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Sky Crawlers : Voler nous fera toujours rêver

Beauté de l’aviation et enfants-soldats sans destin

Les lunettes d’aviateur, le style des pionniers sur les épaules avec leurs blousons évocateurs, les héros de Sky Crawlers portent sur leurs frimousses tout ce qu’il fallait pour me donner envie de visionner le film. Ni une ni deux, je n’ai donc pas hésité pour emprunter le DVD à la médiathèque.

Un regard sur le nom du réalisateur, Mamoru Oshii. Pas pour me déplaire. J’ai aimé Ghost in The shell Innocence, même si je dois avouer que je n’ai pas tout compris. Trop de citations, peut-être le fait que je ne connaissais qu’à peine l’histoire originelle? En tout cas, son scénarios et ses dialogues énigmatiques m’ont perdue. Mais graphiquement, il m’avait subjuguée.

Je mets la bande annonce japonaise sous-titrée anglaise car la version française est immonde et ne rend pas du tout hommage au film. Vous voyez les bandes annonces style :  » Ils arrivent…. C’est une guerre d’un NOUVEAU genre… Tintintintin! » ben voilà, c’est à peu près ça la bande annonce française. En plus, y a pas la musique du film. Inimaginable !

Bref, je partais sur Sky Crawlers avec un bon à priori (le style « pionniers de l’aviation » a un charme intrinsèque inaliénable) et le pressentiment que le fond du scénario me resterait vaguement obscur.

Bingo! J’ai admiré les graffs sensationnels et la qualité de l’animation. C’est fluide, c’est beau, rien à redire! Au niveau de l’histoire, j’ai aimé le principe aussi.

C’est la paix sur Terre. Voilà longtemps que les guerres se sont achevées. Résultat, la population s’ennuie. Des sociétés privées et militaires ont donc trouvé dans cette lassitude, un biais pour s’enrichir. Elles se mènent des guerres les unes contre les autres. La population civile n’est alors pas mise en danger et peut observer, confortablement installée dans son canapé, les soldats payés par ces sociétés pour s’entretuer.

Des enfants à jamais

Ces jeunes à peine sortis de l’enfance, formés à l’aviation, sont de vrais machines de guerre qui tuent et meurent comme si c’était un jeu, sans en souffrir. Malgré ça, ils ont une part d’humain, visible dans leurs relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres. Non pas qu’ils fassent preuve d’une bonté d’âme sans pareille, mais ils sont normaux. Ils se trouvent des compagnons, respectent des notions de hiérarchie, de distance avec ceux qui ne sont pas des amis et d’entraide avec les autres. Ils sont certes froids, montrent peu de joie, mais ils sont humains. Ils s’interrogent sur leur existence, souffrent de leurs dilemmes internes, s’aiment peut-être et baisent parfois. Seulement, la vie et la mort ne leur importe pas.

Une guerre absurde

Alors ils tuent sans sourciller, sans se poser de questions : naturellement. Et ils ne grandissent pas. Enfants éternels qui ne peuvent pas devenir adultes. J’adore cette idée. Pour participer à un jeu si cruel, il ne faut pas être adulte. Il leur manquent encore la conscience du bien et du mal. Ils sont conscients de leurs propres souffrances (même s’ils font un peu apathiques) mais manquent complètement d’empathie (quoique le héros et l’héroïne, celle qui dirige l’unité, semblent vaguement évoluer vers une forme de conscience de l’autre). Logique donc. Seuls des enfants peuvent accepter de se livrer sans remettre le système en cause, de s’entretuer pour rien (je rappelle qu’il s’agit d’entreprises se livrant des guerres pour divertir la population). Seuls des enfants… Vraiment? Pourtant dans notre monde, les guerres que l’on mène, jouant avec la vie des soldats qui s’entretuent pour le compte de leur employeur, sont-elles moins absurdes? En place d’une entreprise, c’est un pays qui est l’employeur mais pourquoi? De l’or, de l’argent, du pétrole, du pouvoir, des votes? Ce n’est pas moins absurde et pourtant même des adultes comme nous, nous nous y livrons et nous laissons faire.

Ce n’est pas directement abordé dans le film mais je trouve que ces réflexions s’imposent d’elles-mêmes quand on songe que garder les soldats dans l’enfance explique qu’ils soient capables de se livrer à cette guerre incroyable sans finalité. Ben non, au final, pas besoin d’être un gosse pour se laisser entraîner dans une dystopie pareille.

Pas tout compris

L’idée de base du film j’ai donc adoré. Des personnages sans avenir enfermés dans la répétition d’une vie qui recommence dès qu’elle s’arrête, qui n’en finit jamais. Si bien que passé, souvenir, présent, mort et futur n’ont aucun sens pour eux. Un des personnages est révélateur de ça avec son journal. Bref l’ambiance, les images, c’est pareil, je n’en tarirai pas d’éloges. Mais je reproche toujours la même chose à Mamoru Oshii. Comme pour Ghost in the shell : j’ai pas tout compris et ça m’agace. Il manque du contexte. Si bien que même la lecture du synopsis est indispensable pour comprendre un peu le film. Comment en est-on arrivé là? D’où viennent ces enfants? Comment sont organisées ces sociétés militaires? Comment ont-elles réussi l’exploit d’asservir et de garder dans l’enfance ces ados-soldats? Soit je manque de concentration et j’ai loupé les infos distillées dans le film (en vrai je manque un peu de concentration et je suis vite distraite donc c’est possible) soit il manque pas mal de renseignements.

Autrement, c’est un film à voir. Ne serait-ce que parce que les avions et les aviateurs : c’est trop la classe ! 😀 A noter qu’apparemment, le film est inspiré d’un livre, à paraitre en France. gniii j’attends de voir ça 🙂 Lire la suite

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