dépasse les mots.

Citation du personnage de la fille :

 » Je crois que tu parles car tu voudrais forcer les choses dans des… des formes. Parce que les formes, tu peux les ranger. Mais des mots, y’en a pas quand on vit. Y a qu’à sentir »

Et là où elle réussit un coup de force, c’est que malgré cette économie des mots, c’est incroyablement bien écrit. ça coule, c’est fluide. ça vous emporte !

Noir, cruel, mystérieux. Trop mystérieux. J’ai trouvé ce roman fascinant.