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La trilogie des étoiles et le folklore nordique

Erik L’homme semble s’être amusé, dans La trilogie des étoiles, à faire de multiples références à des éléments du folklore breton, celte ou scandinave, voire à d’autres thèmes. Petit catalogue des références récoltées.

Le nom du héros: Guillemot de Troïl

On aurait pu penser que le patronyme de Guillemot se rapportait aux Trolls, une espèce humanoïde à forte carrure. Eh bien, non. Il semblerait que ce soit une autre espèce animale qui lui ait donné son nom. Car si l’on cherche sur internet une page sur notre héros préféré, on risque fort de tomber sur ça :

guillemot de troil
Un oiseau.

Le Guillemot de Troïl est en réalité un oiseau marin. ^^ Notre cher apprenti sorcier nous avait caché ses ascendances aviaires. Selon http://www.oiseaux.net, le Guillemot de Troïl est le plus grand des trois alcidés se reproduisant sur les côtes françaises. Il est présent en Bretagne, lieu géographiquement proche de l’action du Livre des étoiles.

Les graphèmes :

D’où viennent ces symboles étranges, nimbés d’ésotérisme, qui permettent à Guillemot de pratiquer la magie des étoiles?

D’après le Petit Larousse Illustré, le graphème est un nom masculin qui se rapporte au domaine de la linguistique. Il désigne une « unité graphique minimale entrant dans la composition d’un système d’écriture ».

Dans le livre d’Erik L’Homme, ces signes portent des noms tels que Pertho, Uruz, Fehu, Thursaz, etc. De fait, ce sont des noms de runes. Ces symboles mystérieux sont particulièrement fameux pour leur usage dans la divination.

Mais en dehors des histoires de diseuses de bonne aventure, ils constituent un alphabet qui a été usité chez les peuples de langue germaniques. Les anglo-saxons et les scandinaves les utilisaient pour écrire (respectivement le vieil anglais et le vieux norrois). Les langues germaniques, au même titre que les langues latines ont des racines indo-européennes. L’appellation « rune » possède les mêmes origines. Etymologiquement, elle signifie « mystère » et « secret ». Elles ont été particulièrement présentes à la fin de l’antiquité et au début du Moyen Âge. Les transcriptions phonétiques des runes sont variables. Selon les versions on trouve donc des noms différents mais ceux qu’utilise Erik L’Homme semblent être les plus communs.

En réalité, il a pris pour base le Futhark. Cet alphabet de 24 lettres tient son nom des cinq premières: Féhu, Uruz, Thursaz, Ansuz, Raidhu et Kenaz.

(http://www.crystalinks.com/futhark.html)

Les runes sont aussi un élément de la mythologie nordique qui touchait les pays d’Europe du Nord tels que l’Islande. Selon cette mythologie, cet alphabet a été révélé aux hommes par Odin, le dieu des guerriers, qui avait obtenu ce savoir après avoir passé neuf jours suspendu à l’Yggdrasil, l’arbre-monde.

Sans se dissimuler, l’auteur fait aussi une référence explicite aux Oghams, une autre vieille écriture, mais irlandaise.

La légende d’Ys

L’action du roman prend place sur Ys. Erik L’Homme décrit ainsi la situation du territoire : « Le pays d’Ys comme Guillemot l’avait appris en cours d’Histoire et de géographie, avait été, huit siècles plus tôt, un petit morceau des côtes françaises qui s’était détaché au cours d’une effroyable tempête. Ys avait alors dérivé vers le large, puis des vents contraires l’avait ramené vers les terres, où il avait repris sa place. Mais une place particulière : car le pays transformé en île ne figurait pas sur les cartes, et les habitants de l’île de France ignoraient son existence. Ys s’était ancré quelque part entre le monde Certain, auquel il appartenait avant, et le monde Incertain, étrange et fantastique. »

Ces deux mondes n’existent pas dans la légende initiale. Mais pour le reste, l’Ys légendaire, et l’Ys littéraire d’Erik L’Homme affichent d’évidents points communs.

Le roi de Cornouailles (en Angleterre), Gradlon, du quatrième siècle après Jésus Christ, aurait conçu une fille, Dahut, avec Malgven, reine du Nord, qui se présente à lui pour lui suggérer de tuer son mari, le roi du Nord, plus vieux et moins hardi au combat. Et ainsi firent ensemble, les deux nouveaux amants.

Ils enfourchent Morvac’h, un cheval capable de galoper sur les flots et dont les naseaux crachaient du feu, pour regagner la Cornouaille. Ils rejoignent la flotte de Gradlon mais l’élan de leur monture écarte l’embarcation sur laquelle ils descendent, des autres navires. Le couple navigue longtemps sur la mer, et Malgven donne naissance à une fille : Dahut. La mère ne survit pas à l’accouchement, ou bien, elle quitte la bateau pour un autre lieu. La légende connaît plusieurs variantes sur ce point. Toujours est-il que Gradlon regagne son pays seul avec sa fille.

Ils s’installent dans une cité marine près de la baie de Douarnenez , dans le Finistère, en Bretagne : Ys. En dessous du niveau de la mer, la cité est protégée par des grilles qui empêche l’eau de rentrer. Seul Gradlon à la clef. Dahut se livre en ces lieux à ses plaisirs, mais le matin, elle met ses amants à mort. Une nuit, un étrange chevalier vêtu de rouge l’invite à s’emparer de la clef, détenue par son père. L’individu est assimilé à Satan et les évènements qui suivent à la punition divine. Dahut s’empare de la clef et ouvre les grilles alors que la tempête rugit à l’extérieur. La ville est submergée par une vague immense. Dahut et son père s’enfuient sur Morvac’h. Saint Guenolé apparaît au roi et lui demande de se débarrasser du démon qui chevauche avec lui. Il livre sa fille à la mère. D’autres versions parlent d’un sacrifice de Dahut elle même. Il se réfugie à Quimper, où une statue à son effigie est aujourd’hui érigée.

Evariste-Vital Luminais : La fuite de Gradlon

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